Star Wars Skeleton Crew : Analyse de l’épisode 8

Clap de fin pour la série Star Wars Skeleton Crew cette semaine avec la diffusion sur Disney+ du dernier épisode de la saison.

Star Wars Skeleton Crew – Episode 8 : Les vrais gentils

On retrouve tout notre petit monde dans la salle des coffres d’At Attin. La mère de Fern, par sa position sociale attestée précédemment, prend le lead des parents dans l’échange avec Jod Na Nawood qui désactive son sabre laser et se lance dans un nouveau jeu de rôle. Le ton condescendant qu’il emploie marque son personnage d’émissaire de la République. Il en profite pour placer en résidence surveillée nos Goonies de l’espace et leur famille en raison des infractions commises par les enfants. Comme Fern semble un peu pressée de se retrouver chez elle et loin de Jod, le pirate décide qu’elle l’accompagnera voir le Superviseur. Une tâche à laquelle la mère de Fern se joint volontiers. Elle se place ainsi à la merci de Jod dont les menaces de l’épisode précédent semblent résonner dans la tête de l.’adolescente.

Le retour à la maison (même confinée) marque comme on pouvait s’y attendre des scènes de vie quotidienne dans Star Wars. Ces scènes sont précieuses car elles témoignent à la fois de la proximité et de la distance entre nos deux civilisations. Elles forment également un point de fixation intéressant pour les fans. Cela a commencé dès La Guerre des étoiles avec les scènes de repas (dont la préparation à base de brocoli) et le fameux lait bleu (blue milk). Andor a su distiller ces scènes essentielles pour une partie de la communauté Star Wars avec un talent consommé, notamment pour la vie d’une famille de classe moyenne sur Coruscant. Je ne sais pas si c’est l’influence des jeux de rôle ou la curiosité à propos de la vie des vraies gens il y a bien longtemps dans cette galaxie lointaine, très lointaine, mais chez moi cela marche assez bien.

Je trouve l’ambiance futuriste rétro années 70 une nouvelle fois bien maîtrisée et cohérente avec l’univers Star Wars dans son ensemble. Je me demande simplement si, vu qu’At Attin vit encore sous l’ancienne République, il n’aurait pas été plus logique de partir sur une esthétique plus années 50-60 comme pour certains vaisseaux de la Prélogie. La critique de la société américaine revient assez vite dans la série avec une petite pique sur les repas maisons réchauffés ou réhydratés sous cloche dans le style micro-ondes. L’évocation de la surveillance permanente devient plus prégnante avec la présence directe des droïdes de sécurité (safety, rappelez-vous) dans la cuisine.

La tension monte entre Wim et son père quand ils évoquent le retour à la vie normale et la place que l’enfant devra prendre dans le « Grand Oeuvre ». Alors que l’ado est sur le point de révéler que Jod n’est pas un Jedi, il s’arrête net se rappelant la présence du droïde. Il tente une approche plus subtile, mais le père est tellement conditionné par le Superviseur qu’il fait chou blanc.

Dans l’ascenseur de la Tour du Superviseur (un marqueur des planètes joyaux de la République, rappelez-vous), Fern, Kara et Jod attendent la rencontre avec , respectivement, anxiété, crainte ou détermination.

Le talkie utilisé par Wim pour contacte son pote Neel nous ramènent directement sur Terre dans les années 80, dans l’Indiana pour être précis, à Hawkins pour être encore plus précis. Bref c’est un peu du déjà vu et dans une société aussi évoluée cela fait un peu trop clin d’oeil. Je veux bien qu’At Attin soit figée dans le temps par son isolement, mais quand même, les mecs ont des vaisseaux spatiaux, des droïdes… Bref, Neel a les pétoches de se faire gauler par les droïdes, et justement l’un d’eux débarque pour vérifier avec qui communique Wim qui fait semblant de jouer avec des figurines (très 5 POA pour le coup, Kenner fournissait probablement At Attin).

Jod a donc donné des consignes strictes et précises de surveillance. L’émissaire de la République dispose de larges pouvoirs sur cette planète. Ce que je comprends moins c’est comment le droïde se laisse berner par Wim. Je pensais qu’il avait détecté la communication (ses ondes ou un truc dans le genre), mais non, c’est juste les voix qui l’ont alerté.

La Cité d’émeraude d’At Attin

A la vue de ce plan, j’ai un eu une épiphanie (c’est de saison me direz-vous) : « punaise, c’est le Magicien d’Oz ! ». J’ai depuis le début eu été intrigué par cette figure révérée et mystérieuse qui semble contrôler la société d’At Attin avec une armée de droïdes faussement bienveillants.

