Libre Antenne : Skeleton Warriors par Jérôme alias Blondin

For the Legion of Light

Go! J’me lance…
Voilà donc ma 1ère contribution à notre webzine favori. Et une fois n’est pas coutume, je vais aborder une licence déjà bien connue des lecteurs, à savoir : Skeleton Warriors

Nicko nous a déjà partagé énormément d’informations sur ses découvertes et analyses dans les colonnes de FulguroPop, et cela pour mon plus grand plaisir. J’ai donc eu envie également de partager quelques éléments afin de modestement ajouter ma pierre à l’édifice.

Skeleton Warriors and me

Mes années d’école primaire sont importantes dans mon lien avec la pop culture (comme pour beaucoup d’entre nous). Les cours de récré sont des lieux où trafics de cartes et POG font rage. Tandis que les mercredis laissent place à 2 options : jouer avec mes actions figures favorites ou gaming entre copain. Mon 1er rdv avec les guerriers squelettiques se fait dans cette dernière catégorie, avec le jeu vidéo sur PS1, sorti en 1996. Le jeu tournera plusieurs après-midis, mais à l’époque je ne suis pas outre mesure marqué par la licence.

Ce n’est que bien plus tard dans les années 2000 que je vais en découvrir plus. Internet me permettra notamment de recoller les morceaux manquants à ma compréhension de cette licence : dessin animé qui n’est jamais sorti en France (mais que les Anglais et Italiens ont eu la chance d’avoir), gamme de jouets bien présente dans nos rayons français mais que je n’ai pas souvenir d’avoir croisée en magasin. Je me rattraperai sur ce dernier détail les années suivantes (merci eBay). Et enfin mon intérêt pour cette licence a également forcément repris avec les partages et articles de Nicko.

Dessine-moi un Skeleton…

Dans la pop culture ce qui m’a toujours plu, en plus des toys, ce sont les concepts art. J’ai toujours été impressionné par ces dessins de recherche, annonciateurs de beauté visuelle. Rappelons que l’objectif d’un concept est d’identifier le style d’un personnage, d’une scène et/ou de trouver le ton, l’ambiance d’un film, d’un jeux vidéo ou même d’un jouet. Mon 1er bouquin sur le sujet The Making of Episode I – The Phantom Menace m’a été offert en 1999 et m’a fait rêver pendant longtemps. Ça sera pour moi un livre marquant et le 1er d’une longue série sur cette thématique de conception artistique.

Cette curiosité pour ces artefacts va m’amener par découvrir et acquérir quelques pièces de notre production squelettique préférée, notamment quelques concept art. Les quelques dessins retenus pour cet article correspondent à la genèse des héros de cette licence… pas comme les autres.

Skeleton Warriors, mais d’abord Skeleton Hunters ?

Mes recherches m’ont amené à croiser des œuvres qui, de prime abord, auraient pu n’avoir aucun lien avec Skeleton Warriors. Mais au jeu des 7 différences je me débrouille. Sur ce 1er concept, l’artiste ici est inconnu (pas pour longtemps), annoncé comme une production de 1992 pour le compte de Landmark Entertainment Group. Forcément ce dernier point m’amène à m’attarder sur l’œuvre.

Quand on y regarde de plus près et en creusant un peu, il y des choses qui se rapprochent des Skeleton Warriors.

On y retrouve un trio de guerriers prêts à passer à l’action. Un personnage massif et cybernétique à gauche, un autre combattant armé au centre et une combattante également armée sur la droite.

C’est le personnage central et sa ressemblance avec le Prince Lightstar qui va forger ma conviction d’avoir en face de moi un concept attaché à la licence Skeleton. Le style de guerrier est différent, plus futuriste, moins Science Fantasy que ce que l’on retrouve dans Skeleton Warriors. En les voyant, je pense rapidement à la licence Captain Power et les soldats du futur (1987), ou même aux soldats de la résistance dans Terminator 2 (1991). Des liens que Nicko a déjà abordé dans ses publications. Ce concept art est attaché à Skeleton Warriors. Je ne peux pas encore l’assurer mais j’en suis convaincu.

Et cela je vais en être assuré grâce à 3 autres concepts que je vais acquérir :

 

 

Pour commencer, ce qui saute aux yeux c’est la présence d’un titre logo, provisoire, puisque que nous sommes en 1992 et que le dessin animé arrivera en 1994. Skeleton Warriors était donc dans un 1er temps titré Justin Steel & the Skeleton Hunters. Ce 1er titre était connu et trouvable sur le net, mais ce logo je ne l’avais jamais vu auparavant.

Ici plus aucun doute donc, Justin Steel est le Prince Lightstar dans la version finale et nous ne sommes plus sur de la simple ressemblance …
Notre 1er personnage a donc sûrement servi de base pour aboutir au Prince Lightstar. Notre personnage massif cybernétique quant à lui s’appelle Bigman. Et enfin notre dernier personnage quant à elle, se nomme Kelly, elle a sûrement inspirée la version définitive de la Princesse Jennifer Steele.

