Edito Pop Culture : Mon parcours de collectionneur par OIivier

 

Dans mes articles, je parle souvent de moi et de mon ressenti, que ce soit sur un jouet ou un film. Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler de mon parcours de collectionneur car oui, ce n’est pas un gros mot, je suis un collectionneur et je l’assume pleinement. Je pense que cet article fera écho chez certains d’entre vous.

 

C’est quoi un collectionneur ?

Collectionneur/euse : Celui, celle qui aime à réunir des objets ayant certains points communs, en raison de leur valeur scientifique, artistique, esthétique, documentaire, affective ou vénale.

Non je ne collectionne pas les Springles, par contre avec environ 1800 BD/Manga/Comics et quelques autres objets style figurines/statues/jouets je colle parfaitement à cette définition.

Je suis passé par plusieurs étapes dans ma vie de collectionneur, celle-ci n’est pas terminée mais je vais me servir de 2 exemples pour les définir, mon passé avec les Myth Cloth Saint Seiya et l’actuel avec les BD.

 

Les Myth Cloth

J’ai dédié un article a cette gamme que vous pouvez retrouver sur le site. Ici je vais plutôt me focaliser sur mon parcours de collectionneur et ce côté ascenseur émotionnel qui l’a accompagné.

Quand la première figurine est sortie en 2003 j’avais 22 ans, ça a été pour moi une révélation et je me devais de posséder cette figurine. Puis la suivante, puis la suivante et ainsi de suite.

Si on se penche un peu sur la psychologie du collectionneur de jouet, cela renvoie à un manque d’affection conscient ou inconscient au cours de notre enfance. Loin de moi l’idée ou la compétence d’aller plus loin dans cette affirmation mais j’ai pas mal cherché et cette notion fait consensus dans tout ce que j’ai pu lire. Ai-je été heureux étant enfant ? Sans conteste oui. Y a-t-il eu un changement majeur dans mon enfance ? Etais ce pendant la période de diffusion de l’animé ? Eh bien oui aussi. Ainsi je pense que cette collection m’a renvoyé dans une forme de sécurité que me procurait l’animé à l’époque, Saint Seiya c’était en quelque sorte un refuge dans une période troublée.

Coté collection je suis donc tombé complètement dedans, à attendre chaque nouvelle précommande au meilleur prix, voir payer ma figurine un peu plus chère pour être sûr de ne pas la louper. Je me souviens encore de cet état d’excitation à chaque nouvelle annonce et mon soulagement une fois la précommande validée. A nouveau l’excitation à la réception, au déballage, à l’exposition. Puis une nouvelle figurine arrive et on reprend le cercle en oubliant notre précédente réception. Un cycle sans fin qu’on finit presque par limite détester mais duquel on ne sait pas sortir. Un cycle que je pourrais actuellement qualifier de toxique.

Un jour la délivrance, c’en est trop et je stop tout, quelques années plus tard je revends tout et c’est en réalité un réel soulagement. Je me suis enfin débarrassé de cette passion dévorante. Je pense que ce côté complétiste est en réalité une nécessité et une phase dans laquelle nous passons tous à un moment ou à un autre.

 

Les BD

J’ai appris à lire avec les BD, Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe et Spirou. J’ai souvenirs d’excellents moment étant enfant à lire mon livre allongé sur le sol pendant que mes parents regardaient la télé. Ou encore une bonne lecture devant la cheminé ou le soir dans mon lit. Je n’ai jamais réellement décroché mais je n’ai pu commencer une vraie collection qu’au début de mes 20 ans, soit quand j’ai commencé à gagner de l’argent. Et l’analogie avec ma collection Saint Seiya est claire, un rapport à l’enfance, je suis aussi passé dans une période où j’en achetais énormément avec des pics entre 150 et 180 albums par an, puis une phase d’accalmie. Je n’ai pas arrêté et je ne le compte pas. Je prends toujours autant de plaisir à puiser dans ma bibliothèque pour relire cet album acheté il y a 15 ans. Ce qui est commun c’est cette excitation à la sortie d’un album qui me fait envi, le plaisir de la lecture. Ces sentiments sont proches de ceux que j’avais pendant ma collection de Myth Cloth.

Pourquoi je n’en ai pas marre ? Tout simplement car je ne me sens pas enfermé dans une collection, ou plutôt plus enfermé. J’ai volontairement arrêté les séries à long terme, j’en continue quelques une car j’éprouve toujours du plaisir à la lecture mais je privilégie les one-shot ou les histoires en peu de tomes. Je peux donc passer d’une histoire à une autre et piocher dans un catalogue immense sans avoir 2 fois la même chose. J’ai aussi fortement réduit mes volumes d’achat et je pense être entre 30 et 40 albums à l’année. Le bémol c’est que je n’ai pas assez de lecture et me suis donc lancé dans une collection de Mickey Parade et Super Picsou Géant. La grosse différence étant que je n’achète qu’en vide grenier et sans recherche particulière. Je prends ce que je n’ai pas au prix le plus bas possible. Aucune contrainte ici. Mais encore une fois le rapport à l’enfance est évident.