La sortie de l’ascenseur nous ramène en revanche en plein Star Wars, quelque part entre ROTS et ROTS, j’ai presque eu l’impression qu’on allait découvrir Palpatine sur un trône. Mais non, c’est bien une intelligence artificielle qui « supervise » At Attin. Kara l’a déjà rencontré, en tout cas tous les adultes savent que le Superviseur est un droïde. C’est d’ailleurs stipulé dans le Grand Oeuvre. Alors que Jod tente d’embobiner le Superviseur, Fern alerte Kara qui commence à poser des questions à Jod. Ce dernier lui rappelle son devoir d’obéissance. Une réaction dont se félicite le Superviseur qui compte justement sur cette disposition d’esprit, mais un détail l’intrigue. En effet, le dernier message de la République mentionnait l’extinction des Jedi qu’il qualifiait de traîtres.

Cela me conduit à formuler une propre question : si la République, déjà dirigée par Palpatine, était en relation avec At Attin, pourquoi l’Empereur n’a-t-il pas repris les échanges avec la planète et profité de sa presse à monnaie ? Prévoyait-il un usage ultérieur de ces ressources dans le cadre de son plan Contingence ? Voulait-il réduire la masse monétaire en circulation pour contrôle l’inflation ?

Jod est dans la panade pour la première fois depuis son arrivée sur la planète. Fern le balance comme pirate et les droïdes reçoivent l’ordre de l’arrêter. Les rayons paralysants sont dispersés à coup de sabre par Jod (le style manque de finesse, probablement un manque de pratique), mais conscient d’être encerclé et menacé par de vrais tirs de laser, Jod décide de détruire le Superviseur.

Il enfonce son sabre dans l’oeil du droïde d’une façon qui rappelle celle dont Qui-Gon Jinn tenta de forcer la porte de la timonerie du croiseur de la Fédération du commerce au début de La Menace fantôme. L’effet est immédiat, sans IA pour les contrôles les droïdes sont désactivés. Cette scène rappelle également l’Episode I avec la destruction du croiseur de contrôle qui rend inopérante l’armée droïde de la Fédération.

Visiblement, le Superviseur contrôlait directement toutes les fonctions automatisées de la planète (éclairage, transports, énergie…). Toutefois si toute la planète se retrouve plongée dans le noir, la tour du Superviseur conserve une forme d’alimentation électrique puisque Jod bidouille des consoles à la recherche d’une solution pour faire passer sa frégate à travers la barrière. Il trouve un beau bouton magique « coupure de la barrière ». Pour éviter d’en arriver à cette extrémité qui mettrait en péril leur société, Kara propose à Jod d’ouvrir un accès spécial à son vaisseau. Fern ne croit pas que Jod repartira avec ses crédits si on le laisse passer ce qui a le don d’énerver notre pirate qui menace la mère et la fille. Il obtient d’elles l’ouverture d’un canal de communication et d’un chenal pour la frégate. La mission des pirates est claire : l’invasion d’At Attin !

Une fois les droïdes désactivés, Wim peut dire la vérité à son père sur Jod. L’arrivée de la frégate pirate ne passe pas inaperçue, tout le quartier pavillonnaire sort pour observer le survol à basse altitude du vaisseau dont les canons sont pointés vers le sol.

Entre le décor des maisons banlieusardes US et les lumières de la frégate passant à basse altitude, on a de nouveau cette sensation de déjà-vu. Fansolo faisait remarquer dans un commentaire la semaine dernière que la balise ressemblait au vaisseau d’ET, là j’ai une vague impression de Rencontre du 3ème type ou de Cocoon.

Tiens ça fait plaisir de retrouver le bubo du premier épisode de la saison, sans CGI pourris. Bizarre le Frog-Dog de Jabba n’avait que deux pattes antérieures. Il s’agit probablement de deux espèces différentes, la quadrupède ne serait probablement pas intelligente (sentient) ce qui serait rassurant du point de vue éthique. Ouf.

Quand je parlais vie quotidienne, je trouve énorme que Neel prennne un bain avec de la mousse ! Je remarque que le père de Neel n’apparaît plus depuis quelque temps. Alors même que Neel le mentionne dans cette scène, on ne voit que la mère et ses frères et soeurs… Tiens, on avait oublié KB, on la retrouve pour une super image de la frégate dans le ciel d’At Attin.

Les pirates ouvrent le feu sur la ville dans une pure démonstration de force : shock and awe.

Les speeders ne fonctionnent plus car ils dépendent sur At Attin du réseau électrique. Cela me rappelle plus les véhicules autonomes sur rail de la SF qui les apparentent presque à des tramways individuels. Wim, Neel et KB enfourchent leur hoverbikes qui eux sont autonomes pour aller sauve Fern. Vous avez remarqué le bruit de sonnette de vélo quand Neel arrive ?

