Après un départ sur les chapeaux de roues, la série culte Star Wars, Andor revient sur Disney+.
L’histoire a donc repris en 4BBY avec un reprise de contact avec Andor et les principaux personnages de la saison 1 : Mon Mothma, Luthen Rael, Dedra Meero… Comme l’a conçu Tony Gilroy, la série fait désormais un bond temporel. Tous les trois épisodes, chaque semaine donc, on va donc passer une année pour nous rapprocher du début du film Rogue One.
Les trois épisodes de la semaine de la semaine se déroulent donc en 3BBY. Ils’intitulent : Connaissez-vous Ghorman ? (S02E04), J’ai des amis un peu partout (S02E05) et Cette soirée devient festive (S02E06).
Au cours de cette année, l’Empire a préparé son plan pour Ghorman. Le temps accordé à cette phase semble réaliste, même si cela fait déjà un an que les premiers éléments militaires ont été déployés sur la planète. La semaine dernière, Partagaz a, en effet, appris qu’un dépôt de munitions était en construction. C’est l’enjeu des protestations ghorman comme on le verra plus tard dans la série.
Côté rebelles, Bix Caleen est toujours en proie à ses cauchemars hantés par le Dr Gorst. Il est intéressant de voir comment son état d’esprit a évolué. Dans ses rêves, elle n’est plus simplement victime du tortionnaire qu’elle a connu sur Ferrix. La dureté de Cassian, dévoué à la cause autant qu’à sa propre survie, semble avoir fait basculer Bix dans un monde de violence qu’elle a parfois du mal à justifier. Le Gorst de ses cauchemars lui évoque les consignes de Cassian quand il s’agit de faire disparaître un témoin gênant. Cette vie de cavale et de dissimulation a un coût psychologique auquel tous ne sont pas préparés.
Ghorman, version 1942
La planète est située sur la route commerciale de Rimma, un axe hyperspatiale qui traverse une partie de la galaxie depuis le noyau vers la Bordure extérieure.
L’identité musicale et l’urbanisme de Ghorman ont des teintes françaises. La capitale Palmo ressemble beaucoup à une forteresse Vauban avec ses murailles en étoile.

Mais c’est le côté années 40 qui frappe. Certes pas dans la vue générale exposée ci-dessus, mais dès l’ouverture de la scène ou Syril Karn peigne ses cheveux gominés. Sa présence sur Ghorman s’explique par sa proximité avec Dedra Meero. La présence de bibelots en forme d’araignée (un des symboles de l’industrie textile de Ghorman) signe le rôle qu’il joue dans l’affaire qui s’est tramée lors de la réunion de Maltheen Divide. Ex-flic corporatiste arriviste, Karn prend très au sérieux sa mission d’espion et convoque les astuces des premiers James Bond pour s’assurer qu’il n’est pas compromis.
D’aucuns ont pointé la similitude entre la réunion de Maltheen Divide et la tristement célèbre conférence de Wannsee du 20 janvier 1942.

Le parallèle fait débat quant à la finalité et aux ressorts de la politique dont la mise en oeuvre est décidée dans ces deux réunions. D’un côté, les nazis décident de la Solution finale sur le fondement d’une haine irrationnelle (même si dans l’appareil administrativo-militaro-industriel représenté à la conférence, quelques rares voix se sont inquiétées des conséquences sur l’industrie de guerre de la généralisation de la déportation et du génocide) . De l’autre, la réunion secrète présidée par Krennic ne vise que l’accaparement de ressources naturelles pour assurer la suprématie impériale. La nuance peut sembler subtile, elle me semble déterminante, même si l’Empire peut à plusieurs reprises être accusé de génocide en provoquant la quasi disparition d’espèces (les Lasats) ou de culture (Alderaan). Le parallèle avec la seconde guerre mondiale est un exercice assez classique de l’analyse de La Guerre des étoiles et de ses suites. Toute une partie de l’Univers étendu (Star Wars Legends) s’est construite sur cette comparaison et sur le caractère : raciste, spéciste et misogyne de l’Empire qui n’emploie que des êtres humains mâles et blancs. Le canon Disney a à mon sens un peu amoindri la portée de cette critique en démultipliant les personnages féminins ou noirs dans les rangs de l’Empire, sans insister suffisamment à mon avis sur le caractère profondément intolérant vis-à-vis des non-humains. Il faut dire que le souci d’économie des productions actuelles a plutôt masqué les non-humains dans les séries live. Je prendrais peut-être le temps de revenir sur ces sujets qui sont au cœur de la critique sociale projetée par George Lucas à partir de 1977.
L’autre signe de l’influence de l’histoire européenne du XXè siècle dans Star Wars réside dans les costumes créés dès La Guerre des étoiles par John Mollo.
Cette tradition prend un tournant particulier avec la saison 2 d’Andor. En effet, les costumes de Ghorman, les acteurs français… Tout est censé nous rappeler la France des années 40. En effet, Gilroy a expliqué s’être inspiré de la série Un Village français pour concevoir cette planète sous occupation impériale.

