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En tant que fan de Star Wars et amateur de stratégie, j’ai longtemps été exaspéré par la faiblesse relative de la flotte impériale. Certes les deux types de vaisseaux majeurs (Imperial Star Destroyer et Super Star Destroyer) semblent incroyablement puissants et démontrent régulièrement dans les films, leur supériorité, mais il m’a toujours semblé improbable qu’une flotte ne puisse être composée que de vaisseaux de cette taille. Pour des raisons de coût et pour des raisons pratiques également. La conception de ces deux croiseurs limite drastiquement leur capacités offensives avec notamment des batteries assez mal positionnées sur les côtés de la dunette (chateau ou gaillard arrière) et un armement quasiment intégralement dédié à la lutte anti-vaisseaux au détriments des défenses anti-chasseurs alors qu’on sait que la Rébellion dispose d’un atout majeur de ce point de vue.

La flotte impériale dans la trilogie originale

Mettons avant toute chose de côté les deux aberrations que sont, pour la Flotte impériale, l’Etoile noire et l’Etoile de la mort. Je vais ici me concentrer sur les seuls vaisseaux de ligne présentés dans les films originaux : La Guerre des étoiles, L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi.

Certes, il existe bien des anomalies visuelles qui ont permis d’imaginer la présence d’autres types de vaisseaux à la bataille d’Endor, mais on reste sur des vaisseaux de très grande taille. En fait le plus petit des vaisseaux impériaux, c’est le croiseur interstellaire classique (ISD-1 dans La Guerre des étoiles et ISD 2 dans les deux autres films).

 

La Guerre des étoiles

 

Dans La Guerre des étoiles, on aperçoit deux de ces vaisseaux ISD de première génération, le Devastator qui sert de vaisseau amiral à Dark Vador et le Conquest.

 

Ils participent tous les deux au blocus de Tatooine quand le Faucon Millenium s’envole.

L’Empire contre-attaque

A partir de L’Empire contre attaque, on voit surtout des Class-II Imperial Star Destroyers. Certains sont des modèles récents d’autres d’anciens ISD-I mis à jour. Tous appartiennent dans le film à l’Escadron de la mort (Death Squadron) que Palpatine à confié à Vador pour traquer les rebelles. Le vaisseau amiral de Vador n’est plus le Devastator, qui passe sous le contrôle de l’Amiral Monferrat tout en restant dans le Death Squadron, mais le Super Star Destroyer Executor.

 

L’Executor est entouré d’un grand nombre de Star Destroyers. Certes, on n’en voit guère plus de cinq sur une même image, mais l’enchainement des plans et des angles de caméra laisse penser qu’ils sont plus nombreux que ça.

 

Parmi les vaisseaux identifiés dans le film ou les sources secondaires du canon Star Wars, on trouve le Devastator, le Conquest, le Tyrant, le Vengeur (Avenger en V.O.), l’Ultimatum et le Stalker. Il faut cependant chercher dans des romans (Battlefront: Twilight Company) et des comics (War of the Bounty Hunters) la mention de vaisseaux de soutien pour cette puissante armada. J’y reviendrai dans quelques paragraphes.

Parmi les vaisseaux clairement identifiés dans le canon (récent ou classique) on trouve bien entendu le croiseur Vengeur commandé par le Capitaine Needa. C’est à la coque de ce vaisseau que le Faucon Millenium s’arrime secrètement.

 

L’autre vaisseau clairement identifié est commandé par le Capitaine Lennox. Il s’agit du Tyrant, l’ISD qui se prend une décharge ionique au cours du blocus de Hoth en essayant d’intercepter un transport rebelle Gallofree GR-75.

Enfin, l’Ultimatum est le Destroyer dont la tour de commandement est heurtée par un astéroïde pendant la poursuite du Millenium Falcon après la bataille de Hoth.

Son commandant, le capitaine Canonhaus (notez que cet officier remplaçait la Commodore (et future Grand Amiral) Rae Sloane, périt dans l’explosion de la tour comme en témoigne la communication holographique vue dans le film.

 

Le Retour du Jedi

Dans Le Retour du Jedi, les choses s’animent un peu et la bataille d’Endor se distingue par l’ampleur de la flotte impériale mobilisée.

 

Elle se compose essentiellement de Star Destroyer de classe 2 autour de l’Executor, mais on remarque quelques vaisseaux étranges dont on apprend par d’autres biais qu’il s’agit de nouveaux types de Star Destroyers, plus grand en général que les ISD classiques.

Le plus évident est le Tector-Class Star Destroyer dont la coque n’est pas percée de hangars et qui semble destiné à des missions de bombardement orbital qui rendent nécessaire un blindage supplémentaire de la coque.

 

 

Plus subtil, le Pride of Tarlandia est supposé être un vaisseau de communication reconnaissable à sa tour dont le sommet porte plusieurs passerelles de commandement.

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur ces deux appareils, je vous invite à relire cet article.

