Dossier Vintage : Machine de Tonnerre Matamore – G.I.Joe (Hasbro 1988)

 

Certains jouets ont littéralement marqué au fer rouge mon enfance. Associées à des portions d’existence, à des instants de vie, ces déclinaisons de plastique sont devenues de véritables symboles vintage selon une vision, une perception, un parcours personnel. Notre cher webzine FulguroPop commence à compter quelques dossiers estampillés G.I.Joe dans ses archives et pour cause, la découverte d’un ancien stock de jouets appartenant aux héros sans frontières en 2019 a largement contribué à cette mise en avant.

De manière parallèle, j’ai grandi avec la licence G.I.Joe et je porte véritablement au cœur plusieurs références. Certaines ont déjà fait l’objet de dossiers vintage comme Techno-Vipère, Multi Cobra ou encore Alligator.

Je suis particulièrement heureux aujourd’hui d’être en mesure de rajouter à cette liste non-exhaustive un nouveau jouet G.I.Joe qui fait partie de mes modèles iconiques. J’emploie sciemment le déterminant possessif « mes » car je me place d’un point de vue subjectif mais je sais que plusieurs d’entre vous ne resteront pas insensibles à la Machine de Tonnerre Matamore accompagnée de son pilote Bagarre, le tout en boite française scellée et slipfresh.

La trame rédactionnelle de ce nouveau dossier vintage inclura un retour sur les particularités du conditionnement Hasbro France. Une étude de style viendra agrémenter la teneur de la production. Je vais également aborder la partie promotionnelle concernant la Machine de Tonnerre Matamore tout en revenant sur les particularités de ce dénominatif. Enfin nous (re)découvrirons ensemble les spécificités du jouet ainsi que de son action figure dédiée. Bonne lecture à tous.

 

 

La boite Hasbro France

La licence des héros sans frontières a connu un démarrage tonitruant en 1987 dans l’Hexagone avec l’introduction d’action figures et de véhicules désormais mythiques. La mouture de 1988 ne sera pas en reste avec un développement notable de la gamme en résonnance à un succès pleinement établi.

Dans la catégorie des figurines articulées, des références comme le Dr. Cortex, Langue de Vipère, Zandar, Zarana ou encore Orca et Dynamite vont renforcer les possibilités d’affrontement, non sans un certain relief.

L’année 1988 sera également l’occasion pour Hasbro France de compléter la section véhicules à travers des modèles d’exception comme le Cobra Ferrailleur, Cobrador avec son Char Aérien,  le Cobra Terreur, l’Aéroglisseur (Cachalot) ou encore la Machine de Tonnerre Matamore.

 

 

Justement, j’ai un affect très particulier avec ce véhicule spécifiquement attribué aux mercenaires dirigés par le maître du déguisement, Zartan. Je reviendrai sur cette sensibilité personnelle dans l’épilogue de la production.

Nous avons connu la Machine de Tonnerre Matamore en 1988 sur le sol français (d’où la datation dans le titre de ce dossier) alors que le jouet a été distribué aux Etats-Unis dès 1986. On retrouve le traditionnel différé comprenant deux années (une durée qui reste variable selon les cas) entre la distribution d’outre-Atlantique et celle appliquée dans l’Hexagone.

La boite de la Machine de Tonnerre Matamore arbore un artwork sur le front box qui est absolument magistral. Je gage que celui-ci ait été réalisé par l’artiste Hector Garrido. Le dynamisme du dessin à l’identité crayonnée handmade est remarquable avec une vision parfaitement significative, celle d’un bolide lancé à pleine vitesse et faisant feu sur des adversaires présumés.

 

 

Les particularités du front box Hexagonal

Les passagers de la Machine de Tonnerre Matamore représentés sur l’artwork, déterminés à en découdre, s’inscrivent à la fois dans une logique de publicité indirecte – puisque les action figures correspondantes seront toutes commercialisées dès 1986 aux U.S. j’insiste – mais également dans une cohérence scénaristique car ce sont exclusivement des soldats appartenant à la faction des Matamores (Dreadnoks en V.O).

Cependant et notamment pour le marché Hexagonal, Torch (situé en bas à gauche de l’artwork et vendu aux U.S. dès 1985) ne sera pas disponible officiellement en France. Pour autant, cette action figure sera bien présente sur notre territoire, en petite quantité, par le biais des solderies et sous carte américaine.

Ce circuit de distribution, précisément à la fin des années 80 et au tout début de la décennie 90, a permis de retrouver sur le sol français des jouets qui n’étaient pas nécessairement disponibles officiellement durant la temporalité d’existence des gammes dédiées. Un sujet passionnant sur lequel je reviendrai à travers un dossier spécifique.

 

 

Autre élément crucial concernant le front box de notre boite Hexagonale relative à la Machine de Tonnerre Matamore, la présence d’un logo spécifique dédié aux mercenaires de Zartan. Ce signe distinctif est celui que nous avons connu en 1987 et en 1988 sur le sol français.

Pour autant, les deux premières action figures Matamores commercialisées sur le sol français dès 1987 avec le lancement de la licence des héros sans frontières, soit Machette et Buzzer, ont connu initialement un logo différent sur leur carte (j’exclue sciemment Zartan dont la boite Hasbro France ne comporte aucune référence scénaristique comme illustrative à la faction Matamore). Ce logo présente l’inscription Matamores l’ennemi au pluriel et circonscrite dans un fond jaune.

Ces premières éditions ont rapidement laissé place à un second tirage doté du logo Matamore l’ennemi (à l’aspect davantage travaillé et très « jungle ») que l’on retrouve sur la boite Hexagonale qui illustre ce dossier. Celui-ci évoluera une nouvelle fois à partir de 1989 pour devenir nominativement Prédateur l’ennemi. Un ultime changement qui est possiblement lié à l’uniformisation de la gamme G.I.Joe pour le marché européen.

 

 

Sur le plan textuel, le front box Hexagonal de la Machine de Tonnerre Matamore comporte quelques phrases promotionnelles pleine de charme. « Les armes ne tirent pas » indique avec une subtile ingénuité que l’armement n’est pas fonctionnel, sans projectiles. Par extension, le jouet apparaît sans danger pour son utilisateur. « Voir au dos grandeur réelle et contenu » où une configuration typique des packagings G.I.Joe, plus particulièrement concernant les véhicules.