Ces bérets insolents, ces cafés art-déco.. Ghorman est une version disno-futuriste de Paris.

Jeux d’espions
Karn est en mission soutenu par Dedra, il se moque des piques de sa mère (encouragée par l’oncle Arlo) qui pensent qu’il s’illusionne dans une voie de garage professionnelle qui l’a de nouveau éloignée d’elle. Il occupe désormais la tête de l’antenne locale du Bureau général des Normes. Une administration dont le bâtiment est placé sous protection impériale.
La conversation par visiophone entre Karn et sa mère donne un dialogue étrange entre deux mondes, entre deux esthétiques : l’acajou des années 40 contre le formica des années 70. On comprend que la couverture de Karn l’a conduit à s’éloigner de Dedra. C’est seul qu’il a pris son poste sur Ghorman, au service d’un plus grand dessein. Cette conversation expose une partie de l’efficacité de la propagande impériale qui a fait des Ghorman un peuple arrogant. La répression qui s’abattra bientôt sur la planète (un jalon essentiel du lore Star Wars depuis les débuts de l’univers étendu) ne suscitera guère d’émotion en dehors des cercles humanitaires ou politiques des rares sénateurs pacifistes rescapés de l’avènement de l’Empire. Double-jeu oblige, Karn, se sachant sur écoute par la résistance ghorman, défend les Ghormans contre les préjugés de sa mère et s’indigne mollement des vexations dont font l’objet ses collaborateurs. Alors que Gilroy a convoqué la distribution d’un Village français dans Andor, il en profite pour brouiller les pistes et fait incarner Carro Rylanz par Richard Sammel (l’acteur allemand polyglotte apprécié autant dans OSS 117 Le Caire Nid d’espions que dans The Strain). De même, on s’attendait à entendre des bribes de français dans le ghor, mais non, la langue reste furieusement gutturale.

Par contraste, Coruscant montre sa grisaille réinventée pour la première saison d’Andor. Une mégalopole terne, loin des néons habituels. Un amas de béton et d’acier qui rappelle les grandes villes américaines. Difficile de lui donner un âge à cette Amérique d’une galaxie lointaine, mais le passage du métro aérien me donne des idées d’Il était une fois en Amérique. Bien sûr dès qu’on s’approche un peu, le côté granitique des structures, l’absence de délicatesse et la fonctionnalité des designs font jaillir une impression des années 70, post choc pétrolier. L’ambiance maussade sied à l’humeur du couple de rebelles. Cassian parano, Bix traumatisée par l’élimination d’un soldat impérial anonyme au cours de l’année passée… La vie quotidienne présente des défis insurmontables pour ces deux guerrier d’une guerre qui n’a pas encore été déclarée. Je remarque que qu’on aperçoit pour la première fois une supérette urbaine dans l’univers Star Wars. Moi qui ai pour habitude depuis des décennies d’explorer les supermarchés de mes lieux de villégiature, je me sens particulièrement en joie. La jovialité du marchand contraste avec la tension qu’occasionne la vie d’assassinats que Bix a du mal à justifier. On ressent sa culpabilité d’avoir conduit à la mort un jeune soldat impérial qui a vu son visage.
Sur Ghorman, Karn est enfin approché par la résistance après ce qui a dû être un long balai de tentatives de la part d’un vendeur à la sauvette de ces bibelots pour touristes que Syril conserve sur ses étagères. Tout a un sens, chaque détail compte dans cette série d’espionnage exigeante. Avec des moyens de communication limités, il doit se rendre de nuit à son bureau, sur un prétexte, pour communiquer en sécurité avec Dedra et l’informer de la prise de contact. Je me demande si l’officier du BSI voit autre chose qu’une source dans son petit ami. Leur relation précède l’opération sur Ghorman, donc c’est probable, mais la froideur de Dedra Meero laisse toujours planer le doute.
L’ordre impérial
Malgré la conférence secrète de Krennic qui s’est tenue un an plus tôt, le BSI poursuit ses activités de lutte contre les subversions et les groupes rebelles. Heert, l’assistant de Dedra dans la saison 1 est devenu superviseur. Il porte désormais la vareuse blanche des officiers du BSI à la place de sa veste gris clair. Il est clair que son ascension lui vaut de gérer le dossier phare du secteur de Dedra : Axis et Andor. La discussion animée entre Partagaz et ses subordonnées (Lagret et Heert) met en lumière la difficulté des services de renseignement à traiter une masse d’information croissante.