Leur plan est simple, reprendre l’Onyx Cinder et la barrière pour appeler à l’aide Kh’ymm pour qu’elle prévienne les X-Wings. Ils partent donc en hoverbike avec le père de Wim en remorque pendant que les pirates débarquent avec des chaloupes assez cool. Le fait qu’ils utilisent des speeders sans toit me rappelle un peu les scènes des comics Tales of the Jedi avec les invasions des troupes de Mandalore. Je ne pensais pas leur équipage si nombreux. Il faut bien ça pour capturer la population dont les pirates ont bien compris qu’ils étaient essentiels à la production de crédits. Là, j’ai un léger doute sur la nécessité de produire plus de crédits que ceux qui sont déjà stockés dans les 1 139 coffres de la Presse. Les pirates auraient bien assez d’or avec le stock. D’ailleurs d’un point de vue simplement économique, cette opération s’annonce désastreuse. En effet dès qu’ils auront mis sur le marché ne serait-ce qu’une fraction de ce stock, le cours des dataries républicaines va s’effondrer et ne vaudra plus rien. Je vous proposerai prochainement un article sur la monnaie dans Star Wars, c’est un sujet intéressant.

Vane donne la chasse aux Goonies à travers ce quartier résidentiel si terrien, mais il les perd dans les bois. Je donne un point bonus au père pour s’être inquiété de son poids quand s’agit de franchir le ravin sur un hoverbike. Point que je retire immédiatement vu qu’il n’a pas pu entendre la remarque de Neel par talkie les alertant sur le-dit ravin.

Arrivés en ville, Neel perd son vélo dans un tir de canon et reste en arrière pour aider ses amis. Leurs jeux d’enfant (et l’expédition à travers la galaxie) semblent l’avoir préparé à cette aventure car il se fend d’une roulade tactique très cool pour éviter le faisceau de lumière des projecteurs pirates. Ces derniers arrivent au vaisseau qui avait été chargé de crédits. Manque de bol les amarres du vaisseau sont bloquées faute de courant, il faut le rétablir depuis la tour du Superviseur. Pour couvrir, ses amis Neel utilise un turbolaser placé sur le toit du bâtiment de l’école. Un détail qu’il a découvert sur At Achrann, l’une des planètes jumelles d’At Attin (cf notre récap de l’épisode 4).

Dans la tour Fern et Kara élaborent un plan pour éliminer Jod. L’expérience de la galaxie qu’à l’ado permet l’inversion attendue des rôles : elle rassure et donne des consignes à sa mère pendant que Jod utilise l’équipement (qui bizarrement marche sans courant) du Superviseur pour communiquer avec les habitants d’At Attin.

Enfin, on voit de près le père de Neel. Je suis très très étonné par le look des Ortolans dans  cette série. Si Neel donne un peu le change du fait de son jeune âge, les parents diffèrent beaucoup de l’exemple de Max Rebo. La présence de défense sur un individu mâle est logique, mais comment s’explique leur absence chez Max ?

La poursuite et Wim et de son père par les pirates dans le canal me semble directement inspirée par le canal du fleuve Los Angeles qu’on a vu dans de nombreux films (Terminator 2, Chinatown, Last Action Hero, Transformers…).

Là le montage semble un peu fébrile, l’hoverbike poursuit sa route jusqu’à la tour, et alors que Jod enguirlande Vane pour ses tirs sur sa position, Wim sort déjà du turbolift avec un bon gros bluff pour embrouiller Jod. Afin de détourner l’attention de son père qui rétablit le courant et de KB qui décollera prévenir les X-Wings, Wim entend lui faire croire que les secours sont déjà en route et qu’il a pu passer le brouillage grâce au « cristal des fondateurs ». Jod n’est pas convaincu, et il annonce à Wim que tous les Jedi sont morts. Le courant rétabli, KB décolle (avec l’aide de SM-33 rafistolé) et Jod met tout le monde en joue. Fern avait bien tenté de détruire la barrière pour permettre l’arrivée des X-Wings sur At-Attin, mais elle n’en a pas le temps.

La frégate essaie de descendre l’Onyx Cinder, mais le turbolaser opéré par Neel occasionne de sérieux dégâts à la frégate. Il a tout juste le temps de s’extraire avant que la pièce d’artillerie ne soit détruite par les pirates. KB prévient Kh’ymm qui va prévenir la flotte de la Nouvelle république, mais les pirates (dont j’ai du mal à comprendre comment ils ont repassé de manière aussi fluide la Barrière) abattent l’Onyx Cinder qui semblent s’écraser (sans explosion, indice subtile !) malgré la tentative de KB de réparer les avaries.