 

L’expérience

Ces 20 dernières années de collection m’ont permis de prendre du recul sur ce dont j’ai vraiment envie, ainsi mes collections jouets/figurines/statues sont concentrés uniquement sur des choses qui me font plaisir. Évidemment il y a toujours tout un tas d’objets que j’apprécie, dans des collections ou des gammes totalement différentes. Vais je pour autant sauter le pas ? clairement non.

 

En conclusion

A travers ces 2 exemple on voit clairement que mon parcours est quasi identique dans ces 2 situations, la différence étant ce sentiment d’enfermement dans une gamme. Un de mes amis proches a lui aussi collectionné des choses : du Saint Seiya en même temps que moi, des Hot Toys, des résines et son parcours est identique. La découverte, la boulimie d’achat et le ras le bol. Est-ce ça la vie d’un collectionneur ? Passer par ces phases et être condamné à les répéter inlassablement à différents degrés ? Je ne sais pas, à vous de me le dire.

6 comments

sith says:

Pas vraiment en accord avec ton analyse mais bon… Personnellement, pas de manque affectif, ni de période troublée… Plutôt un père très curieux qui était déjà collectionneur à ma naissance en 76. Virus transmis ! Des souvenirs d’enfance ? Oui je valide, un sentiment de madeleine de Proust ? Oui je valide, des heures à se dire tiens celui-là, je ne l’avais pas ! Oui je valide. Par contre, un collectionneur (pour moi) ne revend pas tout comme ça. C’est nier sa raison d’être… On peut se réorienter mais vendre ? Quelle drôle d’idée. A part, ce qui n’a pas marqué l’enfance bien sûr.

Jérôme says:

J’ai 34 ans et collectionne beaucoup (figurines, livres, BD/Comics, etc.). J’ai majoritairement du Star Wars (Kenner, Hasbro, etc.), mais aussi tout ce qui touche à la pop culture (Marvel, DC, etc.).
Je me retrouve assez facilement dans cet article, j’avais fait le même constat en essayant de comprendre mon amour pour ces objets. Je suis également passé par une phase de ras-le-bol, avec une coupure de quelques années puis j’y suis revenu en acceptant le lien que j’avais avec tout ça… Un plaisir assumé et accepté… et j’essaye aussi de dénicher au max les bonnes affaires 😉
Merci pour ce partage et cet article 👌

Moi j’aimerais bien en avoir ras le bol et faire de la place, mais en fait non ça ne passe pas !!! :p
Mais je suis bien trop curieux et jamais complétiste, c’est le coup de cœur qui fonctionne a fond chez moi !

Ryuzo says:

Dans ma collection, ou plutôt mes collections, je suis passé par pas mal d’étapes et de phases que tu as mentionné.

La phase d’achat avec l’envie d’avoir quelque chose en lien avec mon enfance, mais ça peut être aussi contemporain. L’envie frénétique j’ai connu ça aussi ainsi que la recherche de complétion.

Pour la vente il y a eu le ras-le-bol, mais également le fait d’avoir trouvé une figurine de meilleure qualité. Et puis il y a eu la remise en question avec cette question. Pourquoi avoir tant alors que les meilleures suffisent ? Ce qui me rappelle une phrase de Louis Armstrong.

Pour ma part il y a le plaisir de la recherche, la satisfaction de la trouvaille, la frénésie de l’attente pour terminer avec le bonheur du déballage.

Au final, chacun collectionnera comme il l’entend car on le fait pour soi et pas pour les autres. Ma passion me pousse à acheter, ma raison conclura l’achat.

jp says:

C’est très joliment dit. Mais surtout, il faut que la figurine puisse lever la tête pour faire une pose en vol 🙂

jp says:

Quand tu parlais collection Saint Seiya je me disais les ors, les bronzes, Asgard et Poséidon et c’est fini (le tout en un exemplaire), mais non. C’était une sacrée collection. J’ai eu Dohko Ex officiel que j’ai revendu (j’en ai eu marre de donner des poses et remettre les pièces d’armure.
Oulala, je me retrouve un peu dans cet article et pas forcément non plus. A mon tour de faire ma psychothérapie 🙂 Comme dans le précédent article, je suis passé d’une période jeux vidéos (8bits, 16 bits, 32 bits, jusqu’à Ps2), du Magic, un peu de Yugioh et beaucoup de mangas. J’ai connu édition pika à sa sortie avec Yuyu Hakkusho et Slam Dunk, Glénat, Tonkam, etc… et j’en étais à 5-8 mangas par mois, soit 5-8 séries. Puis internet se démocratisant, les jeux en lignes (Counter strike, Wow), les scans, et la fondation de ma petite famille. Là ou je me retrouve c’est lorsque je cherche maintenant du manga je demande à être conseiller pour des one shot ou séries courtes, car One Piece m’a terriblement déçu avec cette façon d’étaler la (confi)aventure en vois-tu en voilà et à ne pas se focaliser sur l’histoire originale à savoir le « One Piece », ou les séries qui se sont arrêtées en cours de route (« Shaman King » mais qui a fini par reprendre ou « coq de combat »). De plus, le manga s’est bien développé en France, voir trop, car j’ai l’impression de retrouver beaucoup d’histoires similaires. En figurine je ne suis pas mono licence même si j’ai eu une préférence sur Macross ou le robot transformable, je regarde ce qui se fait (merci FulguroPop et Juju pour les sorties) et je pioche de ci de là en fonction des moyens du moment et de l’attrait de la figurine.

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