A première vue : Predator, de la bagarre pour politicards

 

Nous sommes en 1987. Le réalisateur John McTiernan lâche une véritable bombe dans le registre du cinéma d’action avec un film sobrement nommé Predator. Tout est dit en un mot : une racine étymologique qui renvoie à la prédation ainsi qu’un suffixe qui rappelle subtilement le Terminator de 1984.

Le ton est donné avec un mélange de chasse, de futur et une bonne dose de gros bras. Une recette qui a fait les beaux jours de la décennie 80 avec à la clef des acteurs devenus iconiques. Parmi ceux-ci, Arnold Schwarzenegger a trouvé une place de choix en tant qu’ambassadeur des forces de la nature quasi indestructibles.

Dans le premier opus de la saga Predator, il campe le rôle du Major Dutch, le leader par excellence qui se trouve à la tête d’une bande de combattants d’élite. J’avais déjà abordé la scène de l’hélicoptère tant elle a marqué les esprits. Une séquence qui permet d’introduire les différents membres de l’escouade dirigée par le Major Dutch.

Parallèlement à son statut d’acteur, Arnold Schwarzenegger a embrassé une carrière politique en devenant gouverneur de la Californie dès 2003. Oui, aux-Etats-Unis tout est possible : de bodybuildeur à acteur en passant par producteur/réalisateur jusqu’à gouverneur, il n’y a qu’un pas, ou plutôt qu’une gueule de porte-bonheur.

 

 

Un autre acteur du film Predator a également connu une séquence professionnelle en politique, il d’agit de Jesse Ventura qui campait le rôle de Blain, le grand gaillard au chapeau, à la gouaille savoureuse et au Minigun portatif. En effet, Jesse Ventura deviendra gouverneur du Minnesota en 1999 après avoir été élu maire en 1991 de Brooklyn Park.

Là encore, le parcours de cet ancien militaire est atypique : de catcheur à animateur en passant par acteur jusqu’à gouverneur, il n’y a qu’un pas, ou plutôt qu’une mastication de chique.

 

 

Mais c’est sans compter un troisième comédien du premier opus de la saga Predator qui a lui aussi approché le domaine de la politique : il s’agit de Sonny Landham, lequel campait le rôle de Billy, l’amérindien pisteur doté de compétences extrasensorielles. Cet acteur au caractère bien trempé a mené campagne en 2003 pour devenir gouverneur du Kentucky.

Sonny Landham ne sera pas élu et proposera l’année d’après sa candidature dans le Sénat du même Etat. De cascadeur à acteur en passant par gouverneur jusqu’à sénateur, il n’y a qu’un pas, ou plutôt qu’un lancer de couteau.

 

 

Vous l’aurez compris à travers ce petit billet, le film Predator fait partie de mes classiques. Je le hisse au statut d’opus iconique selon une sensibilité personnelle. L’escouade du Major Dutch est un véritable concentré de caricatures plus jouissives les unes que les autres. J’aurais rêvé de partager le voyage en hélicoptère entouré de tels énergumènes. Le pire, c’est que j’y aurais probablement trouvé ma place.

J’espère que cette petite parenthèse cinématographique sous le prisme de l’anecdote fut divertissante. Rendez-vous mardi prochain dans votre rubrique A première vue afin d’évoquer à nouveau les œuvres du grand ainsi que du petit écran. Merci à toutes et tous pour vos lectures. Cette production est spécialement dédiée à Luc « Billy » Francini et Sofia.

11 comments

Super article Nicko qui complète bien un que j’avais fait il y a quelque temps déjà.

Nicko says:

Merci Ju ! 🙂

Je m’en souviens parfaitement. J’ai évité de faire doublon, mon angle d’approche incluant une référence supplémentaire.

mindmaster says:

Effectivement, nous connaissons tous le parcours de Schwarzy et celui de Jesse Ventura a déjà été abordé dans ces colonnes (brillamment, bien sûr), mais c’est la première fois que j’entends dire qu’un des autres acteurs s’était également lancé en politique, même si c’est avec moins de succès. Merci donc Nicko pour avoir, une fois de plus, apporté une pierre supplémentaire à notre culture.
Cela confirme encore également à quel point il y a plus de porosité en Amérique entre les différents milieux : affaires, spectacle, politique, des gens peuvent toucher aux trois, passer de l’un à l’autre (et éventuellement y revenir) et même réussir dans ces différents domaines sans que personne n’y voit d’incongruité (on pense évidemment également à Ronald Reagan ou Donald Trump). C’est en France que nous aimons mettre les gens dans des cases précises, et surtout qu’ils y restent. Rien que quand un chanteur veut faire acteur, ou vice-versa, ça fait un tas d’histoires et on met du temps à le considérer comme légitime, alors même qu’il peut avoir du talent dans les deux domaines. Alors s’essayer en politique… non, les Français préfère continuer à râler sur le fait que les politiciens sont tous issus d’une même élite déconnectée de la « vraie vie » et des préoccupations réelles du peuple, tout en continuant également à toujours voter pour les mêmes têtes simplement parce qu’elles sont connues et issues du sérail. Va comprendre, Charles.
Et puis, quand on rêve un peu, ça aurait quand même eu de la gueule si Bébel était devenu député ou Président dans les années 80, non ? Vous imaginez les conseils des ministres ou les débats à l’Assemblée ? « Paf, toc, badaboum, c’est ma loi que v’là. Et au lieu du 49-3, je balance un coup de boule à l’opposition ». De manière plus actuelle (et moins délirante), on pourrait se demander ce que ça donnerait si Yannick Noah ou Omar Sy, par exemple, rentraient en politique. Malheureusement, certainement pas grand chose, comme l’a montré le cas de Nicolas Hulot. Ils se feraient certainement écraser par le système. Dommage tout de même.

