Star Wars Skeleton Crew : Analyse de l’épisode 7

Je vous propose une analyse un peu poussée de l’épisode 7 (S01E07) de Skeleton Crew, la série Star Wars dont le moins que je puisse dire c’est qu’elle a joué avec mes nerfs depuis le début de sa diffusion sur Disney+.

Skeleton Crew – Episode 7 : On va avoir de gros ennuis

La série reprend, comme l’épisode 3, avec un focus sur les parents qui tentent d’envoyer un message par delà la barrière pour sauver leurs enfants perdus dans l’espace. Loin de se morfondre, on l’a vu, ils sont prêts à défier l’autorité du Superviseur et les règles de ce monde très policé.  Le fait qu’ils tentent d’assembler du matériel de transmission en pleine nuit dans les bois rappellent immanquablement le début des aventures de leur progéniture. Alors que la mère de Neel allait dire « j’ai comme un mauvais pressentiment » (I have a bad feeling about this), une phrase clichée dans Star Wars, les droïdes de sécurité les surprennent et leur demande de s’éloigner de leur appareil de communication illégal sous peine d’étourdissement (ce sont des Safety Droids après tout). Les parents prennent la poudre d’escampette, poursuivis par les droïdes qui répètent leur message en insistant sur le fait que les mesures prises (des décharges de laser paralysant) le sont pour leur « propre sécurité » (ici encore, le mot anglais utilisé est safety qui correspond à la protection et la prévention du risque et non à la différence de security). Les parents sont étourdis les uns après les autres, il ne reste plus que la mère de Fern que les droïdes appellent par son titre et son nom (Under Secretary Fara) pour bien signifier que l’infraction et ses auteurs sont identifiés. Elle parvient tout de même à faire décoller ce drone de communication qui part tout droit vers la Barrière dans le ciel nocturne d’At Attin.

A bord de l’Onyx Cinder, nouvelle version, Fern et Neel jouent ensemble à la balle, reflétant la recomposition des duos au cours de l’épisode précédent. Enfin presque car pour l’autre duo, on note une certaine différence : l’enthousiaste Wim est désormais bien sombre alors que KB se félicite d’arriver prochainement sur leur planète grâce aux coordonnées qu’elle a récupérées dans l’épisode 5. L’anticipation du retour à la vie d’avant le chagrine. On voit comment s’est construit ce personnage au fil des épisodes : avide d’aventures, prompt à voir le merveilleux dans leurs pérégrination, inquiet face aux défis et aux dangers auxquels il s’est exposé et maintenant triste que cela prenne fin. Un cycle assez classique que les autres enfants viennent compléter en le rassurant sur l’issue favorable de cette expédition.

Les pirates les ont cependant devancés à At Attin. Brutus est rebuté par le maelstrom toxique (la Barrière) qui entoure la planète. Il trouve qu’elle n’a pas l’air d’une « planète au trésor » (Treasure Planet), un équivalent de l’Île au trésor de Stevenson dans l’espace et qui fut aussi le titre d’un long métrage animé Disney en 2002. Jugeant impossible de traverser la barrière, il ne voit qu’une solution le supplice de la planche spatiale (la mort par asphyxie en étant balancé par le sas dans le vide spatial, rappelez-vous) qu’il avait promis à Jod. Comme dans tout bon film de pirates l’équipage se réjouit de la perspective d’un tel divertissement. Jod Na Nawood décide de renverser la situation : il s’agirait d’un camouflage qui expliquerait le fait qu’At-Attin soit restée cachée si longtemps. Il en est convaincu, Tak Rennod est venu sur cette planète et a traversé la tempête. L’île perdue dissimulée dans le brouillard est un thème récurrent des romans et des films d’aventure que j’ai abordé assez longuement dans cet article. L’exemple qui me vient à l’esprit est celui des films King Kong, dont Skull Island.

