Les comics oubliés G.I.JOE EUROPEAN MISSIONS par Larvozor

Aujourd’hui on accueille un petit nouveau dans la Libre antenne : Larvozor qui nous fiat le plaisir et l’honneur de nous présenter de super comics G.I.Joe.

 

Cela fait maintenant une bonne année que j’ai rejoint la famille foldingue des FulguroLive. Dans la kermesse du 24 novembre 2023, je vous avais montré mes vieux comics français G.I.Joe.

Après quelques recherches sur cette série qui en vaut vraiment la peine, et à la suite d’une convocation du grand FulguroPope, je me retrouve ici à vous partager cet article, j’espère qu’il vous plaira.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, petite mise en contexte.

 

Ma passion pour les méchants

Avec mon frère 2 ans plus jeune, dans les années 80, nous passions énormément de temps à jouer ensemble et toutes les gammes de jouets y passaient.

Chaque fois j’étais dans le camp des sombres méchants charismatiques, quand mon frère optait systématiquement pour les good guys (ce qui, pour ne rien vous cacher, m’arrangeait franchement).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Guerres Secrètes de Mini-Larvozor et son frangin – Mars 1986

 

Deux grosses phases se sont particulièrement détachées de cette belle époque : la première s’est orientée logiquement vers Musclor et ses Maîtres de L’Univers, ainsi que ses gammes « cousines » comme Cosmocats ou Blackstar, et parfois des plus obscures telles que Les Mutores ou Power Lord.

Le mélange entre fantasy classique « Conannienne » et technologie futuriste donnait vraiment un cachet à part à MOTU, et l’ambiance des premiers mini-comics était particulièrement cool avec un côté un peu « dark flippant » : ceux qui m’ont le plus marqué étant « Le Don du Dragon » et « Les Masques du Pouvoir ».

C’est avec MOTU qu’est née ma passion des bad guys : le design de Skeletor m’a fasciné instantanément, puis les action features des différents vilains comme Dentos, Jitsu (j’ai toujours trouvé que Fisto faisait pâle figure à côté) ou Tarentulos ont fini de me convaincre de basculer dans le clan du mal.

Sans oublier les combattants de La Horde de Hordak tous plus horrifiques les uns que les autres (mention spéciale à Mosquitor), ou les vicieux Snake Men.

 

 

 

Une belle brochette de winners – fanart de https://www.halhaneyart.com/

 

 

G.I.Joe, un tournant dans le monde du jouet

Quelques années passent, puis en 1987 Hasbro lance le raz-de-marée G.I. Joe en France, et là, énorme traumatisme ! L’histoire de cette gamme ne sera pas traitée ici, d’autres l’ont déjà très bien fait.

Je vous renvoie évidemment à l’article consacré rédigé par le grand fulgurogourou Blaster, ainsi qu’à l’épisode dédié de The Toys That Made Us pour une vision plus américano-centrée.

Tout comme les Star Wars un peu plus tôt, l’échelle réduite offrait la possibilité d’avoir une gamme très élargie en termes de personnages et véhicules, et donc par extension une offre tarifaire très large, il y en avait pour toutes les bourses et pour tous les goûts.

Ajoutons à cela des articulations permettant de leur faire faire tout et n’importe quoi en termes de mouvements, de nombreux accessoires très détaillés aux vues de l’échelle et un contexte militaire « réaliste », tout cela combiné nous offrait des possibilités de jeux infinies !

Le lore « réaliste » faisait que n’importe quel tas de sable ou buisson devenait un terrain de jeu crédible et se transformait en un désert aride ou une jungle touffue.

Il y avait tellement de personnages aux designs tous différents, que ce soit chez les gentils ou les méchants, tout le monde pouvait y trouver son compte.

 

Tous les copains rassemblés à l’occasion du 300ème numéro du comic-book chez IDW

Les illustrations des packagings signées Hector Garrido étaient magnifiques (comme souvent à cette époque), avec à chaque fois des fiches de personnages qui venaient ajouter de la consistance à tout cela (d’ailleurs certaines origin stories sont à pleurer de rire quand on les lit de nos jours ; notamment celle du Dr Mindbender, ancien orthodontiste, qui vaut son pesant de cacahouètes).