« Montage simple » et « figurine totalement articulée », des mentions qui insistent sur le caractère jouable de ce que l’on va découvrir dans la boite. Enfin la précision « conducteur Bagarre inclus » promeut la présence d’une action figure dans le conditionnement.

Justement, le dernier élément qui me semble remarquable concernant le front box Hexagonal de la Machine de Tonnerre Matamore est probablement cette fenêtre qui laisse apparaître Bagarre aux yeux du futur acquéreur.

Une configuration qui se modifiera peu à peu dès l’année 1989 concernant les packagings G.I.Joe Hasbro France avec l’apparition d’un visuel imprimé de l’action figure en lieu et place de la fenêtre. Une volonté de réduire les coûts de production est très certainement à l’origine de ce changement.

De manière globale et toujours à propos du front box de la Machine de Tonnerre Matamore, on relèvera que la couleur des cheveux de Torch et de Monkeywrench (Dynamite en V.F) ne correspond pas aux artworks de leurs cartes ainsi qu’aux représentations animées de Sunbow/Marvel. Le spécialiste en lance-flamme est sensé être brun et l’aficionado des explosifs plutôt roux alors qu’ils apparaissent blonds sur le front box de la Machine de Tonnerre Matamore, peu importe l’édition d’ailleurs.

Faut-il y voir une approximation/erreur en lien avec des périodes conceptuelles ou bien un effet volontaire de luminosité qui produirait un éclaircissement de certaines zones ? Les pistes sont plurielles.

 

 

Le back box Hasbro France

Le dos de la boite Hexagonale de la Machine de Tonnerre Matamore est représentatif d’une charte graphique typique de la firme Hasbro. D’abord le jouet et son action figure sont représentés à l’échelle 1. C’est une configuration très impactante sur le plan promotionnel qui permet au futur acquéreur de se projeter visuellement/matériellement, ce qui favorise le franchissement de l’achat (soit en moyenne 99 francs au cours de l’année 1988).

Il est important de souligner que la mise en scène de la Machine de Tonnerre Matamore ainsi que de Bagarre est notablement réussie à travers un décor sommaire mais esthétiquement cohérent, dans un esprit assez « dark » qui suggère des forces maléfiques/chaotiques. D’ailleurs le back box U.S. de la Machine de Tonnerre MatamoreDreadnok Thunder Machine en V.O – sera davantage simpliste avec l’absence d’un environnement comme de Bagarre.

 

 

Seconde particularité intéressante, la présence de trois points étoiles. Pour rappel, l’accumulation de ces derniers permettait d’obtenir, selon les temporalités et les promotions, des objets estampillés G.I.Joe. On remarquera que sur le back box Hexagonal de la Machine de Tonnerre Matamore les points étoiles ont été disposés de manière assez disgracieuse – verticalement – ce qui impacte l’ergonomie de la lecture.

Les designers du boitage français se sont calqués sur la charte organisationnelle du back box U.S, lequel comporte un petit espace qui contient les 3 flag points (situés dans un simili de drapeau américain). Cet encadré a servi tel quel d’emplacement pour les points étoiles Hexagonaux, sa disposition verticale n’ayant pas été modifiée.

 

 

La présence de la file card est un élément capital qui contribue à nourrir l’imaginaire en proposant un background, en l’occurrence celui de Bagarre. On découvre un personnage dont l’enfance heureuse et surprotégée a cultivé un terreau fertile, celui qui donnera naissance à un soldat aussi violent que sadique.

Au-delà d’une syntaxe digne d’un élève qui aurait quadruplé son CM2, on relèvera sous le visuel de Bagarre la mention « ennemi » sans le qualificatif Cobra. Une dissociation pertinente entre l’organisation terroriste combattue par les héros sans frontières et la faction des Matamores. Cependant, il aurait été intéressant que le logo attribué à Zartan et ses hommes ait été présent sur la file card de Bagarre à la place de la désignation « ennemi ».

Dernière particularité de ce back box Hexagonal concernant la Machine de Tonnerre Matamore, la présence de phrases promotionnelles, lesquelles participent pleinement au charme de nos conditionnements G.I.Joe Hasbro France.

Les mentions « étonnant de réalisme » ou encore « matériel robuste pour joueurs acharnés » ventent les qualités du véhicule et de son conducteur. Parallèlement, il est de nouveau spécifié que l’armement, et précisément « la mitrailleuse à deux canons pivotante », « ne tire pas ».

On soulignera tout de même dans le listing du contenu la faute orthographique « auto-collants » et globalement une syntaxe tout de même perfectible.

 

 

Etude de style

La faction des Matamores semble avoir puisée son A.D.N esthétique dans la thématique post-apocalyptique. C’est, selon une sensibilité personnelle, ce que m’évoquent les personnages tout comme les véhicules appartenant au clan de Zartan.

La Machine de Tonnerre Matamore s’inscrit parfaitement dans cette dimension d’un futur dystopique chaotique et d’un point de vue du design, la partie avant du véhicule – qui apparaît comme une greffe évoquant une Pontiac Firebird Trans Am de 1982 – est à mettre en perspective avec un autre bolide, lequel provient du premier opus de la saga Mad Max (1979).

Je fais bien entendu allusion à l’Interceptor de Max Rockatansky qui a pris forme à partir d’une Ford Falcon XB coupée de 1973. L’analogie entre la pièce rapportée à l’avant de la Machine de Tonnerre Matamore et le puissant V8 extrait du film de George Miller est intéressante.

 

 

Autre élément stylistique, toujours à corréler avec l’œuvre cinématographique Mad Max de 1979, le différentiel de volume entre les roues avant et arrière de la Machine de Tonnerre Matamore. C’est une configuration que l’on retrouve sur l’Interceptor de Max Rockatansky, avec tout de même un écart concernant les proportions nettement moins marqué.

 

 

De manière plus globale, lorsque j’examine la Machine de Tonnerre Matamore, il en ressort un aspect bricolé, comme si celle-ci avait été réalisée à partir de pièces récupérées ça et là (je reviendrai plus en détail sur ce point dans la partie du dossier qui abordera le jouet).

Cette identité de véhicule possiblement traditionnel modifié pour le combat m’évoque une autre œuvre incontournable de la culture populaire appartenant cette fois-ci à la décennie 80. Il s’agit de la série télévisée L’Agence tous risques diffusée sur les petits écrans américains à partir de 1983.

