FulgurAnime : Shikamaru venge Asuma dans Naruto Shippudden

Pour ceux qui ne sont pas Narutophiles, il convient de replacer ce combat dans son contexte. Au début de Naruto Shippudden (ce que Dragon Ball Z est à Dragon Ball), nous faisons plus ample connaissance avec une organisation criminelle déjà rapidement entraperçue dans la partie « enfant », l’Akatsuki. Elle est composée d’anciens grands ninjas des différents pays et villages qui ont été reniés à cause de leurs agissements amoraux. On y retrouve donc sans surprise Itachi qui a lui-même remplacé un Orochimaru ayant préféré faire cavalier seul. Le reste de la troupe est composé de mecs plus charismatiques les uns que les autres et qui auraient pu prétendre au rang de grand méchant de pas mal de Shonens. Leur but est de s’emparer des détenteurs des Bijuus (bestioles surpuissantes enfermées à l’intérieur de ninjas) afin de réveiller une entité plus puissante encore.

 

Le décor est planté. Lors d’une confrontation avec Hidan et Kakuzu, deux des membres de l’Akatsuki les plus glauques, Asuma perd la vie suite à un combat épique. Asuma, c’est l’un des quatre ninjas de classe supérieure du village de Naruto. Sa mort, en soi est déjà assez triste et inattendue. Ses obsèques ne le sont pas moins. Mais, de façon assez peu commune, c’est au travers de la vengeance que va naître la mélancolie et la beauté suite à cette perte. Shikamaru est l’élève d’Asuma. C’est un fainéant invétéré, encore plus cancre que Naruto au début de la série. Mais enuite, il va se révéler à lui-même et au reste de ses compagnons lors de l’affrontement avec les sbires d’Orochimaru. Au début de Shippudden on comprend qu’il a pris une toute autre dimension. Il est devenu le ninja le plus gradé de sa génération. Alors, quand l’occasion va se présenter à lui d’affronter Hidan qui a donné le coup de grâce à Asuma, il ne va pas la laisser passer.

Deux aspects ont particulièrement retenu mon attention dans ce combat. Le premier relève de son côté stratégique. Comme à son habitude, Shikamaru, surdoué du Shogi (échecs japonais) ne va pas se lancer dans la bataille sans préalablement avoir étudié minutieusement sa stratégie. Mais ce coup-ci, il va falloir faire preuve d’une grande habileté tant le pouvoir de son adversaire est redoutable. Hidan a la particularité d’être immortel grâce à sa pratique régulière de rituels de Jashinisme (religion interdite). De plus, il maîtrise une technique spéciale qui consiste à boire le sang de son adversaire afin de créer un lien entre eux et ainsi de lui infliger les mêmes blessures que celles qu’il se fait à lui même, tant qu’il reste dans son pentacle tracé à même le sol. Radical… On va donc assister à un véritable combat de stratèges contre Shikamaru et sa manipulation des ombres qui consiste à capturer son ennemi dans son ombre et à le manipuler ensuite telle une marionnette reproduisant les mêmes mouvements que lui. Quand Naruto est apparu sur la scène manga, c’est son côté combats stratégiques à rebondissements qui m’a le plus attiré en opposition à Dragon Ball qui proposait des combats techniques et puissants jouant sur les power up. Autant dire que ce combat-ci trône donc au panthéon des combats de Naruto que j’ai le plus apprécié. Shikamaru finira par attirer Hidan dans la forêt sacrée du clan Nara auquel il appartient et c’est en allumant une cigarette avec le briquet de son défunt maître (il ne cessait jamais de lui dire que la cigarette le tuerait…) qu’il déclenchera une série de parchemins explosifs entraînant ainsi son adversaire démembré et décapité dans sa tombe. Le dernier parchemin aura pour effet d’ensevelir le scélérat, toujours vivant et dont la tête séparée de son corps invective encore Shikamaru qui le laissera là, promis à une mort certaine puis-qu’incapable de continuer ses rituels à la gloire du Dieu Jashin.

Ça, c’est pour l’aspect purement martial. Mais ce combat recèle également une composante émotionnelle très importante, comme souvent dans les shonens. Mais, à la fois dans son propos et dans sa construction, celle-ci m’a particulièrement impacté. Avant son opposition avec l’Akatsuki, Asuma avoue à Shikamaru qu’il a finalement compris que le plus important, ce n’est pas la protection du Hokage (chef du village). Shikamaru, en tant que ninja de Konoha élevé dans cette optique ne comprend pas les paroles de son maître. D’autant plus que ce dernier est le fils même du Hokage… Le spectateur est dans le même état d’esprit et ne comprend pas la nonchalance soudaine d’Asuma. Alors Asuma baisse dans l’estime de Shikamaru qui ne comprend pas de tels propos et c’est dans cette ambiance de défiance envers son maître qu’il apprend sa mort. Malgré tout, sa détresse est immense. Il se rend alors auprès de Kurenai, la compagne de Asuma, elle-même ninja de classe supérieure, afin de la réconforter mais aussi pour trouver des réponses.

Au cours de cette conversation, il comprend ce qu’Asuma a voulu lui expliquer. Mais nous ne le saurons que lors d’un flashback à la fin de son combat vengeur. Kurenai est enceinte. Ce que voulait faire comprendre le maître à son disciple, c’est que, ce qui compte réellement, ce sont les générations futures et pas les vieillards, même le plus illustre du village. C’est dans ce nouvel état d’esprit que Shikamaru entreprend sa quête de vengeance, mais nous, spectateur ne l’apprenons que bien plus tard, une fois cette vengeance assouvie.

Ainsi, Asuma, au travers de sa disparition, laisse le lègue le plus précieux et donne sa dernière leçon à son disciple, la plus importante de toute : préserver les générations futures. Sûrement en lien avec ma sensibilité d’enseignant mais aussi car la mère de mes enfants était enceinte au moment où j’ai visionné cet arc pour la première fois, vous comprendrez alors que lorsqu’on me dit Naruto, c’est instantanément ces épisodes qui me reviennent en tête ainsi que la mélodie de l’opening associé à cet arc que je vous laisse ici.

Ayorsaint

1 comment

Gus says:

Ce manga est un D.A. exceptionnel selon moi.
Il aborde plein de thèmes essentiels à appréhender pour la jeunesse. Je trouve que c’est un animé qui évolue avec la jeunesse qui la regarde.
Parfois il aborde la violence de la vie quotidienne. Je trouve que l’émotion et l’empathie est très présente. Il y a toujours de la morale et de la persévérance.
Enfin bref j’aime beaucoup. Le passage le plus émouvant est pour moi celui de la disparition de la grand-mère marionnettiste.

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