L’univers étendu à la rescousse

L’imagination des auteurs des premies jeux de rôle Star Wars (chez West-End Games à partir de 1987) permet de diversifier les modèles de vaisseaux de la flotte impériale. De ce point de vue, le Guide de l’Empire (Imperial Sourcebook, 1990) fournit un très grand nombre ed vaisseaux qui seront réutilisés par les auteurs de comics et de romans Star Wars tout au long des années 1990-2000 : Croiseur Carrack, Cuirassé Dreanought, transports de chasseurs…

Dans la continuité de l’univers étendu, les sources canon à la sauce Disney (Rebels principalement, mais aussi les jeux vidéo sortis depuis 2014) ont considérablement enrichi l’ordre de la flotte impériale à coups de croiseur Interdictor, de croiseurs légers Arquitens, de croiseurs d’assaut Gozanti, de porte-chasseurs Quasar Fire (introduits relativement tôt dans l’UE via le roman Trêve à Bakura)  ou de corvette de classe Raider (une création Fantasy Flight Games pour le jeu de miniatures X-Wing reprise dans Battlefront II).

 

Parmi tous ces vaisseaux présentés dans Star Wars Rebels, un modèle s’est fait particulièrement discret malgré son importance dans l’Univers étendu précédemment. Il s’agit du Croiseur lourd de classe Dreadnaught (Cuirassé en VF). Il joue en effet un rôle essentiel dans la première trilogie de Thrawn. Son apparition dans le canon reste timide. Il est désigné dans le guide de l’épisode de Rebels (Le Dernier espoir, S04E14) où on l’aperçoit comme un « vaisseau de soutien impérial » (Imperial Support Vessel), mais c’est bien un Dreadnought.

 

 

Malgré une apparition fugitive et imprécise, le concept art est clairement un hommage au Drednought de West End Games comme en témoigne la légende de l’image sur StarWars.com.

 

L’occasion manquée de Rogue One

Même dans Rogue One, ce problème n’a pas été résolu. En dehors de quelques nouvelles navettes, on n’y voit que des Imperial 1-Class Star Destroyers que ce soit autour de l’Etoile noire ou au-dessus de Jedha.

L’Alliance affronte sur Scarif trois Star Destroyers dont le Devastator vu dans la scène d’ouverture de La Guerre des étoiles.

La solution Filoni/Disney+

C’est finalement dans les séries Disney+ qu’on trouve la variété dont la flotte impériale avait tant besoin. Dans The Mandalorian et dans Andor sont apparus des vaisseaux de taille intermédiaire, voire de petite taille qui donnent à voir une flotte plus réaliste avec des forces de soutien (transports), des unités anti-chasseurs ou des patrouilleurs de taille modeste.

La seule véritable flotte que l’on découvre ainsi date de mars 2017 avec la diffusion d’Assiégés, l’avant-dernier épisode de la saison 3 de Star Wars Rebels. la 7ème flotte impériale commandée par Thrawn y mène le blocus d’Atollon avec une variété inédite de vaisseaux impériaux. Outre six ISD (dont le Chimaera et le Dark Omen), on a pu voir deux croiseurs légers Arquitens et deux croiseurs Interdictor.

C’est probablement l’impact de Dave Filoni qu’on mesure ici. A la façon dont il avait procédé dans Star Wars Rebels et dans The Clone Wars, il dote l’Empire de vaisseaux . C’est avant toutes choses probablement dû à la chronologie retenue pour ses séries et en particulier The Mandalorian. Cinq après Le Retour du Jedi, cela place l’action 4 ans après la Bataille de Jakku qui aura vu la quasi totalité de la flotte impériale désintégrée.

 

On voit donc revenir les Gozanti dans The Mandalorian.

Le croiseur léger de Moff Gideon n’est pas, en dépit des apparences, un croiseur Arquitens. Il s’en distingue nettement comme je l’ai expliqué précédemment. Tout cela reste assez classique et repose donc sur les vaisseaux originaux du canon via The Clone Wars (Arquitens et Gozanti) ou issus de l’univers étendu puis canonisés dans Rebels ( comme le croiseur Interdictor).

C’est donc avec Andor que la variété de la flotte impériale a pris un nouvel élan en introduisant le Cantwell-Class Arrestor cruiser.

 

Son design est tout droit tiré des esquisses de pré-production pour La Guerre des étoiles.

Il avait déjà fait une apparition en arrière-plan dans Solo: A Star Wars Story sous forme d’hologramme dans l’astroport de Corellia. le projet semble avoir été de lui donner un temps d’écran plus important, mais le reshooting puis le montage du film en ont décidé autrement en rognant les scènes de la carrière militaire de Han Solo.

 

Bref, Disney met depuis 2014 tout en oeuvre pour corriger ce gros défaut des batailles spatiales dans Star Wars. Bien entendu rien n’est parfait – les chasseurs impériaux continuent de poser un certain nombre de problèmes), mais je dois avouer que le résultat est bien plus crédible que les flottes créées par et pour George Lucas pendant des décennies. Quand même, cela aurait été possible d’ajouter des vaisseaux dans la flotte impériale via les multiples éditions spéciales que le grand George a supervisé, non ?

 

Blaster
A suivre

2 réponses à “A Première Vue : les vaisseaux impériaux de Star Wars”

  1. Avatar de Gus
    Gus

    Passionnant ton article.
    Je me souviens que les jeux PC regorgent aussi de détails.
    Empire at War, Galactic Battlefront, XWing Alliance …

    1. Avatar de Blaster

      Merci Gus !

      Eh oui, Empire at War et Star Wars Rebellion ont beaucoup utilisé aussi les supports des jeux de rôle.

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