Nous découvrirons les aventures d’Hannibal et de ses comparses l’année suivante sur nos télévisions cathodiques Hexagonales. Lorsqu’on place en correspondance la Machine de Tonnerre Matamore avec la série créée par Frank Lupo et Stephen J. Cannell, on retrouve un génome mécanique commun.

 

 

En effet, cet A.D.N du véhicule commun bricolé pour devenir une machine de combat est indissociable de Barracuda, incarné par le charismatique Mr T. Le colosse paré de bijoux en or est capable de transformer une banale Renault 5 en un mini-char d’attaque doté d’un bélier destructeur et de panneaux métalliques de protection.

Cette configuration fait clairement appel au design de la Machine de Tonnerre Matamore, spécifiquement à travers ce blindage qui couvre les parties du cockpit pouvant rendre vulnérables d’éventuels passagers.

Les plaques de métal et leurs étroits orifices horizontaux, lesquels permettent de conserver un champs de vision, auraient pu sans conteste être conçus par le sergent Bosco Albert « B.A. » Baracus.

 

 

Supports promotionnels et variations

Il est toujours intéressant d’étudier la partie promotionnelle d’un jouet, en l’occurrence vintage, car celle-ci (selon les configurations) peut laisser apparaître des variations très intéressantes.

Mon point de départ concernant la Machine de Tonnerre Matamore sera un visuel de catalogue, précisément celui réalisé par Hasbro pour la Toy Fair de 1986. Ce grand salon, qui se déroule chaque année aux Etats-Unis autour de février/mars, a pour dessein la présentation des nouveautés à venir aux professionnels du jouet et autres commerçants.

Le prélèvement ci-dessous qui met en scène la Machine de Tonnerre Matamore illustre avant tout un sample du véhicule avec des variations intéressantes concernant, entre autres, la forme de l’antenne ou bien le logo Cobra à l’avant du cockpit qui est rouge alors que, sur le modèle définitif, il sera noir. Le symbole présent sur la calandre est également à souligner.

Parallèlement, on regrettera que le conducteur, Bagarre, ait été placé du mauvais côté dans le véhicule. De plus, cette localisation maladroite occulte le personnage. La présence du ninja Tonnerre était également dispensable sur le plan de la cohérence.

 

 

L’élément que je souhaite particulièrement souligner sur ce document promotionnel est la ceinture de munitions qui forme une boucle. Ce montage n’est pas celui proposé sur la notice du jouet et il n’apparaît pas non plus sur l’artwork du conditionnement Hasbro – peu importe l’édition d’ailleurs – tout comme dans les publicités télévisées.

Pour autant, on retrouvera cette configuration de boucle sur la version papier de la Machine de Tonnerre Matamore éditée par Marvel. Je vous joins ci-dessous deux coupures appartenant au comics G.I.Joe numéro 51 et publié en septembre 1986.

On notera le code couleur qui peut varier (également pour Bagarre) tout comme l’absence du logo spécifique dédié à la Machine de Tonnerre Matamore et sur lequel je reviendrai en détail dans la dernière partie du dossier.

 

 

Si on désire observer des illustrations de la Machine de Tonnerre Matamore avec une ceinture de munitions pincée en forme de 8, il faudra d’abord se tourner vers un autre catalogue promotionnel Hasbro, toujours daté de 1986, et destiné aux professionnels du jouet.

Celui-ci, souvent associé de manière erronée à la Toy Fair de la même année, contient de superbes visuels des jouets G.I.Joe qui seront disponibles en 1986 sur le sol américain. Parmi ceux-ci, on retrouve notre Machine de Tonnerre Matamore sous la forme d’un nouveau sample (visuel ci-dessous qui sera par ailleurs utilisé pour le dépliant promotionnel Hasbro France de 1988).

Le cliché met en scène une version très soignée du véhicule avec un plastique qui apparaît de bonne facture. Le logo spécifique situé au niveau du parechoc avant est plus grand que sur la version commercialisée de la Machine de Tonnerre Matamore.

En termes d’action figure, Bagarre est également un sample avec un head sculpt qui diffère du tirage définitif, sans compter la couleur mate du plastique et les rivets des avant-bras qui sont peints. On relèvera en parallèle la présence de manches courtes sur la veste du sample de Monkeywrench (Dynamite en V.F). D’autres variations sont décelables sur le visuel, à vous de jouer.

 

 

Cette superbe mise en scène de la Machine de Tonnerre Matamore – à l’aura très qualitative – est directement corrélée à la série animée G.I.Joe de Sunbow/Marvel via la présence du logo TV situé en bas à droite. C’est un élément crucial qui me conduit à émettre une symétrie avec le support télévisé.

La Machine de Tonnerre Matamore visible dans le D.A G.I.Joe apparait probablement comme la version la plus rudimentaire. Le logo spécifique évoqué précédemment sera absent et remplacé par celui de l’organisation Cobra (à l’instar des comics Marvel).

On retrouvera cependant une ceinture de munitions pincée en forme de 8 comme sur l’artwork du conditionnement Hasbro. Toutes les variations abordées dans cette partie promotionnelle du dossier sont intimement liées à des temporalités de réalisation qui diffèrent. La pluralité des sources lors des phases de développement a donné naissance à une succession de visions provisoires/transitionnelles concernant Bagarre et la Machine de Tonnerre Matamore.

 

Dreadnok Thunder Machine

La déclinaison plastique de la Machine de Tonnerre Matamore c’est avant tout un design selon l’artiste Ron Rudat (je reviendrai sur ce nom dans quelques lignes). Et quel design ! Le concept que j’ai évoqué précédemment – à savoir la jonction de plusieurs éléments provenant de différentes sources mécaniques afin de réaliser un véhicule à mi-chemin entre l’avion, le char d’assaut, la sportive, le 4X4 et le buggy – a produit un monstre des routes, une hybridation de métal aussi agressive qu’originale.

Sur le plan de la sémantique, la Machine de Tonnerre Matamore renvoie nominativement à quelque chose d’électrique, d’explosif, tout comme la désignation U.S. via le terme « Thunder ». C’est possiblement une référence subtile à la partie arrière du véhicule qui est constituée d’un moteur à réaction provenant d’un avion.

 

Cette configuration m’évoque spontanément le film Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension (1984) et plus particulièrement la voiture expérimentale du héros. Les parallèles culturels à faire sont nombreux, comme celui avec le bolide de Satanas et Diabolo dans Les Fous du volant (Démone Double-Zéro Grand Sport). La Machine de Tonnerre Matamore c’est aussi un cockpit partiellement ouvert doté d’arceaux de sécurité, lequel entre en conflit avec la dimension blindée du véhicule.