La bande-passante des services est un phénomène documenté dans le monde réel et qui pose la question des moyens alloués par l’Empire au BSI. Le fait que Jung porte le sujet dans la réunion, et détourne l’attention de Partagaz) peut aussi se lire à double-sens puisque Luthen Rael en a fait sa taupe au sein du Bureau. Il fait de Lagret et de Heert des alliés au sein du BSI et potentiellement des sources pour la Rébellion.

Mon Mothma quant à elle mène campagne pour Ghorman au sein du Sénat. Une tâche ardue que même son confrère de Ghorman ne facilite pas par peur des représailles impériales.
Jung retrouve Luthen dans le même cadre que l’année dernière (soit il y a deux ans dans l’histoire). Je suis surpris que Jung ait survécu aussi longtemps en maintenant son double jeu. Il a découvert que Dedra était responsable du dossier Ghorman. Une information particulièrement bien gardée au sein du BSI. Selon Jung seules trois personnes seraient au courant : j’imagine qu’il s’agit de Yularen (finalement informé par l’Empereur) et de Partagaz. Le troisième pourrait être Heert, mais on ne sait pas comment Jung l’a su. Luthen Rael est déstabilisé de l’apprendre. La propagande anti-ghorman ne colle pas avec les compétences de traqueuses de Meero.
Ghorman, avec l’accent
La réunion publique à laquelle Karn a été invité manque un peu de discrétion. L’ambiance est électrique face aux vexations et aux entraves imposées par l’Empire à la population et au commerce de Ghorman. Le ghor n’est décidément pas mélodieux, mais l’accent français de certains locuteurs heurte mes oreilles un peu plus. Cela manque un peu de fluidité en comparaison à la création de la langue dothraki dans Game of Thrones. Rylanz a du mal à retenir les cris de la foule assemblée et à maintenir l’ordre dans la réunion. L’insurrection couve à petit feu alimentée par la colère et la frustration soigneusement orchestrée par le BSI. Il ne manque plus qu’un agent provocateur… La complexité de l’histoire récente de Ghorman est expliquée à Syril (et rappelée au téléspectateur) par son vendeur à la sauvette. L’Empire a déjà commis un massacre de 500 civils pacifiques sous la direction de Tarkin. Cette évocation fait écho aux premières versions de l’histoire du génocide ghorman. En effet, dans l’univers étendu, Tarkin aurait fait atterrir son vaisseau sur la foule. Le mémorial de ce massacre est aujourd’hui au cœur d’un nouveau scandale, l’Empire construisant un bâtiment (probablement militaire, un arsenal ou une forteresse) qui risque d’obscurcir le monument. Rylanz cajole l’espion impérial, tente d’en apprendre plus sur le projet impérial. Le poisson est ferré, mais la proie se trompe sur son statut.
Rapport de force
Rylanz est aussi la cible de Luthen qui dépêche Cassian sur place pour évaluer la situation, une mission qui change le saboteur/assassin de ses tâches habituelles. Pour cela, il doit partir sans Bix dont on découvre au final qu’elle a recours à des solutions chimiques pour tenir ses angoisses au loin sur fond de show cathodique aussi kitsch que dans Au temps de la Guerre des étoiles.

Bix fragile est testée par Luthen qui décidément prend des risques avec ses agents.

En nous montrant D’Qar, Lucasfilm fait le lien avec les épisodes VII et VIII de la saga Skywalker. Il s’agit de la planète sur laquelle est installée la base de la Résistance. Une base qu’occupait Saw Gerrera et ses partisans, 40 ans plus tôt. Wilmon Paak toujours marqué par l’assassinat de son père sur Ferrix rejoint ce groupe extrémiste sans surprise. C’est lui qui avait fait exploser une bombe pendant les funérailles de Maarva Andor. Il ne vient pas les mains vides : il apporte de quoi voler le rydhonium, un carburant hautement explosif qui permet de faire le lien avec les besoins énergétiques évoqués par Krennic la semaine dernière. Les addictions sont un thème récurrent, le vol de carburant montre celle de Saw envers le rydhonium. Véritable gourou, il conquiert le jeune Wilmon après avoir joué incroyablement avec ses nerfs (sur fond de récit de son expérience sur Onderon, un rappel des séries The Clone Wars et The Bad Batch).

