Après deux épisodes pour se mettre dans le bain et mettre en relation nos Goonies de l’espace avec leur mystérieux bienfaiteur sensible à la Force, Skeleton Crew revient cette semaine pour un troisième épisode dont le titre, Un passionnant problème d’astronavigation, tranche avec les pratiques habituelles en matière de production de séries TV. Il est cependant dans la droite ligne des deux premiers épisodes intitulés : C’est l’occasion de vitre une vraie aventure et Bien au-delà de la Barrière.
Notons également l’irrégularité du format de chaque épisode : le 1er durait 47 minutes, le 2ème 32 minutes et le troisième dure 40.
Retour sur Terre euh… sur At Attin visiblement avec un nouveau parti pris architectural intéressant pour du Star Wars et qui fait penser aux décors « naturels » d’Andor et tranche avec bonheur avec les fonds verts (ou les murs LED) habituels.

Les familles de nos aventuriers en herbe se retrouvent pour se soutenir mutuellement. On sait que le père de Wim élève seul son fils, on se doute que les parents de Neel ont dû se répartir les tâches et que le père a dû rester s’occuper des autres enfants ortolans, mais on remarque que seule la mère de Fern est présente (alors que la scène semble se dérouler dans son salon, richement meublé et décoré et qu’elle dit plus tard « notre fille ») et que les deux parents de KB sont des femmes. La banalité de la scène la rend plus proche de notre réalité de manière déconcertante. Moins déconcertante certes que la représentation d’un Ortolan adulte bien éloignée de l’image que l’on a de Max Rebo.

La mère de Fern semble avoir intériorisé que tous ces problèmes sont habituellement réglés par les droïdes de sécurité, d’ailleurs l’un arrive à ce moment-là pour annoncer que les enfants ont franchi (illégalement) la Barrière à bord d’un vaisseau spatial. Je voudrais prendre un instant pour évoquer ces droïdes sur lesquels se reposent la société sur At Attin. Leur nom « safety droids » évoque en anglais un sens non répressif de la sécurité, en lien avec la prévention des risques. Je me demande si cette société dédiée (dès l’école, cf. l’épisode 1) à l’accomplissement du Grand Oeuvre ne serait sous une forme d’emprise qui expliquerait (ou qui s’expliquerait par) son isolement (cf. les rumeurs évoquées dans l’épisode 2). Les parents comme le droïde font référence au « Superviseur ». On sait que la sous-secrétaire Fara (seule représentante du gouvernement dans l’épisode 1) faisait partie du Bureau du Superviseur. Les parents pensent que cette autorité peut demander de l’aide à la République. On retrouve ici l’ambiguïté du terme qui peut s’appliquer à deux périodes avant et après l’Empire galactique et qui fait écho au mystère qui entoure At Attin. Cette requête (comme celle conjointe de rencontrer le Superviseur) est rejetée au motif de l’illégalité du franchissement de la Barrière. L’argument intrigue car il implique que seule la République voudrait punir une telle transgression ou alors cela signifie que le fait de rendre public l’information de la disparition des enfants et de leur départ obligerait le gouvernement d’At Attin à sanctionner les parents ou les enfants (la menace est voilée dans le dialogue du droïde, cependant). Je ne peux m’empêcher de remarquer que la tête du droïde en question rappelle furieusement une caméra de surveillance et que la société policée d’At Attin pourrait bien être un Etat policier.

Quoiqu’il en soit, il est temps de regagner Port Borgo et ses geôles dont se sont extraits Wim, Neel, Fern et KB avec l’aide d’un mystérieux humain sensible à la Force et incarné par Jude Law (on sait qu’il s’appelle Jod Na Nawood grâce aux infos de production et aux jouets déjà dispo et on découvrira dans quelques instants que son personnage est le capitaine des pirates qui se sont mutinés pendant l’intro du premier épisode, Silvo). Jod est très confiant dans ses pouvoirs puisqu’il utilise la télékinésie sans hésitation pour les sortir de la cellule ou distraire les gardes. La facilité avec laquelle le personnage conduit leur évasion fait tiquer KB, mais ce dernier explique que n’ayant pas de vaisseau disponible avant leur arrivée, il ne lui aurait été inutile de sortir de sa cellule et qu’il a simplement attendu que la Force réponde à ses besoins. Cette réplique et la patience qu’elle suppose sont plutôt les signes d’un entraînement Jedi. Ce qui en 9-10 ABY (après la bataille de Yavin). Pourtant, cela colle mal avec sa personnalité charmeuse de pirate déchu… L’histoire du personnage sera probablement intéressante à suivre, je suis plutôt content que les show runners n’aient pas fait le choix de nous servir un Jack Sparrow de l’espace.
Fascinés par les Jedi Wim et Neel sont eux totalement sous le charme, les filles sont plus méfiantes.
Au rang des clins d’oeil intéressant : la présence d’un droïde d’interrogation IT-O et de Jawas. Depuis The Mandalorian, ont découvre des Jawas sur presque toutes les planètes décidément.

J’aime particulièrement l’ambiance de Borgo, cette sorte d’île de la Tortue de l’espace. Je ne suis pas revenu la semaine dernière sur les vaisseaux qui mouillent à ses quais et docks, mais on a aperçu quelques modèles plus ou moins connus dont une jolie canonnière corellienne inspirée par le premier design du Millenium Falcon. La petite bande traverse les docks via le nocher Teek aperçu dans l’épisode précédent et se retrouvent à bord du vaisseau (dont l’aspect général rebute notre pirate/Jedi).

A bord les gamins forcent Jod à partir récupérer « leur » droïde SM-33 sur Borgo alors qu’il préparait le vaisseau en vue de retrouver une connaissance experte en cartes spatiales et en planètes perdues. Ce qui m’étonne c’est que les enfants ne tiquent pas plus sur le mystère qui entoure leur propre planète et qui leur est rappelé régulièrement depuis deux épisodes.
Jod a l’air décidé à jouer le rôle du Jedi dans cette aventure. Est-ce par manipulation ou par conviction, on le saura bientôt, mais il semble peu à l’aise avec les conséquences de ce choix. Il retourne donc seul sur Borgo récupérer le droïdes alors que les pirates de Brutus ont découvert son évasion et le recherchent désormais. Il se faufile toutefois dans une sorte de débarras pour droïdes HS qu’il remet en marche les uns après les autres dans l’espoir de trouver le bon. Dans le lot, on observe un droïde de combat de type B1, un droïde de type CZ vu dans La Guerre des étoiles et Le Retour du Jedi, un droïde de protocole RA-7 (vu dans La Guerre des étoiles, Solo et dans Star Wars Rebels notamment).

Heureusement, SM-33 (et le rat qui vit dans son crâne) est là enchaîné au milieu de la pièce. Alors qu’il prépare le transport du droïde, il est surpris par un membre de l’équipage, Benjar Pranic, un Ishi Tib qui pense que Brutus l’a libéré. Il lui avoue s’évader pour faire un gros coup, ce que le pirate relie tout de suite à l’arrivée des enfants avec leurs dataries (le nom que donne Watto aux crédits républicains dans La Menace fantôme). Désormais au courant de l’évasion de son ancien capitaine, il préfère en référer aux gardes.

Pendant ce temps, les enfants débattent de la nature de leur bienfaiteur et de ses pouvoirs. On sait depuis la série Obi-Wan Kenobi que des escrocs utilisent différents artifices pour faire croire qu’ils sont des Jedi. Derrière eux, à travers la verrière du cockpit le téléspectateur observe un curieux ballet de bacs strié de tirs de laser. La scène passe donc sur cette action avec Jod aux commandes d’un de ces petits appareils fragiles poursuivi par des pirates. La scène me fait penser au premier film Les Gardiens de la Galaxie sur Knowhere.

Miraculeusement (et sans trop de détails montrés à l’écran, on se croirait dans un sitcom de ce point de vue), Jod parvient à monter à bord avec SM-33 et leur vaisseau s’élance. Enfin, il tente de s’élancer car il est retenu au quai par un tuyau. La scène emprunte le dialogue de Yan Solo dans L’Empire contre-attaque (« Watch this« ). Le temps de ce sortir de ce guêpier, Brutus fait armer le canon. Jod passe donc directement en hyperespace et le tuyau se détend comme un élastique provoquant de lourds dégâts sur Borgo. Alors que Brutus met la tête de Jod à prix, on aperçoit au second plan un croiseur corsaire Cumulus ressemblant beaucoup à celui des pirates qui ont attaqué Nevarro dans la saison 3 de The Mandalorian.

A bord, alors qu’un SM-33, méfiant vis-à-vis de Jod, est remis en marche, les enfants se nourrissent d’une sorte de pâte verte (genre Soleil vert ou un truc proche de ce que mange Rey sur Jakku : du pain polystarch) pendant que le pirate évadé explore le vaisseau, l’Onyx Cinder. Le trésor d’At Attin commence à les intriguer (enfin) et Neel établit un lien avec le Grand Oeuvre.