La cabine est surmontée par un gyrophare – sous la forme d’un sticker – apparenté à celui d’une voiture de Police. C’est un élément très intéressant qui souligne l’aspect transgressif et autoritaire des Matamores. Par ailleurs, le parechoc comporte un petit impact à droite, un détail déjà présent sur les samples.

Sur le plan qualitatif, on soulignera l’utilisation de la gomme pour les roues (effet « rubber »). La ceinture de munitions a été réalisée dans un plastique souple permettant la mobilité de celle-ci, notamment via la rotation manuelle des deux mitrailleuses. Le résultat est peu convaincant et demande un certain acharnement afin de fonctionner.

 

 

En termes de jouabilité, on notera que les roues avant sont orientables. Les panneaux latéraux blindés sont mobiles verticalement et la promesse du back box qui annonce la possibilité de transporter jusqu’à huit action figures supplémentaires est tenue, notamment à travers la présence de plugs sur les marchepieds.

Plus globalement, la Machine de Tonnerre Matamore arbore un code couleur harmonieux, lequel comporte des chromatiques qui rappellent l’aspect déluré de la faction Matamore sans pour autant inclure des excès disgracieux.

Les stickers apportent du relief au véhicule et il faut souligner la présence d’un logo spécifique qui représente une tête de monstre reptilien – à l’A.D.N d’un crotale – tenant un éclair dans sa mâchoire. Une évocation au caractère pluriel, précisément d’une force maléfique mais également en lien avec l’explosivité relative à la Machine de Tonnerre Matamore.

Enfin la grille de protection située à l’avant du véhicule est un élément que j’apprécie beaucoup. Elle traduit parfaitement cet aspect à la fois blindé et handcrafted/bricolé. D’autre part, les roues arrières aux dimensions augmentées contribuent pleinement à l’aspect agressif de la Machine de Tonnerre Matamore. Ce sentiment de puissance est à mettre en perspective avec le crochet de tractage arrière qui renvoie aux quatre roues motrices de l’engin.

 

Bagarre, l’enfant terrible des Matamores

La Machine de Tonnerre Matamore est commercialisée avec une action figure. Cette configuration qui fait office de pack place Bagarre dans la catégorie des exclusivités. L’absence de commercialisation individuelle pour ce personnage articulé – sous la forme d’un blister – associée à la formule promotionnelle largement démocratisée durant les années 80 « collect them all » – ou « collectionne-les tous » – ont pleinement contribué au franchissement de l’achat concernant la Machine de Tonnerre Matamore.

Bagarre aurait pu conserver son dénominatif U.S. pour le marché français, à savoir Trasher. Une désignation qui traduit parfaitement l’aspect brutal et marginal du Matamore. Pour rappel, le terme générique matamore implique une certaine couardise, une lâcheté doublée d’une arrogance allant jusqu’à la vantardise.

D’un point de vue historique, un matamore c’était aussi un cachot, un sous-terrain qui servait à enfermer des esclaves (autour de 110 avant Jésus Christ). Voilà une autre acception qui n’est pas sans rappeler la dimension sombre et inquiétante des hommes de Zartan.

 

Bagarre est un personnage qui pourrait sans difficulté provenir d’œuvres comme Mad Max ou Ken le survivant (1983). Son design m’évoque également un autre enfant terrible de la culture populaire, précisément Rufio dans le film Hook ou la revanche du Capitaine Crochet (1991). Les particularités capillaires des deux protagonistes sont à mettre en perspective.

C’est Ron Rudat qui a conceptualisé Bagarre. Ce designer de génie a largement œuvré pour la licence G.I.Joe, précisément dès 1980. Il est responsable d’une très grande partie du développement des logos, des personnages et des véhicules de la gamme commercialisés entre 1982 et 1987 (datation U.S).

Ci-dessous une planche conceptuelle colorisée en 1986 par Ron Rudat pour la création de Bagarre (le dessin date de 1985). On retrouve parfaitement l’essence du personnage malgré le fait que les mèches de cheveux teintées en vert soient absentes (la mention « punk hair style » donne cependant l’orientation esthétique).

D’autre part, la masse d’arme fournie avec le jouet aura des pointes nettement moins volumineuses pour des raisons évidentes de sécurité. La nature de cet accessoire rejoint parfaitement le profil violent de Bagarre.

 

 

Si on examine plus en détail les notations sur le document – et au-delà du dénominatif provisoire « Drednok » (orthographe utilisée sur les premiers croquis conceptuels relatifs aux Matamores) –  on découvre que la tenue de Bagarre comporte beaucoup d’éléments/protections en lien avec le hockey sur glace. Lorsque je place en correspondance ce design aux accents sportifs et la dimension brutale du personnage, je retrouve des gènes, ceux de Casey Jones.

Par ailleurs, la formule « Drednok driver » indique qu’au moment où le dessin conceptuel a été réalisé le nom Trasher n’était probablement pas encore avancé, tout comme le lien précis avec la Dreadnok Thunder Machine.

Avant de conclure, il est fondamental de souligner l’excellence du travail fourni par Ron Rudat concernant la création de Bagarre (les années 2000 donneront naissance à d’autres versions de l’action figure) ainsi que de la Machine de Tonnerre Matamore. J’ai souvent cité l’œuvre Mad Max au cours de ce dossier comme une référence possible sur le plan stylistique.

Bien plus qu’une évocation esthétique, ce fut clairement une source d’inspiration, notamment pour la création de la Machine de Tonnerre Matamore. Ron Rudat a spécifié lors d’une interview que le véhicule est né après avoir visionné le premier opus de la saga par George Miller.

 

Epilogue

La Machine de Tonnerre Matamore et Bagarre ont marqué mon Noël 1988. Je garde un souvenir indélébile de cette boite dont l’artwork compte parmi mes favoris de la gamme G.I.Joe. C’était un cadeau inattendu qui ne figurait pas sur ma liste, ce qui a contribué davantage à la sacralisation du véhicule ainsi que de son action figure associée.

De manière plus générale, la Machine de Tonnerre Matamore et Bagarre symbolisent un autre temps où le soin apporté aux packagings était considérable. Ce sont également les incarnations possibles d’un style qui a clairement imprégné culturellement la décennie 80 : le post-apocalyptique.

