Il y a quelque temps, j’avais commis un article sur la notion de temps dans Star Wars, aujourd’hui je vous propose de nous intéresser à l’espace.

Retour en 1977
Avec La Guerre des étoiles nous avons découvert une galaxie composée de milliards de systèmes stellaires habitables. Certes, à l’époque, on ne s’en doutait pas vraiment, mais, depuis, les films puis les séries nous ont donné à voir des dizaines de planètes dont certaines, il faut l’avouer, nous ont semblé parfois manquer de variété.

Au cours de la trilogie originale, nous n’avons aperçu qu’un nombre réduit de planètes : Tatooine, Bespin (la cité dans les nuages), la lune forestière d’Endor, la quatrième lune de Yavin, Hoth, Dagobah.
Toutes présentent la particularité d’être mono-environnementale : à chaque planète correspond un climat ou un environnement spécifique : désert, glace, forêt tropicale, forêt tempérée, marécage.
Certains mondes sont, en revanche, mentionnés dans les films, mais ils n’apparaissent pas à l’écran : Dantooine, Alderaan, Ord Mantell, Sullust, Anoat ou Taanab. Ils contribuent par leur seule évocation à donner au spectateur le sentiment d’un espace plus vaste que ce qui est montré à l’écran. Un peu comme la mention de la Guilde des mines par Leia lors de sa rencontre avec Lando nous informe sur des acteurs d’un jeu institutionnel plus complexe que l’opposition traditionnelle entre l’Empire et la Rébellion.
Les éditions spéciales de 1997
Les éditions spéciales ont apporté un peu de vie et de variété en montrant des zones urbaines et des rassemblements de population. C’est vrai pour la densification spectaculaire (et légèrement controversée à l’époque) de Mos Eisley, mais aussi pour les extérieurs révélés de Bespin et pour les scènes de célébration de la bataille d’Endor.

Ainsi Coruscant apparaît pour la première fois à l’écran, deux ans avant la sortie de La Menace fantôme.
La prélogie et l’inflation (progressive) de mondes
La prélogie semble, dans un premier temps, se concentrer également sur quelques planètes. En effet, trois apparaissent, même brièvement dans les films : Tatooine (encore), Naboo et Coruscant.
Si Kamino, Geonosis, Kashyyyk, Utapau et Mustafar bénéficient d’un peu plus d’exposition, on n’a cependant que des cartes postales des autres mondes présentés. C’est ainsi dans le catalogue que constitue l’exécution de l’Ordre 66 qu’on découvre Felucia, Cato Neimodia, Mygeeto ou Saleucami. A la fin de la trilogie, Polis Massa, Tatooine (encore !), Naboo et Alderaan (enfin !) ne bénéficient que d’une scène bien courte.
L’accélération de l’ère Disney
Dans les cinq films de l’ère Disney, les planètes apparaissant à l’écran sont bien plus nombreuses : Mimban, Jakku, Takodana, Ilum (Starkiller Base), Hosnian Prime, Ach-To, D’Qar, Canto Bight, Crait, Ossus, Pasaana, Kijimi, Mustafar, Tatooine, Kef Bir, Exegol, Ajan Kloss, Kessel, Corellia, Jedha, Scarif, Eadu, Mustafar, Kafrene, Coruscant…
Si l’on ajoute les séries live, la géographie galactique (et extra-galactique, cf. Peridea dans Ahsoka) s’enrichit encore avec Lothal, Corvus, Mandalore, Kalevala, Concordia, Nevarro, Seatos, Arcana, Ferrix, Morlana One, Aldhani, Arvala-7, Sorgan, la lune Trask de la géante gazeuse Kol Iben, Maldo Kreis, Adelphi, Tython, Morak, Karthon, Kenari, Daiyu, Mapuzo, Jabiim, Ossus, Plazir-15, Brendok, Khofar, Olega, Narkina 5, Niamos, Nur…
Il faut dire que le format des séries – je pense notamment aux premières saisons de The Mandalorian et l’unique saison d’Obi-Wan-Kenobi, avec leur narratif basé sur des quêtes intermédiaires et la cavale des héros – demande d’intégrer quasiment à chaque chapitre une nouvelle planète.
Déjà vu
Derrière cette abondance apparente se cache cependant une forme de répétition.
En effet, Tatooine, non contente d’apparaître de manière proéminente dans deux des trois films de la trilogie originale, dans les trois films de la prélogie et de la scène de fin de la postlogie, a également considérablement influencé la représentation des planètes dans la galaxie Star Wars.
Ainsi, la plupart des mondes explorés à l’écran sont faiblement peuplés. Certains entretiennent probablement à dessein une certaine confusion avec la planète désertique. Je trouve relativement cocasse que la planète considérée par Luke comme la plus éloignée du point central de la galaxie occupe une place aussi centrale dans la saga Skywalker.
Sans surprise, Jakku est manifestement une réplique de Tatooine conformément au principe qui fait de l’Episode VII un décalque de l‘Episode IV. Même Nevarro et Arvala-7 dans la série The Mandalorian présentent de fortes similarités. La présence de Jawas (et d’au moins un sandcrawler) sur ces planètes interroge puisque qu’on a rarement – sinon jamais – vu cette espèce ailleurs que sur Tatooine avant 2019 (depuis ils ont même colonisé Port Borgo dans Skeleton Crew). Alors, le fait de la rencontrer sur deux planètes différentes au cours des deux premiers épisodes de la saison 1 laisse songeur. Outre la présence des Jawas, Nevarro et Arvala-7 présentent également des similitudes du point de vue de l’habitat. On a peu de détails sur Arvala-7 en dehors du sandcrawler, du camp des mercenaires Nikto (qui ressemble à une hacienda ou à une mission californienne) et de la ferme hydroponique de Kuiil, mais on sent l’influence de Tatooine derrière la totalité de ces décors.

Nevarro, malgré un climat nettement moins sec, dispose, par son caractère volcanique, de caractéristiques désertiques qui la rapproche aussi de Tatooine, les bâtiments sont généralement bas, limite de plain-pied, taillés dans l’épaisseur de la couche supérieure de roche volcanique. Les Jawas et les Kowakian Monkey-Lizards achèvent de donner à la petite ville habitée par des chasseurs de primes et à son astroport un goût de Tatooine. Les concepteurs de Nevarro ont mélangé plusieurs influences terriennes, notamment les marchés marocains ou moyen-orientaux, pour parvenir à ce résultat.

Batuu présente des caractéristiques similaires. Malgré une géographie et un climat très différents, les sources d’inspiration pour la conception de la planète de Galaxy’s Edge sont clairement les mêmes. Le livre Art of Galaxy’s Edge mentionne comme source d’inspiration divers souks et publie même des photos de référence utilisées par ILM. Quelle que soit la planète, son climat et sa spécificité géologique, l’architecture varie peu. Les mêmes dômes, les mêmes bâtiments bas et de couleur beige aident le voyageur galactique comme le spectateur à comprendre où il est. Ces marqueurs architecturaux ne sont pas pour autant universels, même s’ils se retrouvent principalement sur les planètes peu peuplées.

Tout cela contribue au renforcement de la place de Tatooine dans l’imaginaire des fans de Star Wars. Les dioramas recréant des scènes à Mos Espa ou Mos Eisley pullulent chez les amateurs de toy photo. Comme quoi, l’ambiance de western de l’espace qu’on a adorée dans La Guerre des étoiles demeure un moteur important de la communauté des fans de Star Wars.
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