On a même le droit à une description du personnage :
Kelly « Spitfire » McCafferty est l’homologue féminine de Justin Steel : dure, cool et dévouée à la destruction de la Légion Squelettique. L’amélioration cybernétique de Spitfire lui donne une force accrue aux jambes pour plus de vitesse et d’agilité ; des attributs idéaux pour une experte en kick-boxing. Quand il s’agit de matériel, Spitfire se tourne vers son énorme canon à flammes pour chauffer les choses.

Vous avez sous les yeux des éléments de la genèse des Skeleton Warriors.

October Toys, dis-nous tout !

Pour le 20ème anniversaire des Skeleton Warriors une figurine du Baron Dark sortira en 2014 aux USA par October Toys (projet participatif). Mes réponses je vais les trouver dans le livret qui accompagne la figurine, et plus particulièrement dans l’article signé Roger Lay Jr. Directeur de Production, Goddard Film Group (aujourd’hui Legacy Entertainment).
Le passage de l’article qui nous intéresse dit ceci :

« Gary Goddard a couché sur papier son concept initial des Skeleton Warriors pour la première fois au début de l’année 1992, avec un synopsis intitulé « Justin Steele and the Skeleton Hunters ». Dans l’idée initiale, l’histoire se déroulait sur la planète Terre, en 2017, plutôt que dans le monde lointain de Luminaire – un concept que Goddard a concrétisé beaucoup plus tard dans le processus. »

« Ces premières incarnations des personnages des Skeleton Warriors faisaient partie d’un programme gouvernemental top secret et hautement expérimental conçu pour mettre fin à la menace posée par un Baron corrompu et son armée de guerriers morts-vivants. Justin Steele (personnage qui finira par évoluer en Prince Lightstar) devait diriger une équipe de Cyber-Warriors composée de Bigman (Guardian), Rebel (Grimskull) et Spitfire (Talyn). Ces quatre héros ont été les premiers volontaires à recevoir des implants cybernétiques biologiquement améliorés conçus pour augmenter leurs talents naturels. Réalisant que le concept de ce groupe de héros était trop étroitement lié à son idée Captain Power et les soldats du futur, Goddard a décidé de réduire le concept de science-fiction et d’y ajouter plus de fantaisie et de mythe. »

Tout est dit, ce livret m’a permis de recoller les morceaux d’archives, le lien entre les concepts et les descriptions correspondent en tout point.

Un mystère reste à découvrir, qui a conceptualisé ces 1ers personnages ?

Cocorico Skeleton Hunters

La surprise va être pour moi l’identification de l’auteur de ses dessins et … il est français. Ces œuvres sont celles de Stephan Martiniere.

Stephan est un concepteur visuel et un illustrateur de science-fiction et de fantasy. Il a participé aux concepts des films Le Cinquième Élément, Star Wars Episode II / Episode III, et beaucoup d’autres. Sans parler des jeux vidéo et séries TV.

Je vous invite à découvrir son travail sur son site : www.martiniere.com

Stephan a donc travaillé sur le projet Justin Steel & the Skeleton Hunters, il fait partie de ces 1ers artistes ayant, sûrement, conçu les 1ers visuels des personnages de l’histoire que Garry Goddard a imaginé. Ici donc les good guys !

J’ai eu l’occasion d’échanger quelques mails avec Stephan, il m’a confirmé travailler pour Landmark à l’époque (1992). Sur le processus de création et l’expression de besoin, il m’a partagé : « C’est loin, je ne suis plus sûr de me souvenir, mais à l’époque il est possible que j’ai eu un script ou pas… en général c’est le cas, mais il est possible aussi que Garry m’ait simplement donné des informations verbales au détour d’une conversation ».

Sa contribution a été de courte durée sur le sujet et ses souvenirs sont lointains (cela fait déjà plus de 30 ans). Mais il est évident que le travail de Stephan sur cette 1 ère version a influencé l’œuvre finale. Nous avons désormais une vision de ce qu’auraient pu être les héros de cette épopée squelettique et qu’un « frenchie » y a participé.

Cela permet d’ajouter un nouveau nom à la liste des artistes ayant contribué à l’œuvre.

En conclusion

J’espère que cette production vous aura plu. Merci d’avoir pris le temps de me lire.

Merci au duo Lanace et Ryuzo pour m’avoir invité à écrire au détour d’une discussion en after. Et je ne peux pas finir sans dédicacer cette réalisation à un autre duo : Nicko et Jouck.

C’était Jérôme alias Blondin qui rend l’antenne, à vous les studios…

12 comments

KissFan says:

Merci beaucoup Blondin88 de partager cette découverte. J’aime beaucoup cette licence, et autant j’avais déjà pris connaissance du contenu du livret inclus avec la figurine du Baron Dark de 2014, autant les visuels que tu publies aujourd’hui sont une découverte pour moi. Sur l’appellation « Skeleton Hunters », elle avait été utilisée dans l’article du numéro n°18 du magazine ACTION FIGURE NEWS & TOY REVIEW. Je l’ai reproduit dans le 10ème onglet du topic Skeleton Warriors d’Eternia Antique. Et ce sera un plaisir de partager le contenu de cet participation à FulguroPop sur ce même forum!