D’ailleurs je découvrais six mois avant l’acquisition de la Machine de Tonnerre Matamore l’animé Ken le survivant dans le Club Dorothée. Ceux qui me lisent depuis plusieurs années connaissent mon attachement à l’œuvre créée par Tetsuo Hara et Buronson. Celle-ci a très certainement nourri en amont le terreau fertile qui allait, selon cette sensibilité personnelle, mythifier la Machine de Tonnerre Matamore et Bagarre.

En dernière instance, je vous épargne l’évocation détaillée de la variante Beast Blaster (1993) conceptualisée pour l’intégration de la licence Street Fighter II dans la gamme G.I.Joe. Une aberration esthétique de la Machine de Tonnerre Matamore qui n’est que l’illustration des dérives chromatiques et sculpturales relatives aux héros sans frontières du cœur des années 90.

J’espère que ce moment vintage aura été agréable. Rendez-vous dans quelques jours afin de (re)découvrir ensemble un autre jouet appartenant à la décennie 80. Merci à tous pour vos lectures. Cette production est dédiée au forum Cobra Island et plus particulièrement à Aurélien alias Akira57 ainsi qu’à Tibo/Rider.

18 comments

Cobra says:

Encore une merveille de petite review avec une superbe boîte comme à ton habitude Nicko.
Je kiffe ce véhicule l’ayant également en loose et boîte FR. Je le possède à plusieurs reprises customisés en version dark Mad Max… Une vraie base à custom.
La boîte quant à elle et l’artwork sont vraiment chouettes, les couleurs sont superbes.
Pour le reste, les Dreadnoks ont beaucoup d’adeptes parmi les collectionneurs G.I.Joe. Leur côté Mad Max n’y étant certainement pas pour rien.
Hâte de voir le prochain article.

Nicko says:

Merci beaucoup mon Lolo pour ta lecture et ton commentaire ! 🙂

Je rejoins de manière absolue ta remarque qui place la Machine de Tonnerre Matamore comme une base à custom aux possibilités infinies. D’ailleurs durant la rédaction de ce dossier vintage, j’ai pu découvrir en naviguant sur le net des visuels de créations plus intéressantes les unes que les autres. La Machine de Tonnerre Matamore était devenue un véhicule aux identités plurielles, parfois surprenantes. Cette dimension custom rejoint parfaitement l’aspect bricolé/handcrafted du véhicule selon la volonté initiale de son concepteur : la voie aux modifications était, par essence, pleinement ouverte.

D’autre part, l’artwork de la boite concernant la Machine de Tonnerre Matamore me fait littéralement rêver. Lorsque j’examine le visuel, je suis – de manière systématique – subjugué et comme projeté dans un autre univers, en l’occurrence post-apocalyptique. Et même si on peut invoquer le subjectif, il faut tout de même reconnaitre avec objectivité que l’artwork est réellement splendide.

Nous avons été très chanceux de connaitre une telle merveille durant notre enfance. C’était une période dorée où le packaging dédié aux jouets apparaissait très soigné. Celui-ci était la continuité du contenu, une véritable sollicitation de l’imaginaire qui encourageait à se projeter avec l’objet en le sacralisant visuellement, que ce soit à travers un prisme scénaristique comme esthétique.

Merci de nouveau Lolo pour ta présence 🙂

sebastator says:

Sacrée review effectivement !
De chouettes illustrations et c’est top d’avoir mis le concept art de Bagarre.
Je reste sur mon séant quand je vois la qualité des boites que tu nous montres.
Bravo !

Nicko says:

Merci beaucoup Seb pour ta présence et ta lecture ! 🙂

Lorsque j’écris autour des jouets vintage, trois éléments sont fondamentaux dans ma manière d’appréhender ces derniers. D’abord je ne parle que de ce que j’ai entre les mains, à la fois par souci d’honnêteté avec le lectorat mais également par légitimité. Avoir une jouet et/ou son packaging vintage à disposition c’est être davantage imprégné par l’objet mais c’est également un gage possible d’efficacité. Ensuite les conditionnements et/ou les jouets vintage que je possède doivent être systématiquement dans le meilleur état possible. Une règle à laquelle il m’est impossible de déroger. Enfin, le prisme analytique et les périodes conceptuelles constituent l’A.D.N profond de mon approche.

Voilà ce qui modestement me caractérise. Je suis toujours heureux de savoir que quelques personnes sont sensibles à cette ligne directrice et que j’arrive parfois à transmettre du plaisir. Ceci dit, il me reste bien des choses à découvrir et surtout beaucoup de progrès à faire sur le plan rédactionnel.

Merci de nouveau Seb pour ton message 🙂

Dido says:

Bonjour Nicko,
j’ai pas mal de retard sur la lecture de tes derniers articles mais je te remercie encore pour ces excellents moments et ce retour, pour un temps, en enfance.
Moi aussi, cette Machine de Tonnerre me rappelle bien des souvenirs, j’ai « joué contre » cet engin et les Matamores de mon cousin avec mes Joes… Cette mitrailleuse à l’avant, elle avait une classe folle !
Tu as raison de mentionner ces picots pour accrocher les ‘troupes’ de Zartan autour du véhicule, pour nous, c’était un super argument de vente à lui tout seul, un peu comme mon premier véhicule « GiJoe », le Snow Cat.
C’est vrai qu’évoquer le rôle de Ron Rudat est important, c’est le Mark Taylor des Joes pour moi… J’ai appris il y a quelques années que le perso de Trasher (que je n’ai qu’en version 30th) était inspiré d’un designer de Hasbro, Dave Kunitz (cf. « The Toys That Made Us » sur Netflix)… D’ailleurs l’année 86 est pleine de caméos dans les nouveautés, Ron Rudat ayant prêté ses traits à Leatherneck (Casse Cou chez nous) après avoir donné son nom à « Ron W. Tadur »/ Dusty en 1985, Kirk Bozigian (un autre cadre chargé de la marque) à Law et on ne compte pas the Fridge, le Sergent Slaughter… Ils ont dû bien se marrer dans les bureaux d’Hasbro à l’époque et cela explique peut-être la tête assez étrange de certaines figurines de cette période (je pense encore à Cross Country qui était super classe dans le dessin animé et très étrange en jouet…) !
Bagarre m’évoque « Mad Max au delà du Dome du Tonnerre », le jeu  » Survivant » de MB ou encore un méchant qui aurait raté son casting chez les Misfits de Jem ! Que de souvenirs, merci encore !