Brutus décide donc d’envoyer un chasseur en éclaireur, le chasseur, dont le capitaine suit la progression disparaît cependant dans la tempête.

L’humour attaché au personnage de Jod fait encore une fois mouche (chez le spectateur, pas chez Brutus) quand il dit, dès l’interruption de la liaison qu’il faudrait peut-être en envoyer un autre…

Jod se retrouve donc dans le sas, quand, encore une fois, Daelt, lui sauve la peau. C’est elle qui avait rappelé la règle du code pendant le procès de Jod, c’est ensuite elle qui avait confirmé les coordonnées à l’arrivée à At-Attin. Cette fois-ci, elle informe l’équipage qu’un vaisseau sort de l’hyperespace, l’Onyx Cinder. Quelques instants après elle prend même l’initiative de libérer Jod du sas.

Jod convainc Brutus de ne pas détruire le vaisseau car il serait la clé pour traverser la Barrière. Ils le capturent dans le hangar du vaisseau pirate et partent à l’abordage. Les enfants neutralisent Brutus avec le bras mécanique de chargement, mais Jod se libère de ses entraves (par la Force ?), ramasse une arme, abat Brutus et reprend la direction de l’équipage pirate rassemblé devant l’Onyx Cinder. Il s’agit du premier véritable contenu adulte de la série qui à mon sens révèle deux choses : la résilience de Jod et le fait qu’on approche de la fin de l’histoire. De nouveau capitaine, Jod/Silvo donne les ordres pour prendre les enfants en otage et préparer la prise d’At Attin avec la frégate.

aurebesh
Le texte en aurebesh donne INITIATE DF et INCOMING ENCRYPTION.

C’est le moment où la balise de communication des parents entre en action (notez que la VO préfère un vocabulaire maritime avec le mot buoy qui signifie bouée plus que balise). Le message apparaît sur la console de communication de l’Onyx Cinder et SM-33 explique qu’il s’agit d’une transmission que les enfants ont reçue. Cette précision du droïde complique la compréhension de la manœuvre. Le message semble avoir été envoyé depuis la balise pour était  J’ai du mal à comprendre comment cela fonctionne. Si les parents l’ont envoyé comme une bouteille à la mer, comment 33 peut-il savoir que le message est destiné aux enfants ? Les parents n’auraient pas pu adresser leur message à ce vaisseau particulier puisqu’ils ignoraient tout de l’Onyx Cinder. Le message est censé être un tuto pour rentrer sur At Attin, sans leur donner les coordonnées tenues secrètes. Les enfants doivent trouver un « émissaire » de la République, un fonctionnaire qui sait comment franchir la barrière. Le secret autour d’At Attin est intégré par les parents qui dans leur message rappelle qu’ils ne doivent pas révéler leur planète d’origine et qu’ils auraient été informés du secret à la fin de leur scolarité. Wim décide de passer à l’action et attaque les pirates pour reprendre le contrôle du vaisseau. En vain. Silvo qui porte à nouveau son casque à la Cobra Commander vu dans le prologue, ordonne qu’ils soient mis aux fers.

Le code pirate est encore une fois invoqué par SM-33 qui remarque que Silvo/Jod ne peut être capitaine à la fois de la frégate et de l’Onyx Cinder. Du coup, les enfants revendiquent le vaisseau et SM-33 éjecte Silvo et ses pirates avant de lancer le vaisseau vers At Attin.

Je remarque à cette occasion (mea culpa) que le pirate nikto, Vane, qu’on avait vu dans la saison 3 de The Mandalorian fait partie de l’équipage de Silvo. Voilà qui clarifie la chronologie et permet de placer Skeleton Crew après les événements qui se sont déroulés sur Nevarro.

L’Onyx Cinder poursuivi par des chasseurs s’engouffre dans la Barrière où flottent des sortes de générateurs qui produisent les éclairs et détruisent les intrus. L’Onyx Cinder est protégé contre ces systèmes de défense car Tak Rennod avait volé un vaisseau de la presse à monnaie dans cet objectif.