 

On avait franchi un sacré pas ludique, c’est donc tout naturellement devenu notre série de jouets préférée, cette gamme a instantanément possédé les gamins que nous étions comme jamais.

Evidemment, j’étais un énorme fan des méchants de Cobra, et tout particulièrement des ferrailleurs des marécages, les Matamores (ou Dreadnoks en V.O.), j’adorais leur look rock n’roll rebelle ainsi que leurs véhicules comme la fameuse Machine de Tonnerre Matamore (au passage, l’ami Nicko en a fait une review très complète).

 

Zartan et son Chameleon/Swamp Skier a été mon tout premier et reste encore aujourd’hui mon préféré ! Son look dégageait une certaine classe, et le fait qu’il changeait de couleur selon la température pour renforcer ses capacités de déguisement était une super idée, c’était très bien pensé.

D’ailleurs, j’en profite pour lancer une bouteille à la mer : je cherche à compléter le mien pas trop cher, si jamais quelqu’un a ça sous la main…

J’ai également beaucoup aimé d’autres gammes de jouets par la suite, mais aucune n’a eu autant d’impact sur moi que MOTU et GI Joe (jusqu’à l’arrivée des catcheurs WWF, toujours chez Hasbro, mais on en reparlera une autre fois).

 

 

Un support de communication problématique

Le seul souci avec cette série était son support que constituait le dessin animé, que je regardais malgré tout mais sans grande conviction, à l’instar des Tortues Ninja quelques années plus tard.

Autant pour Les Maîtres de l’Univers, comme j’étais plus jeune, ça passait tout seul. Mais pour Les Héros Sans Frontières, passé le générique, il n’y avait malheureusement pas grand-chose à sauver, que ce soit la réalisation pas terrible ou les scénarios vraiment trop débiles, avec des bad guys ridicules.

C’était d’autant plus dur à visionner que parallèlement, à cette époque on se gavait de séries de qualité comme Dragon Ball ou Olive et Tom, et qu’on ne s’était toujours pas remis de Cobra, Goldorak ou Albator par exemple.

Ce dessin animé était un énorme gâchis par rapport à tout ce qu’il était possible de faire avec cette licence, j’évoquais plus haut la variété et la qualité des designs, et il y avait aussi évidemment les backgrounds déjà existants pour chaque personnage à travers les fameuses fiches de persos

Petite parenthèse : je vous recommande par contre le visionnage du long métrage G.I.Joe Le Film (je ne parle évidemment pas des films live à la qualité discutable), l’histoire est vraiment sympa, la réalisation très correcte et on y retrouve tous les potos.

 

 

Affiche officielle du film G.I.Joe

 

G.I.Joe European Missions (on y arrive…)

Il faut maintenant que je vous confesse quelque chose : quand j’étais gamin, plus que les jouets, ma grande passion était la lecture, je passais mes journées dans des bouquins (et ça n’a pas beaucoup changé finalement).

Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de tomber à l’époque sur les VF des superbes comics signés Larry Hama (2 numéros seulement sont sortis chez nous chez Sagédition en 1987, sous le nom G.I.Joe – Heros Sans Frontieres) dont je parlerais prochainement dans un autre article.

Ce qui m’amène à notre sujet du jour (il était temps) : un beau jour d’été 1988, je découvre en kiosque la couverture magnifique du magazine G.I.Joe numéro 3, évidemment je me jette dessus et me suis pris une énorme claque dans la cheutron (comme on disait dans le temps^^)!

Une couv’ de toute beauté

 

Ce magazine est constitué de petites histoires, le plus souvent indépendantes et proposant un focus sur un ou plusieurs persos en particulier. Le tout dans un ton très sérieux qui tranchait par rapport au dessin animé (un peu comme le décalage entre les mini-comics MOTU et la déclinaison animée de Filmation), avec parfois un propos dur, des morts et même du sang, c’était très bien écrit avec des beaux dessins, et même maintenant, ça se lit vraiment super bien !

Le premier épisode avec Tonnerre m’a particulièrement marqué.