Nicko says:

Je suis très heureux de te lire à nouveau Dido ! 🙂

C’est moi qui te remercie concernant ton message et ta lecture ainsi que pour celles à venir. J’avais sommairement abordé le Snow Cat pour le magazine, je te laisse le lien de la production : https://www.fulguropop.com/en/dossier-vintage-snow-cat-g-i-joe-hasbro-1985/

C’est un véhicule clairement iconique et qui fait partie de l’année 1987 pour le marché français. Une date cruciale pour tous les amateurs Hexagonaux de la licence G.I.Joe.

Parler de Ron Rudat était une évidence, un nom que j’aurais du évoquer il y a déjà bien longtemps en abordant les jouets des héros sans frontières. Il est parfois complexe de calibrer correctement la teneur d’une production afin que la lecture reste fluide à travers un affichage ergonomique. Le dossier vintage de la Machine de Tonnerre Matamore était un peu plus long qu’à l’accoutumée et je me rends compte que je peux facilement me laisser emporter par un sujet avec un risque, celui de la disproportion/indigestion.

J’avais pris connaissance des références que tu cites Dido, hormis concernant le lien avec Dave Kunitz. Je n’ai pas Netflix à disposition aussi je n’ai pas eu accès à la série de reportages The Toys That Made Us. Dans tous les cas, ton intervention vient compléter avec pertinence mon modeste travail, notamment à travers le parallèle qui implique Ron Rudat et Mark Taylor. Une vision que je partage formellement et qui permet de rendre une nouvelle fois hommage à celui qui a très majoritairement contribué au design de Musclor.

Je te rejoins une ultime fois Dido concernant cette remarque qui m’a beaucoup fait rire : Bagarre pourrait être un membre raté des Misfits ! lol.

Merci de nouveau pour ta présence très appréciée 🙂

Mon cher Nicko, tu as un talent pour combiner plaisir des yeux et satisfaction intellectuelle avec tes dossiers vintage. Ton analyse en profondeur de cette Thunder Machine est remarquable. Je suis particulièrement curieux de ce que tu pourras nous dire sur les figurines sur cartes U.S. dispo en solderies car c’est un aspect de la collection qui m’échappe.
Pour ce qui est du véhicule, je n’ai jamais compris comment ni pourquoi Bagarre arborait un logo Cobra avant d’intégrer les Dreadnoks au début de la saison 2 du dessin animé Sunbow. Cela n’aurait pas vraiment eu de sens non plus après son intégration du clan de Zartan, mais au moins on aurait pu voir une logique.

Je n’ai jamais eu ce véhicule absolument incroyable et je rejoins Dido sur son appréciation des véhicules qui peuvent emporter plusieurs personnages. C’est l’un de mes critères pour classer les véhicules G.I.Joe.
Bref, encore un article qui me réjouit énormément.

Nicko says:

Merci beaucoup Ju pour ton retour favorable 🙂

Le fond est mon moteur, la forme ma carrosserie. Je garde toujours en tête la formule d’un des enseignants que j’ai eu la chance de rencontrer durant ma scolarité : « la forme entraîne le fond ». Je suis toujours très sensible au fait de proposer de l’informatif dans l’analytique et ainsi essayer, je dis bien essayer, de générer un contenu qui permette la redécouverte de jouets vintage des années 80.

Je pense que la forme est très souvent un indicateur fiable sur la nature du contenu associé. Et il faut prendre garde à tous les effets d’accroche qui vendent des secrets et autres anecdotes croustillantes nourries par l’exclusif ainsi que l’inédit. Les secrets n’engagent que ceux qui les considèrent ainsi. Pour ma part, je me limite au fait de proposer des analyses, des visions et un capital de connaissances que j’enrichie quotidiennement par une force de travail. Aussi je tends à équilibrer une forme – que j’espère acceptable – au profit d’un fond qui repose sur une volonté farouche de découverte.

La distribution des jouets dans les solderies françaises à la fin des années 80 et au début des années 90 constitue un véritable sujet. Ce recyclage commercial est plein de surprises. J’envisage un papier qui expliquera comment on peut retrouver à cette période, par exemple, la série 2 des jouets SilverHawks en France sous cartes bleues Kenner ou encore une partie de la série 1, toujours sous cartes U.S, avec des stickers de reconditionnement. Les solderies françaises de la fin des années 80 et du début des années 90 proposeront aussi des samples à la vente et des modèles de jouets sensés n’avoir jamais été commercialisés en France comme ailleurs. Ce papier engagerait des gammes comme celles des Power Lords ou encore des Sectaurs, entre autres. J’ai recueilli une quantité notable de témoignages, d’anciens professionnels du jouet et de particuliers, que je compte bien partager un jour dans FulguroPop comme dans le livre.

Les concept arts que j’ai à ma disposition et qui représentent des « Drednoks » (orthographe originale) proposent tous des personnages avec un logo Cobra. Alors je n’ai absolument aucune compétence dans le domaine de l’animation concernant la licence G.I.Joe mais il est certain que les Matamores, durant la période conceptuelle, ne semblaient pas avoir été pensés spontanément comme une faction strictement à part entière et dotée d’un logo spécifique. Ceci dit de manière générale, et les Maîtres de l’Univers se révèlent être un bon exemple, certains personnages des eighties à l’écran présentaient des différences plus ou moins importantes avec leurs homologues de plastique. Les temporalités conceptuelles étaient notamment en cause avec des différés et des évolutions post-productions animées.

Merci Ju de me donner la possibilité de publier mes travaux dans le magazine 🙂

Gus says:

Merci Nicko pour ce délice à lire. Une très riche et enrichissante production. Je n’y connais rien à cette gamme et je suis heureux de la découvrir avec tes articles.
J’ai d’abord regardé l’article vite fait avant d’avoir le temps de le lire de manière posée. Et en le lisant je rigolais intérieurement car les comparaisons que tu utilises pour décrire le véhicule, je les ai utilisé aussi lors du premier visionnage des photos : le bricolage A-Team, le réacteur de la Satanas-mobile, l’avant de la Ford Mad Max… Comme quoi toutes les créations de ces années-là se croisent et se recroisent dans les jouets et autres objets.
Avec le recul c’est normal dirons-nous, c’est générationnel. Alors j’ai hâte de lire des articles sur des jouets d’aujourd’hui, dans 30 ans…
Bravo Nicko. Encore une belle perf.