Blondin88 says:

Merci Pascal pour ton commentaire. Nicko m’avait partagé le forum et depuis j’ai eu plaisir à parcourir ta rubrique « Skeleton Warriors » dans « Les licences connexes » d’Eternia Antique. Je ne suis pas inscrit sur le forum mais je serai honoré de ce partage d’article.

Ryuzo says:

Pour une première tu t’en sors à merveille Jérôme, tu nous as sorti un super dossier. Mes compliments l’ami.

Blondin88 says:

Merci pour ton retour mon Geronimo 🙏
Et pour cette discussion incitative en after 😉

Blondin88 says:

Merci pour ton retour mon Geronimo 🙏
Et pour cette discussion incitative en after 😉

Lanace says:

Mais ouiiii c’est çaaa, il s’est lancé mon Blondin, Bsartek 👍
Superbe article contenant une mine d’informations comme on les aime par chez nous.
Félicitations frérot et vivement la prochaine production écrite.
Si Ulysse veut écrire deux, trois gribouilles, qu’il n’hésite pas 😉

Blondin88 says:

Mais ouiiii mon Lanace, merci à toi l’ami, voilà où ça nous mène ces discussions after 😉
Je ne manquerai pas de dire à Ulysse que son fulguropote Abdel lui propose de faire des dessins à publier sur le site 😛

Batmaxxx says:

Carré de la tour comme articles Clark bravo !! De bien belles trouvailles, longtemps obscure vous exhumez les vestiges et reliques de cette gammes tel des aventuriers de l’arche perdu du toys, vous faites rentrer la lumière dans la crypte..:)

Batmaxxx says:

Je voulais évidemment dire carré de la touf et pas de la tour.. Ce qui ne veut rien dire dans les deux cas mais j’y tiens 🙂

Blondin says:

Merci mon Batou pour ton retour 😉
Je pense que carré de la touf(fe) a bien une signification… 😀

Nicko says:

Merci Blondin de partager cette production dans notre webzine <3

J'ai eu l'occasion de la lire deux fois avant qu'elle soit publiée et nous avons discuté à plusieurs reprises des prémices de l'œuvre Skeleton Warriors. Ton travail d'investigation est remarquable, tu as su remonter les pistes jusqu'à un designer français qui a partiellement contribué au façonnage de nos guerriers squelettiques. Ce n'est pas rien car cela confère une originalité supplémentaire à la licence Skeleton Warriors. On sait maintenant qu'elle porte quelque chose de français.

D'autre part, je souhaite également te remercier pour la dédicace. D'abord parce que tu m'associes à Jouck. Bien plus qu'un ami, c'est quelqu'un qui a contribué notablement à faire vivre nos déclinaisons plastique d'enfance. Surdoué, il a su mettre à jour des variantes, des particularités propres à des gammes de jouets comme S.O.S Fantômes ou Tortues Ninja. J'ai eu la chance de collaborer avec Jouck sur le projet de La Gazette du Jouet Vintage. Encore aujourd'hui, nous pouvons "parler jouets'' de manière ininterrompue, insatiablement, même s'il se considère comme "retraité''.

Ensuite je martèle depuis des années que l'on fait toujours quelque chose à partir d'autre(s) chose(s). En ce sens, ton travail, la manière dont tu penses le jouet vintage en cherchant des points d'ancrage dans les zones conceptuelles fait partie de mon A.D.N. profond. J'ai essayé pendant des années, modestement, de production en production, de proposer une vision de nos déclinaisons plastique d'enfance qui soit novatrice, rafraichissante, en focalisant le regard dans les coulisses créatives de ces trésors du passé.

Cette approche a nourri bien des vocations et mes modestes écrits ont été utilisés à de nombreuses reprises. J'aime servir le bien commun mais cela ne dispense pas d'être sensible à une honnêteté intellectuelle, celle qui consiste à citer ses pères et/ou à honorer ceux qui ont donné une partie de leur existence à un domaine.

Bien entendu, loin de moi l'idée de vouloir m'approprier quoique ce soit ou de laisser transparaitre le moindre ego/narcissisme, certainement pas. Je suis tout simplement très heureux aujourd'hui d'observer que la main que j'ai tendue pendant des années a été attrapée au vol par une nouvelle personne. Ce que tu as produit Blondin est la digne continuité d'un patrimoine collectif auquel j'ai modestement participé. Crois-moi bien, tu n'as rien à envier aux anciens. Bravo à toi, tu es brillant, et merci encore pour le partage de ces concept arts <3

Blondin says:

Merci à toi Nicko pour ton message, ça fait vraiment plaisir 😉
Il y a toujours des influences et des inspirations, c’est important et c’est ce qui amène à se mettre en mouvement. Naturellement je m’oriente vers ce qui me plait le plus, en ça les articles de La Gazette du jouet Vintage et de Fulguropop sont mes inspirations. Et après, c’est le fond qui fait le reste : la recherche, l’investigation et le style propre.
Je suis très honoré de ton retour l’ami et suis complétement en phase avec la vision que tu partages. Et continue à nous faire kiffer avec tes articles.
Vive la communauté fulguropop et sa rédac.

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