Débarrassés de leurs poursuivants, les enfants émergent de la Barrière  et découvrent At Attin. Le vaisseau passe en pilotage automatique quand, bon timing, Jod surgit dans le cockpit et décapite SM-33 avec le sabre laser trouvé précédemment.

Il intime aux Goonies de l’espace l’ordre de garder le silence et plutôt que de menacer les enfants directement, il décide de viser leurs parents qu’il connaît désormais de vue pour les avoir vus dans l’hologramme. Je trouve l’idée plus intéressante car on sait déjà qu’il ne peut rien arriver aux enfants dans ce programme.

Sur At-Attin, les parents semblent retenus dans une sorte de local administratif, quand le droïde de sécurité entre dans la salle, on découvre un bas-relief intéressant derrière lui. La figure représentée semble féminine, mais la voix qui retentit est masculine et se présente comme le Superviseur. Peut-être s’agit-il d’une de ses prédécesseurs. Avant d’en venir au message diffusé aux citoyens d’At Attin, je remarque que le père de Wim justifie leur action par le fait que les droïdes n’écoutent jamais. J’en déduis que ces derniers jouent un rôle plus important dans le contrôle de la population puisque les parents n’ont jamais pu parler de leur situation à une personne (alien ou humaine). Cela m’étonne car la mère de Fern semble pourtant occuper une position élevée dans la société locale. Le Superviseur en tout demande aux habitants non essentiels de rester confinés le temps que le vaisseau de la République puisse être chargé.

Quand Jod débarque, il est accueilli par des droïdes de sécurité qui lui expliquent que l’émissaire doit procéder immédiatement au chargement de la cargaison depuis la presse à monnaie. Les droïdes identifient les enfants comme les disparus, mais au lieu de prévenir les parents, ils suivent les consignes de Jod qui les renvoie à bord du vaisseau « pour leur sécurité » (imitant sans le savoir les éléments de langage des droïdes).

Le turbo-élévateur les conduits dans une énorme cavité où se trouve la presse. Les droïdes refusent de laisser Jod communiquer avec la frégate et renvoie la décision au Superviseur. Les coffres (au nom de 1139, curieux que les show runners n’aient pas voulu en annoncer 1138) contiennent des quantités considérables de dataries. Si l’on compare avec le chambre forte braquée sur Aldhani par Cassian Andor, c’est incroyable.

Pendant que Jod s’émerveille devant les richesses qui lui tendent les bras, les parents accèdent au puits de l’ascenseur et retrouvent leurs enfants. Jod arrive et, sentant les complications, active son sabre laser dans un ultime cliffhanger.

Cet épisode très sympa (merci les pirates) confirme la structure en dents de scie de la saison. Reste à espérer qu’on finisse sur un sommet et non sur un creux.

Réponse la semaine prochaine.

 

 

 

 

 

 

 

Blaster
A suivre

2 comments

Fansolo says:

Hello et encore merci et bravo pour cette belle analyse !
La balise de détresse des parents fait sérieusement penser -certes en miniature- au vaisseau de E.t l’extraterrestre qui, lui aussi, s’envole d’une forêt… réminiscence voulue ou non ?
Pour le nombre 1139, une fois cet espace visité dans l’épisode, il reste bien le nombre fétiche de Lucas… Il y a donc une volonté subtile de faire un clin d’œil discret…

Globalement un bon épisode même si du coup l’histoire de la carapace du vaisseau c’était un camouflage ? c’est mal explicité…

Merci Fansolo, j’ai bien conscience de la subtilité de la référence, mais c’est assez étonnant, tu l’avoueras. ^^
La coque extérieure était un blindage supplémentaire, c’est comme ça que SM-33 en parle quand il voit le nouvel Onyx Cinder au début de l’épisode.

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