Karn continue ses manipulations des Ghorman au prix d’une intervention du BSI dans ses locaux ce qui lui permet de justifier le transfert de données au Front de Ghorman. Assez de données pour comprendre quels transports braquer pour voler les armes de l’arsenal en construction.

Syril retourne sur Coruscant quand Cassian arrive sur Ghorman dans un balai d’espions. Alors que le premier fait son rapport à Partagaz,
La série se paie le luxe de décrire plus avant la vie d’un service de renseignement, le BSI et sa rivalité avec le renseignement militaire. Un sujet évoqué régulièrement dans l’univers étendu (le jeu de rôle notamment).

Andor découvre l’amateurisme du Front de Ghorman et rejette leur potentiel révolutionnaire au nom du risque. Dans un échange avec Rylanz, ce dernier évoque la possibilité que l’Empereur ne soit pas au courant des exactions du BSI. Cette discussion fait écho à l’un des tout premiers éléments du lore Star Wars qui bénéficie d’un statut ultra ambigu depuis 1977. En effet, dans l’adaptation du premier film en roman, le prologue prend la forme d’un article du Journal des Whills mentionnant un empereur isolé par les courtisans et les bureaucrates.
A son retour sur Coruscant, Cassian psychote sur les manigances de Luthen. La tension est encore une fois à son comble autour des sacrifices des uns et des autres. Vel et Cinta se retrouvent enfin sur Ghorman pour une nouvelle mission en soutien du Front de Ghorman (contre l’avis de Cassian, donc). Elles montent le casse sur Ghorman et elles aussi contestent les méthodes de Luthen Rael. Les deux couples d’espion accréditent l’idée que les relations intimes et les sentiments nuisent à la discipline. Kleya aussi a des doutes sur le maître espion. Leur destin commun est partiellement lié aux mondanités sur Coruscant où le sénat célèbre la semaine des inaugurations. Mon Mothma et son époux retrouvent Bail Organa (qui a bien changé ^^) au dîner d’inauguration de Sculdun devenu sénateur après le mariage de son fils avec la fille de Mon l’an passé. Cette réception voir aussi la participation de trois superviseurs du BSI (Heert, Lagret et Jung) dont l’uniforme de cérémonie aux galons argentés me fait penser à certains uniformes de V.

Celui de Krennic, récemment proposé en figurine par Hasbro est très différent.

Pendant ce temps, sur Ghorman, le casse se déroule sous la surveillance de Syril qui rend compte en direct à Partagaz et à Meero (on comprend pourquoi des officiers subalternes ont pu bénéficier de son invitation à la réception de Sculdun). Tout part en vrille quand l’un des Ghormans grincheux (Lezine joué par Thierry Godard) de la réunion publique essaie de perturber le vol : un coup de blaster part et atteint Cinta. Sur les ordres de Partagaz, Karn prévient les forces de sécurité qui débarquent après le départ des voleurs. Dans leur transport, Vel rend hommage à son amante défunte.
La dernière mission de Cassian et Bix à la fin de la séquence en 3 BBY leur permet de régler leurs comptes avec le Dr Gorst et d’empêcher le renseignement militaire de mettre la main sur le tortionnaire du BSI.

Je suis surpris que cette saison finisse ainsi, je pensais que l’insurrection de Ghorman se produirait cette semaine. Cela signifie que le Front de Ghorman va progresser encore un ou deux ans avant de se faire réprimer. Malgré ses fragilités, cette série tient en partie ses promesses Le parti-pris esthétique et la rigueur des choix politiques confirment sa pace originale parmi les productions Lucasfilm.
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Cette série est soporifique zzzzzzzz
Bla bla bla bla bla………
La photo et le casting sont réussis mais on est quand même à mille lieux de Rogue One.
SW ça fonctionne pour des films.
Je ne partage pas ton avis. Il y a une dimension non spectaculaire dans le lore SW qui fonctionne très bien (et que j’apprécie beaucoup dans cette série). Cela me rappelle les jeux de rôle des années 90.
Excellente série qui permet de projeter l’univers Star Wars sous un autre prisme. Effectivement Blastzr ça rappelle beaucoup l’univers étendu que l’in a pu découvrir dans Star Wars le jeu de rôle.
Une vraie série d’espionnage où l’action n’est pas dominant, où il y a des choix (mais pas assez difficile à mon goût ça pourrait être encore plus sombres à l’image de Rogue One)