Nicko says:

Merci mon Gus pour ta lecture et ton commentaire 🙂

J’ai coutume de dire que l’on fait toujours quelque chose à partir d’autre(s) chose(s). Et comme tu le soulignes très justement, c’est vérifiable dans la culture populaire au quotidien. La Machine de Tonnerre Matamore est un concentré qui est né à partir de références, lesquelles proviennent d’autres œuvres etc… Cette idée de filiation est une occasion de réunir, de fédérer mais c’est aussi la garantie d’un enrichissement permanent concernant un capital qui est finalement commun.

Aussi, à mon microscopique niveau, je ne manque pas une occasion lorsque j’écris autour des jouets vintage de citer celles et ceux qui ont contribué à faire vivre une ou plusieurs licences, peu importe de quelle manière. La dédicace est un moyen d’honorer mais aussi de rappeler que l’on fait toujours quelque chose à partir d’autre(s) chose(s).

Je ne sais pas si dans 30 ans nous serons toujours là et si le monde tel qu’il existera offrira encore la possibilité d’écrire autour des jouets. Cependant je souhaite que ce soit le cas. J’espère également que notre génération aura contribué aux créations à venir, en toute modestie.

Merci de nouveau Gus pour ton intervention 🙂

KissFan says:

‌Oh !! A mes yeux, l’un des véhicules G.I.Joe les plus kiffant présentés dans le webzine à ce jour !!
J’adore ses couleurs. Le rouge et le bleu sont représentatifs de quelques uns de mes souvenirs d’enfance préférés : le pirate Playmobil de la référence 3570, L’Homme-Araignée, Superman, le Gobot Klaws, la Serre des Airs, Mekanek… ^_^ Et puis le côté post-apocalyptique du véhicule comme tu le soulignes Nicko. Je le verrais très bien illustré au détour d’une page du livre dont vous êtes le héros Le combattant de l’autoroute. C’est d’ailleurs cet aspect qui me fait également apprécier quelques uns des véhicules M.A.S.K. comme Jackhammer, Hurricane ou Vampire (un peu paradoxalement, ce n’est pas le cas de Stinger dont je trouve les chenilles mal réalisées). Vraiment, j’aime beaucoup cette faction colorée nommée Matamore… finalement bien davantage que les références trop militaires comme le Ferrailleur et autre Nounours blanc 😛 Autre aspect que je relève dans ces véhicules G.I.Joe : des proportions réalistes. Ce n’était pas le cas des véhicules des Maîtres de l’Univers, si l’on compare avec leurs homologues dans le dessin-animé Filmation par exemple. Pour le coup, c’est vraiment appréciable. Le format des figurines, plutôt petites, le permet pour plus de réalisme… même si par opposition, « les armes ne tirent pas vraiment », LOL. L’illustration du packaging est sublime. Je comprends que la gamme soit culte aujourd’hui.

Nicko says:

Je suis très heureux de te lire Pascal 🙂

Merci infiniment d’avoir pris connaissance de ce dossier évoquant la Machine de Tonnerre Matamore suite à l’invitation que je t’ai adressée dans la production sur Falgos. J’étais persuadé que ce véhicule G.I.Joe te séduirait, notamment selon cette dimension post-apocalyptique. Nous avons tous les deux une sensibilité commune concernant de nombreux points et l’originalité de la Machine de Tonnerre Matamore résonnait en moi comme quelque chose qui pouvait éventuellement te plaire, bien au-delà du code couleur.

A titre personnel, Stinger restera mon véhicule M.A.S.K. favoris, pour de nombreuses raisons. L’évocation du scorpion est probablement l’élément prépondérant, toujours selon cet intérêt commun que nous avons tous les deux pour les arachnides et autres arthropodes. Mais c’est sans oublier la chaine dotée d’une pince fonctionnelle, le code couleur que je trouve à la fois punk et eighties ainsi que l’aspect agressif/blindé/chenillé. Et justement, je suis en désaccord avec toi concernant ces chenilles que je considère comme réussies.

Le Cobra Ferrailleur est un véhicule G.I.Joe mythique, bien davantage à mes yeux que le Snow Cat. Je porte à cet avion d’attaque un intérêt majeur, que ce soit en termes de design ou bien sur le plan historique. Et je rejoins pleinement ta remarque concernant la taille des véhicules G.I.Joe. Le format des action figures – précisément le 3 3/4″ – est une échelle qui rend possible une harmonies des proportions entre les personnages articulés ainsi que les véhicules de la gamme.

Le packaging est un véritable art (box art) et des gammes de jouets incontournables dans les années 80 ont donné naissance à de véritables bijoux illustratifs. Les conditionnements de licences comme G.I.Joe, Visionaries, M.A.S.K. ou encore Les Maîtres de l’Univers comptent des boites ainsi que des blisters exceptionnels. Et je vais te faire une confidence Pascal : parfois j’acquiers un jouet vintage scellé d’abord pour son conditionnement. L’action figure et/ou le véhicule contenus deviennent finalement secondaires.

Par ailleurs, j’ai passé hier le cap de l’achat pour quelques déclinaisons plastique estampillées Maîtres de l’Univers Origins. Je voulais me faire directement un avis sur pièces. Avec ton accord, je te ferai parvenir un mail auquel j’adjoindrai quelques photos ainsi qu’un ressenti.

En dernière instance la prochaine production vintage, qui sera publiée d’ici deux semaines je pense, abordera une licence pour laquelle tu portes un intérêt non-négligeable. Voilà une perspective bien plus stimulante pour toi que celle de retrouver des héros sans frontières. Pour autant, les G.I.Joe reviennent en force dans le magazine au début du mois prochain, si tout va bien, et pour un bon moment encore ! (G.I.Pop :p).

Merci de nouveau Pascal pour ta lecture 🙂

KissFan says:

Tu as donc fait l’achat de quelques nouveautés Origins Maîtres de l’Univers, Nicko ?!! Une gamme qui permet de retrouver les héros d’Eternia à moindre coût, et soutenue par des illustrations somptueuses, ce qui n’est pas négligeable. Et oui, bien sûr, tu peux m’adresser un message critique sur cette gamme. De mon côté, je me suis aussi laissé tenté par des jouets modernes, à savoir le thème Novelmore de Playmobil. Oh pas la totalité, mais j’adore particulièrement le temple des squelettes de Sal’ahari et le temple du Temps. On en parle un peu sur le forum Eternia Antique https://princeadam.1fr1.net/t3156-playmobil De l’héroïc fantasy traditionnel soutenu par une série tv feuilletonesque visible en haute résolution sur You Tube, de très bonne facture. En respectant la trame générale, les auteurs auraient facilement pu noircir le script pour obtenir un résultat finalement moins destiné aux enfants contrairement au but premier d’un tel programme. En parlant de scorpion, j’ai d’ailleurs hâte de voir des visuels de bonne qualité de la référence 71024 prévue en septembre prochain et qui inclut donc un scorpion… géant !