La seule solution désormais reste à détruire la barrière Jod utilise ses pouvoirs et engage Win dans un échange intéressant  (enfin !) sur sa propre histoire. Enfant miséreux trouvé par une Jedi après l’Ordre 66, il a certes bénéficié d’une formation rudimentaire, mais a surtout dû assister à son exécution. Le trauma sert de fondement à sa personnalité. Je remarque toutefois qu’à chaque fois qu’il été tenté de céder à la colère, Jod s’est repris, signe que cette partie de l’enseignement Jedi lui a été transmise. Il dévoile ses objectifs et son appât du gain, mais les deux duos parent/enfant arrivent à le déborder pour abaisser le levier de la barrière. La scène est très sympa avec des effets de la Force plutôt bien chorégraphiés et crédibles pour un non Jedi. Face à la détermination des enfants, Jod baisse son arme.

Progressivement, la planète perd son halo vert, signe que la Barrière n’est plus et les chasseurs de la République peuvent passer : un escadron complet de X-Wings appuyé par deux B-Wings. Je crois bien que c’est seulement la deuxième fois qu’on le voit dans un film ou une série live.

Les pirates comprennent qu’il faut rejoindre la frégate.

On a droit à une démonstration de force des B-Wings qui utilisent pour la première fois (depuis le prototype B6 de Star Wars Rebels) un tir composite concentrant les quatre canons du chasseur bombardier. Cet armement était supposé n’avoir pas été conservé sur la chasseur produit en série en raison de son impact sur l’hyperpropulseur, mais il semble qu’en 10 ABY la technologie ait été maîtrisée. Bref, la frégate est détruite. Son atterrissage forcé rappelle celui du croiseur séparatiste en ouverture de La Revanche des Sith.

Jod assiste seul du haut de la tour au crash de ses ambitions, les enfants partent à la recherche de KB. L’Onyx Cinder s’est vaguement posé et déverse sa cargaison de crédits (et le corps inanimé de KB) comme une machine à sous. KB revient vite à elle et tous célèbrent leur victoire alors qu’une corvette corellienne CR90 de la République survole la ville où l’électricité est rétablie.

C’est donc sur cette note d’ouverture que se conclut la série. Elle aura connu des hauts et des bas indépendamment de ce qu’on peut penser de son propos centré sur le voyage initiatique d’une bande de pré-ados. Je ne suis pas sûr de vouloir une saison 2. Une simple évocation de l’avenir d’At Attin dans l’un des nombreux comics Star Wars me suffirait amplement.

Retrouvez l’ensemble des articles sur la série Skeleton Crew en cliquant ici.

Les analyses des huit épisodes sont dispo via ces liens :

Episode 1 :

Episode 2 :

Episode 3 :

Episode 4 : Je

Episode 5 :

Episode 6 :

Episode 7 :

Episode 8 : De vrais gentils

3 comments

Fansolo says:

Hello blaster et un super merci vraiment pour tous ces posts au long de cette série en effet inégale.
Perso cet épisode m’a semblé riche; bien adapté pour finir la saison ! J’avoue que j’aimerais bien revoir Jod, personnage interessant de « Jedi raté » cher aux jeux de rôles de la fin des années 1980…
Pas vraiment du côté obscur mais suffisamment pirate et contrebandier pour aller dans une direction qui s’éloigne du manichéisme originel.
Les dernières scènes le concernant dans cet ultime épisode sont d’ailleurs décevantes : on ne le voit ni s’enfuir ni dans une situation périlleuse façon « cliffhanger » ce qui est un peu dommage…
Pour l’ordinateur superviseur, difficile de ne pas sentir la double ref 2001 + Wall-e (qui faisait déjà référence à 2001 d’ailleurs !)
Je ne sais pas qui double la voix de cette sorte de « chirca » mais j’avoue qu’à sa destruction, je m’attendais à ce qu’il chante « au clair de la lune » !
Pour finir je m’interroge et suis perplexe sur le « message » que Disney veut sans doute plus ou moins distiller sur cette série : métaphore sur l’impossible (ou du mois difficile) isolationnisme américain : selon l’adage « pour vivre heureux vivons caché » ok passe à côté de l’aventure, des rencontres des autres… thème effleuré sympathique (à la sauce Disney !)

Sith says:

Le gosse qui allume le sabre laser à 29:02 est d’ un total ridicule. Merci Disney de flinguer cet instant mythique à chacune de vos interventions dans l univers SW. Ma scène des B wing est top mais trop courte….et pas de tenue de B-wing pilot spécifique….Bref, bien content de ne pas avoir perdu du temps à regarder cette médiocrité.mon abonnement prend fin en Mars, tant mieux.

ExarKun02 says:

L’avantage de rien en attendre permet de prendre le positif et pas trop s’en faire sur le négatif.
Jude Law a l’air de bien s’amuser c’est plutôt très joli et solide techniquement, ça faisait du bien un petit coup de frais.

Et le plus gros avantage c’est que personne râlait sur les réseaux sociaux à chaque sortie d’épisode 🙂

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