J’en connais un qui va prendre cher

 

L’histoire est très simple mais écrite d’une main de maître : après avoir été capturé puis torturé pendant la guerre du Vietnam par un général vicieux, Tonner (Storm Shadow) revient accomplir sa vengeance des années plus tard, et au passage honorer la mémoire d’un ancien compagnon n’ayant pas survécu à ces séances de torture.

La lecture de cet épisode m’a fait un peu le même effet que lorsque j’ai lu celui de Daredevil dans un de mes tout premiers Strange (le 180 de décembre 1984) où notre tête à cornes préférée fracasse Le Tireur suite au décès d’Elektra (le premier^^).

Bullseye ne postulera pas au Cirque du Soleil

Avant de lire ce type de production, je n’imaginais pas que la BD pouvait nous faire ressentir des émotions aussi fortes et matures, ce qui est encore plus vrai pour G.I.Joe quand on a été habitué au dessin animé qui occulte toute forme de violence et propose des histoires pour les (très jeunes) enfants.

J’ai découvert plus tard que cet épisode sur Tonnerre avait été scénarisé par Grant Morrison, scénariste devenu légendaire par la suite, notamment par son run sur X-Men chez Marvel, ou les grandioses Batman RIP et Final Crisis chez DC, ceci explique cela.

Dans ce numéro 3, on retrouve également un épisode consacré à Œil de Serpent (Snake Eyes, l’autre ninja), très cool aussi, mais clairement en-dessous de celui basé sur le ninja blanc en termes de narration.

Il y aussi la 3ème partie d’un crossover avec les Transformers (trouvable dans la version UK des comics Transformers, on en reparle plus loin), sympa mais dispensable.

Enfin, au centre du magazine se trouve un poster reprenant la superbe illustration de couverture.

 

Une publication fantôme

Je n’ai malheureusement eu ensuite qu’un seul numéro de ce magazine et après, plus rien…

En France, alors que toute l’écurie Marvel était éditée chez Lug, cette série a été étrangement distribuée directement par Marvel Comics, alors même que Marvel France n’existait pas encore en tant qu’éditeur.

Le magazine anglais a été repris tel quel et juste traduit sans aucune adaptation, même le concours du début de magazine a été copié/collé de sa version originale, avec une adresse basée en Angleterre.

Un ferrailleur, ça se mérite

Les informations sur cette version française sont plutôt rares, même sur la bible www.comicsvf.com. Je sais juste qu’il existe 5 numéros connus traduits en France, mais à part ça…

J’ai appris par la suite qu’il s’agissait à la base d’une série de comics publiée chez Marvel UK, complètement indépendante de la série de comics G.I.Joe américaine « standard ».

 

La maison des idées à la sauce anglaise

Marvel UK a été créée en 1972 afin de distribuer en Angleterre les comics de la maison mère américaine. A partir de 1981, la branche britannique commence à proposer ses propres productions indépendantes de celles de Marvel USA.

Dans ces créations maison, on retrouve bien évidemment du Captain Britain, du plus exotique Spider-Man and Zoids, ainsi que des adaptations de dessins animés à succès comme Thundercats, Real Ghostbusters, et même les Bisounours

De nombreux auteurs britanniques TRES talentueux ont émergé de Marvel UK : en effet, des grosses pointures comme Alan Moore, Alan Davis, Kevin O’Neill, Alan Grant, Andy Lanning, Dan Abnett ou Grant Morrison y ont fait leurs armes !

La plus légendaire de ces productions anglaises étant la série Transformers qui dura 322 numéros de 1984 à 1992. Soit beaucoup plus que la série Transformers de Marvel USA de l’époque (qui comprenait 80 numéros publiés entre 1984 et 1991).

« Ca va trancher chérie »

D’ailleurs, les deux premières parties du crossover entre Transformers et G.I.Joe « Ancient Relics » que j’évoquais plus haut ont d’abord été publiées dans Transformers UK #125 d’août 1987, alors que la troisième et dernière l’a été dans Action Force #24 le même mois (oui c’était déjà compliqué de suivre les crossovers en 1987…).

 

Action Force Monthly

Mais revenons à nos moutons, ces aventures inédites G.I.Joe made in UK ne se situent pas vraiment dans la continuité « classique » des comics G.I.Joe américains (cf. l’épisode avec Tonnerre évoqué plus haut).

