Ulysse 31 en vitrine de la Samaritaine
« Dans la société qu’on appelle société de consommation, l’essentiel est de consommer, et tout nous pousse à consommer. Mais les déceptions et les frustrations qui accompagnent cette quête du bonheur que nous avons confondue trop tôt avec le confort, avec la richesse, la publicité des étalages, les vitrines, d’une certaine manière nous rendent fous, nous saoulent. »
Georges Perec, Les choses

La Samaritaine derrière le Pont-Neuf emballé par Christo en 1985
(crédit : Mike K)
La vitrine, quand elle n’est pas celle d’une collection ou d’un musée – la vraie donc, celle de ces mots laids que sont le merchandising et le marchandiseur, ou l’acrylique des présentoirs – c’est d’abord le symbole de la société de consommation, la console de jeux à laquelle on va reprocher que l’enfant joue, le Black Friday des rues achalandées de nos villes embolisées. La vitrine, entre l’étalage abject d’un quartier rouge et le secret naïf de Mannequin – la vraie donc, celle des grands magasins, de ces immeubles tout entier dédiés à la seule vente, du lèche-vitrines de ceux qui vont baver plus que se rassasier – c’est aussi la mise en scène des marchandises, la mise en récit des jouets à Noël, quand il ne s’agit pas d’une attraction sponsorisée comme dans un parc à thèmes.

L’affiche du film des vitrines en 1982
(crédit : Michel Simon)
La Samaritaine, passée de plus grand magasin parisien à enjeu financier pour LVMH – qui chercha à y ouvrir son hôtel à plus de 2 000 euros la chambre, davantage qu’à préserver la façade de la rue de Rivoli ou les employés congédiés – connut le doute à partir des années 1980, entre changement de slogan en 1985, et reconversion de son magasin consacré au luxe en 1986. Elle entra même en rétrogradant, dans la décennie de toutes les nostalgies à venir – du point de vue des enfants bombardés prescripteurs d’achats, avec Casimir à la rentrée 1980 et Lucky Luke à la Noël – mais dans le coude-à-coude avec ses concurrents de la rive droite, elle tenta peu après la synthèse, de l’Art Nouveau avec le franco-japonais, et du bleu canard avec l’astro-grec.

Le catalogue de la Galaxie des Jouets tentant la mise en abyme
(crédit : Time Not Forgotten II)
Ulysse 31 visite les vitrines de la Samaritaine fin 1982 – sous les habits de métal que Popy lui a cousu main, et sous ses traits dessinés le catalogue opportun, comme une bédé éparpillée parmi les jouets pour mieux guider – les vitrines et le catalogue faisant l’effet d’un récit commercial, où l’homme aux mille tours s’arrête sur la planète Tuutt des voitures miniatures, quand Nono s’étonne sur la planète Bip-Bip de découvrir Pac-Man prisonnier d’un « ordinateur de jeux vidéo couleur ». Les deux vont ensemble et avec une animation – dans les cinq Samaritaine, c’est-à-dire Rivoli mais aussi Les Quatre Temps, Les 3 Fontaines, Rosny 2 et Vélizy 2 – qui permet de rencontrer le héros comme le robot, ce qui vaut bien le cosplay précurseur de tous les cosplays, celui du Père Noël, et boucle la boucle commencée à la télé, pour créer cette sorte d’univers parallèle qui ressemble tant à l’enfance après coup.
La préparation des vitrines de la Samaritaine en 2023
(crédit : Le Parisien)
- Calendrier de l’Avent 2025 – jour 9 – Flop : Hugo dézingué - 9 décembre 2025
- Pili pili : petit piment pour petit jeu - 23 juillet 2025
- Wingman : hommage à Val Kilmer - 2 avril 2025





