Nicko says:

Merci Mindmaster pour ton intervention une nouvelle fois très appréciée 🙂

Effectivement, et je te rejoins, il y a une différence culturelle je dirais dans la manière dont les artistes peuvent évoluer en France et aux Etats-Unis. Je pense que le pays de l’Oncle Sam est davantage propice au fait de s’auto-réaliser. Je l’ai constaté plusieurs fois ne serait-ce que dans le domaine musical. Tout est faisable aux Etats-Unis, les barrières psychiques n’existent quasiment pas. Le fameux « Do it ! » est une invitation enthousiaste à se réaliser. En France, toujours dans le domaine de la musique, il y a parfois – et même souvent – une certaine frilosité, une crainte du « qu’en dira t-on ? ». Même ce qui est possible via le « open mind » est parasité par un logiciel sclérosant. C’est dommage.

Par ailleurs, j’ai adoré ta mise en situation fictive de Bebel à l’Assemblée ! J’ai parfaitement visualisé la scène dans ma tête. Il est évident que l’on sortirait du cadre parfois soporifique de ce lieu d’échange. Je pense parallèlement que la plupart de nos « stars » françaises font déjà, pour la plupart, de la Politique. Elles sont affiliées – ostensiblement ou implicitement – à des partis et certaines soutiennent publiquement des candidats. Mais effectivement, ces artistes ne sont pas des acteurs, sans mauvais jeu de mots, de premier plan.

Merci Mindmaster pour tes interventions stimulantes, amusantes et propices à l’échange 🙂

Hachiman says:

Merci Nicko pour ce superbe article. Un peu comme tout le monde, je n’avais que 2 anecdotes sur 3. Predator reste mon film de chevet, que je prends le temps de visionner régulièrement.

A l’époque, je lui trouvais un aspect « révolutionnaire ». Certains n’y voyait qu’un Rambo II bis avec une touche d’ « Aliens » dedans. Moi, j’étais subjugué par ce film mélangeant des genres. Ça commence doucement par de la guérilla dans la jungle, avec de l’action, puis ça vire au suspense avec cette traque contre on ne sait qui, on ne sait quoi. Puis, arrive la science-fiction avec cet étranger, avec sa gueule et l’horreur, avec cette violence brute. L’affrontement final, lui, est clairement selon moins inspiré du péplum, on y voit 2 gladiateurs s’empoigner, ça pue la sueur, la testostérone… La bise !

Nicko says:

Merci à toi mon Rocco pour ton intervention ! <3

Le premier opus de la saga Predator fait également partie de mes films de chevet, au même titre que l'Alien de 1979. Et je te rejoins tellement sur l'aspect graduel, évolutif du scénario. Le film débute avec quelque chose d'ultra conventionnel qui, au fil des scènes, devient surnaturel. C'est rondement mené et le résultat est encore aujourd'hui remarquable. Puis que dire des performances des acteurs ?! Les dialogues sont savoureux, les personnages pleins de relief, on ne s'ennuie pas un seul instant. Un véritable chef-d'œuvre !

Lanace says:

Pas revu le bousin depuis des lustres. A force de parler de cette fameuse scène de l’hélicoptère, tu me donnes envie de m’y replonger.
Ce film, c’est les années VHS, les boutiques de location, les films enregistrés sur la 5 qu’on se refilait tous !
Je ne savais pas pour les comédiens ayant fini en politique, excepté Schwarzy. Très intéressant, merci Nicko.
Encore quelques yaourts et t’auras ta place dans l’hélico dans le remake français avec Sarkozy et Nadine Morano (ben quoi ? vous voulez des acteurs politiciens et pas l’inverse ?)

Nicko says:

Merci mon Abdel pour ton message et ta lecture ! <3

Cette scène de l'hélicoptère est fantastique. Elle renvoie une certaine idée de la fraternité, de la cohésion, de l'addition de compétences multiples. Elle est caricaturale à souhait jusqu'à presque en devenir un petit plaisir coupable. J'aime viscéralement nos films d'action des années 80, bourrés de testostérone. Ils symbolisent notre enfance, une certaine insouciance, un temps de divertissement où les difficultés de la vie pouvaient être momentanément mises de côté. Ce n'était pas rien.

jp says:

Toujours le mot pour rire et la phrase qui tue.

jp says:

J’aurais du talent comme les personnes qui ont réalisé « Bad Toys 2 », je t’aurais mis dans l’hélico avec des MOTU en guise d’acteurs et Parker en Predator qui enterre les MOTU dans le jardin. Et la scène de fin, Parker, avec Mumm-Ra dans la gueule, prêt à s’enfuir.
Sacrées anecdotes sur ces acteurs, et à Part Schwarzy, je ne savais pas pour les 2 autres.
Mon fils a été très content ce Noël d’avoir sa figurine Predator Hot toys (d’occasion, car pas donnée), mais pour les fans, faites très attention car le javelot/harpon/lance (au choix) est très fragile et le simili cuir s’effrite sur beaucoup de modèles.

Nicko says:

MDR jp ! Quelle imagination !

Les poupées articulées Hot Toys sont fragiles, c’est un fait. Certaines vieillissent mieux que d’autres. Je fais très attention à celles que je possède, notamment pour la licence Alien, lorsque je les manipule. Certaines parties en latex ou en tissu semblent effectivement devenir très friables avec le temps.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *