Le Seigneur des anneaux : la Guerre des Rohirrim – critique et mise en perspective

La Guerre des Rohirrim vient de sortir au cinéma et en tant que fan du Seigneur des anneaux, j’avais hâte de découvrir ce film d’animation inspirée par les histoires de JRR Tolkien. Pour retrouver la trace du récit, il faut se reporter à l’histoire de la maison d’Eorl racontée par Tolkien dans les appendices au Seigneur des anneaux.

Le film porte donc à l’écran une page héroïque du glorieux passé des rois du Rohan.

Je note que la VF du film conserve, probablement par souci de cohérence avec les films de Peter Jackson, la traduction de Francis Ledoux, enfin plutôt de Tina Jolas pour les appendices. Si vous voulez en savoir plus sur les traductions de Tolkien en français, je vous invite à lire cet article.

L’histoire du Rohan

Les Rohirrim sont un peuple relativement jeune dans l’histoire de la Terre du milieu. Comme pour chacune des factions créées par Tolkien pour peupler Arda, celle-ci est une synthèse de plusieurs peuplades de l’histoire européenne. Les Rohirrim sont une sorte de peuple germanique/scandinave de cavaliers. Cette caractéristique les distingue nettement des peuplades réelles dont Tolkien a pu s’inspirer. Pour insister sur caractère composite des Rohirrim, je note que Tolkien a d’ailleurs puisé dans le vocabulaire anglo-saxon une partie des noms propres comme Eowyn, Eomer, Eomund… Tous ces noms ont pour racine eo, qui veut dire cheval en anglo-saxon. De même, l’ethnonyme eotheod signifie peuple-cheval.

C’est au 13è siècle du 3è âge de la Terre du milieu que les Rohirrim sont cités comme alliés du Gondor. Ce peuple originaire de Rhovanion (la région de Mirkwood, la Forêt noire désormais appelée Grand’Peur dans la nouvelle traduction). Treize siècles plus tard (vers 2500 donc), en récompense pour son aide dans une bataille contre Rhûn et les orcs du Mordor, le roi Eorl reçoit en fief la province de Calenardhon, où il fonde le royaume du Rohan. La lignée d’Eorl règne pendant 249 ans avant de passer à une nouvelle lignée collatérale, c’est justement ce changement dynastique qui fournit le contexte du film.

De lignée d’Eorl le Jeune à celle de Frealaf Hildeson

Le film s’appuie donc sur un événement « historique »: la tentative de coup d’Etat de Freca contre le roi légitime Helm Poing de marteau (Main marteau dans la nouvelle traduction). C’est cette histoire qui donne lieu à la première bataille de Fort-le-cor (Hornburg, Ferté-au-Cor chez Lauzon) qui prendra le nom du Gouffre (Gorge chez Lauzon) de Helm (Helm’s Deep).

Les Rohirrim affrontent les hommes du Pays de Dun, un classique qui sera rejoué au moment de la Guerre de l’Anneau. La trahison d’une partie des leurs conduit le roi Helm à se replier a Fort-le-Cor. Le siège dure un an et sera levé grâce à l’armée de Dunharrow conduite par Frealaf Hidelson, le neveu du roi désormais défunt. Sa lignée éteinte, la couronne passe donc à Frealaf dont les fils règneront jusque Theoden et Eomer.

War of the Rohirrim : une bonne idée de film

Le film est raconté par Eowyn (l’actrice Miranda Otto reprend le rôle en V.O.) qui narre les événements qui se sont déroulés 183 avant avant la Guerre de l’Anneau. La tradition orale reprise par Eowyn met en avant un personnage absent de l’histoire officielle du Rohan. Une prédécesseure d’Eowyn, Héra (notez l’accent présent en anglais pour faire le lien avec le contexte anglo-saxon), digne représentante des Vierges guerrières, les Shieldmaiden de la tradition viking (skjaldmö en vieux norrois).

Ce personnage est purement apocryphe, mais ce n’est pas le seul élément que les auteurs ont utilisé pour allonger la sauce. Les Suderons et les mumakils ne sont pas évoqués par Tolkien par exemple. L’existence d’un Guetteur dans les bois du Rohan est aussi une nouveauté de cette histoire…

J’ai été totalement convaincu par le projet du film : le choix d’Héra (plus crédible que Tauriel dans les films du Hobbit) comme personnage ad hoc, l’intérêt d’un format animé pour traduire cette légende, l’épisode choisi, tout le semble bien pensé.

J’ai cependant été plutôt déçu par la réalisation, les décors sont pourtant superbes, je n’en dirai pas tant des personnages et de l’animation. Cela m’a souvent empêché de prendre tout le plaisir que j’attendais du visionnage de ce film. Pour le coup, certains passages m’ont paru longuets. Un peu plus de sobriété aurait probablement aidé de ce point de vue.

 

 

 

Blaster
A suivre

2 comments

Olivier says:

j’avais dans l’idée d’en faire une critique rapide, je n’en ferais donc pas. Je suis complètement d’accord avec l’animation que j’ai trouvée assez décevante. Quelques passages sont longuets aussi. Mais j’ai apprécié le film pour sa proposition globale, son souffle assez épique tout de même. Je me suis complètement retrouvé dans la terre du milieu de Peter Jackson. La très bonne bande son m’y a aussi grandement aidé. Un bon moment pour moi un cohérence générale intéressante avec les films, moins avec les livres.

KissFan says:

Visionné cet après-midi au ciné. J’ai passé un très bon moment. Effectivement, l’animation manque de fluidité, et quelques chorégraphies caractéristiques de la japanim m’ont paru exagéré, mais le character design des personnages est séduisant, les décors très immersifs, la bande son très belle … Le récit, bien que convenu (pas vraiment de surprise au visionnage à la classique interrogation « qui vivra, qui mourra? »), fonctionne. J’ai particulièrement apprécié la faune fantastique: Elle n’apparaît pas très nombreuse dans ses représentants, mais les rapaces géants et le « guetteur » sont particulièrement impressionnants. Pas un chef d’œuvre, mais un bon film d’animation qui prend toute son ampleur sur grand écran.

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