Tout se petit monde ou presque dort sur le chemin de la lune où réside l’amie de Jod. On retrouve dans cette courte scène un thème que j’ai déjà évoqué qui est celui du temps que prend un voyage dans l’espace. Jod indique qu’il faut se reposer car il atteindront leur objectif dans quelques heures ce qui semble cohérent avec la durée attendue d’un voyage en hyperespace.
L’arrivée sur la lune en question donne lieu à une scène inédite où se conjugue une musique qu’on croirait sortie de Mars Attacks et paysage lunaire très proche de l’aspect de notre propre satellite. Il est rare dans Star Wars de voir des lunes présentant ces caractéristiques. On est plus souvent sur des petites planètes habitables (lune forestière d’Endor, quatrième lune de Yavin…).

Comme dans toutes les séries Star Wars (je me répète assez sur ce sujet), les héros atterrissent loin de leur destination finale. Les enfants s’en étonnent et Jod met en avant le besoin d’exercice pour justifier leur balade lunaire (moon walk ?).

Par delà la valeur méta de l’échange, cela nous permet un beau plan de silhouettes avec la planète en fond. Encore une fois, Jod prend des accents de Yan Solo qu’il cite presque textuellement , traçant inconsciemment chez le téléspectateur un parallèle entre son amie et Lando Calrissian. Dès le plan suivant, on découvre, Kh’ymm, un personnage féminin d’une espèce aviaire (on n’en voit que les mains semblables à des serres dans un premier temps), monitorant l’arrivée de la bande via des caméras et prévenant les autorités de l’arrivée du pirate avec un groupe d’enfants probablement kidnappés. Quand Jod frappe à la porte, plusieurs droïdes portiers TL-8L surgissent (comme au Palais de Jabba ou chez le Client sur Nevarro), mais au lieu de parler huttese, on entend la voix de Kh’ymm qui l’utilise comme un visiophone.

Kh’ymm appelle notre pirate charmeur Crimson Jack. C’est donc la troisième identité en un épisode pour ce personnage mystérieux. Kh’ymm a l’aspect d’une chouette (mélangé avec un mammifère de type chat), elle collectionne des artefacts et se pique d’astronomie (d’ailleurs elle vit dans un observatoire).

Apprenant que les enfants arrivent d’At Attin, elle explique que leur planète a été cachée à dessein (un peu comme Kamino par Dooku) pour protéger ses trésors et éviter le sort qu’ont connu les mondes équivalents désormais détruits. Son souvenir ne demeure que dans les contes et les chansons de pirates. Sans carte pour trouver le chemin vers At Attin, ils comptent cependant sur les talents d’astronome de Kh’ymm pour percer le mystère.
Interrogés sur leur planète, les enfants répondent qu’elle est parfaitement banale et qu’ils ne lui connaissent pas de voisine. Ils citent cependant d’autres mondes appris à l’école comme Coruscant et Alderaan. Leur ignorance de la guerre civile galactique plaide en faveur d’un isolement ancien datant d’avant l’avènement de l’Empire (d’où la monnaie). L’existence de la Barrière est cependant un indice pour Kh’ymm. Il ne leur reste plus à trouvcer At Attin parmi 10 000 mondes (sur 100 millions dans la galaxie si l’on se fit au calcul de KB, toutefois le canon Star Wars parle de 3,2 milliards de planètes habitables). L’indice suivant est trouvé par Kh’ymm sur le sac à dos de Fern qui arbore un écusson inspiré par des chiffres palmariens.

L’écusson (dont l’inscription en aurebesh signifie PREFECT, une distinction pour bons élèves potentiellement en charge de la discipline un peu comme un Hall Monitor aux US) figure bien sur l’accessoire de la figurine Black Series de Fern dont la review est disponible en cliquant ici.

Se doutant que Kh’ymm gagne du temps Jod découvre que des X-Wings sont en approche et dans la bagarre contre son « amie » récupère une carte perforée (très vintage) contenant les coordonnées.

Le décollage en urgence est aussi une sorte d’hommage à L’Empire contre-attaque, où les héros doivent fuir un danger malgré des réparations incomplètes. Jod (qui a admis ne pas être un Jedi) laisse KB gérer l’hypertrajectoire, Neel piloter et place Fern et Wim aux postes d’artilleur (dans des tourelles dorsales qui comme pour le Ghost sont inspirées des bombardiers américains de la seconde guerre mondiale). On se croirait dans Smuggler’s Run, l’une des attractions de Galaxy’s Edge à Disneyland !
Bref, les gamins et le pirate arrivent à semer les X-Wings qui retenaient leurs coups pour ne pas blesser les enfants.
Le mystère autour d’At Attin demeure, même si les premières théories commencent à fleurir sur Internet. Quel secret recèle cette planète ? Qui est le Superviseur ? Quelle Grand Oeuvre poursuit-il ?
Les réponses dans quelques épisodes nous seront révélées dans quelques épisodes. Voilà qui permet de dépasser ma première impression négative de la série !
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