Elles ont été publiées en Angleterre dans un magazine du nom d’Action Force Monthly, qui comprenait 15 numéros parus entre juin 1988 et mai 1989.

Action Force Monthly, à ne pas confondre avec le magazine hebdomadaire Action Force paru également chez nos voisins anglais de mars 1987 à février 1988, et qui reprenait du matériel américain des comics G.I.Joe ou G.I.Joe Annual pour un total de 50 numéros (c’est bon, vous suivez toujours ?).

Action Force Monthly est paru simultanément aux USA sous le nom de G.I.JOE European Missions et en France sous le nom G.I.Joe, toujours en reprenant le magazine anglais tel quel. Les Américains ont eu la chance d’avoir l’intégrale des 15 numéros sortis chez eux, contrairement à nous…

L’intégrale de G.I.Joe European Missions

 

Conclusion

Je ne vais pas vous faire ici un listing de cette série chapitre par chapitre, mieux vaut que vous vous fassiez votre idée par vous-même, tout n’est pas parfait mais il y a à manger pour tout le monde.

Alors oui, il existe une infinité de comics G.I.Joe parus chez tous les éditeurs ou presque (Marvel bien sûr, mais aussi Dark Horse, DDP, IDW… Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://www.yojoe.com/comics ) mais encore une fois, cette série atypique et produite en Europe vaut vraiment le coup d’œil.

On y retrouve tous les personnages ou presque, gentils comme méchants, sous un angle infiniment plus intéressant que dans le dessin animé, le tout servi par des beaux dessins et des scénarios de qualité, grâce à une pléthore d’artistes britanniques de haute volée.

Malheureusement, tout ce beau matériel n’a jamais été réédité, même aux USA. Ce serait vraiment cool que Vestron se penche dessus.

Je me permets de vous poster ici un lien reprenant tous les numéros scannés, vu qu’il n’y a actuellement aucune exploitation commerciale de cette série : https://read-comic.com/category/g-i-joe-european-missions

Si jamais vous avez des informations complémentaires, ou même des numéros que vous souhaitez revendre (en VO ou en français), n’hésitez pas à me contacter ici dans les commentaires, ou sur https://twitter.com/larvozor je suis preneur (idem pour les quelques accessoires qui me permettraient de compléter mon vieux Zartan fatigué d’avoir trop combattu).

Pour finir, je tenais à saluer la fine équipe des Fulguropotes qui se retrouve dans les live et en dehors, plus particulièrement au G.O. Lanace, ainsi qu’à toute la rédaction du meilleur site des internets, longue vie à Fulguropop !

 

 

Libre Antenne

6 comments

Ryuzo says:

Merci pour la dédicace et bravo pour ton article Jean-Yves, j’ai pris du plaisir à le lire.

Blondin says:

Super article JY. Toujours cool de lire les souvenirs des copains et en plus on découvre des choses rares sur les GI JOE. Tu m’as également donné envie de revoir le film d’animation… 😉

Toykitch says:

Super article!
Ca a toujours été assez chaotique Gi Joe en France que ça soit en animé,en jouets ou en comics (on a clairement eu pas grand chose dans tout ça!) ,c’est quand même sympa qu’on ai eu un peu des comics UK (qui est un monde alternatif des US sur pas mal de licences des années 80)

Très content de lire un dossier sur le thème et encore plus d’accueillir Jean Yves dans la libre antenne. Bravo et merci !

Lanace says:

Excellent article mon JY 👍
Aucun souvenir de ces BD, j’étais team Lug/Semic à cette époque.
Très agréable à lire et instructif, que demander de plus?
Merci pour ce superbe article et pour la cacedédi 🙏🏼

Cette série méconnue hors continuité est super cool et je vous conseille vivement de zieuter les scans (le lien est dans l’article), c’est assez drôle mine de rien toutes ces séries anglaises autour de grosses licences qui vivent leurs vies 😎

En tout cas, merci les copains pour l’accueil et les retours! J’ai plein d’autres idées d’articles, dès que je rentre d’Angoulême vous aurez des surprises 😉

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