Nicko says:

Oui Pascal, j’ai eu l’occasion hier lors d’une sortie de passer par un PicWicToys, une enseigne où je n’ai absolument pas l’habitude de me rendre. Et comme tu le sais, la licence des Maîtres de l’Univers fait partie des références que je porte au cœur depuis de nombreuses années. Aussi je n’ai pu rester insensible aux packagings MOTU que j’ai aperçus au détour d’un rayon. C’était l’occasion de me faire une idée précise du contenu et je t’avoue avoir été agréablement surpris. Je te ferai parvenir un avis plus détaillé d’ici peu par mail.

Effectivement, les conditionnements Origins présentent des artworks que je trouve réussis, notamment en ce qui concerne les front boxes. Pour ce qui est des back boxes et même des cardback, c’est une autre affaire. Avis personnel encore une fois.

Je me souviens avoir eu des Playmobil durant mon enfance, précisément pour mon cinquième Noël. J’ai encore quelques photos qui ont immortalisé ce moment. Même si je trouve cette licence très réussie par bien des aspects, je t’avoue ne pas m’y être intéressé à l’âge adulte. Et je ne pense pas que ce soit un jour le cas. Pour autant, j’ai apprécié parcourir le topic que tu as mis en lien. Il y a de belles photos et le Temple du Temps m’évoque la série Atlantis produite chez Lego.

Thi_bô says:

Magnifique Nicko, encore un article remarquable tant sur le fond que sur la forme !
Ce véhicule avait vraiment tout pour lui, le look, la jouabilité et la robustesse, il figure assurément dans le top 10 des véhicules de la gamme.

PS : je suis impatient de lire ton dossier spécifique sur les solderies !

Nicko says:

Merci mon thibaud pour ton message et ta lecture 🙂

Je suis très heureux de lire que tu es sensible autant au fond qu’à la forme. Je m’emploie, du mieux que je le peux, à soigner ces deux aspects dans mes modestes productions. Il me reste bien des choses à rédiger/partager dans le magazine : la seconde partie du dossier évoquant la licence Captain Power. Une thématique aux ramifications et aux informations incommensurables. J’ai également de nombreux documents conceptuels à présenter, que ce soit des model sheets, des concept arts, des samples ou encore des prototypes. Enfin je souhaite aborder quotidiennement la licence G.I.Joe au sein de FulguroPop car j’ai encore de nombreux conditionnements FR slipfresh à disposition. Mais c’est sans compter les productions annexes qui aborderont, entre autres, les jouets dans les solderies françaises à la fin des années 80 ou encore des réflexions en lien avec la pratique de la collection de déclinaisons plastique à tendance vintage.

Tout un programme qui, pour être réalisé dans des délais acceptables, nécessiterait des journées de 80 heures. Aussi il faut être patient car tout vient à point à qui sait attendre.

Merci de nouveau Thibaud pour ta présence que j’apprécie infiniment ! 🙂

Benjamin says:

Merci Nicko pour ton très bel article riche de détails croustillants et très intéressant également sur les comparaisons étudiées.
Tu as vraiment un regard très aiguisé. J’en ai pour preuve notamment le fait que tu soulignes que les points étoiles aient été disposé à la verticale. Je ne suis même pas sûr d’avoir fait attention à cela auparavant 🙂
Et je suis d’accord avec toi : ce n’est pas vraiment très esthétique. Je n’en vois pas du tout l’utilité. Pourquoi ce choix ? Et surtout qu’il y avait largement la place de le positionner proprement à l’horizontale. Bizarre ce choix de charte graphique 🤔

Intéressant également ton analyse sur les différents logos Matamores L’ennemi, Matamore L’ennemi et Prédateur L’ennemi. 👍🏻

Je partage ton avis : ce véhicule a vraiment de l’allure. Tant par ses formes que par son choix de couleurs.
Ce n’est pas un jouet que j’ai eu étant enfant, mais j’apprécie vraiment l’avoir dans ma collection.

Merci aussi de nous faire partager les superbes illustrations d’origine dont tu disposes. Ca enrichit considérablement tes articles. Et je trouve ça génial que les lecteurs comme moi puissions les découvrir grâce à toi.

Continue à nous faire rêver Nicko au travers de tes analyses de ces magnifiques jouets vintage.
Tu as tout mon soutien et mes encouragements. Ton travail est vraiment remarquable. Et je sais, sans aucun doute, que nous sommes nombreux à dévorer tes articles avec un immense plaisir.

Nicko says:

Merci beaucoup Benjamin pour ce message si encourageant 🙂

La partie textuelle Hasbro France propre aux G.I.Joe 3 3/4″ des années 80 est un véritable cas d’école. On retrouve des traductions et des modifications, voire même des erreurs, en quantité notable. Il faudrait un dossier pleinement dédié à ce sujet pour en parler de manière détaillée. Je rajoute cette idée aux autres en attente.

J’ai plusieurs documents conceptuels en réserve que je dois encore présenter dans la magazine, dont un que j’apprécie beaucoup et en lien avec la licence Tortues Ninja. Il s’agit précisément d’un prototype que je pense proposer dans le magazine d’ici peu, toujours en fonction de mes disponibilités.

Je ne sais pas si mes modestes productions sont particulièrement lues, je n’ai jamais cherché à en mesurer l’audience dans FulguroPop. Il me semble que nous avons un logiciel prévu à cet effet. Pour tout te dire, ça ne m’intéresse pas vraiment. Si je suis lu par un très grand nombre, tant mieux. Si ce n’est pas le cas, cela ne m’empêchera pas de continuer à écrire. Ceci dit, j’aime particulièrement lire les messages que suscitent mes petits dossiers – mais aussi ceux reliés aux productions des copains – car il y a toujours matière à discuter, à échanger de manière constructive.

Merci de nouveau Benjamin pour ta lecture et ta présence que j’apprécie beaucoup 🙂

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