FulgurAnime mini : Dragons 2 / How to train your dragon 2

On avait déjà abordé l’animation japonaise au cinéma avec Your Name, on va cette fois-ci s’aventurer du côté US avec cette pépite en or massif. J’ai d’abord voulu l’incorporer dans un format FulgurAnime Débat afin de définir si il peut être considéré comme le meilleur film d’animation US, mais je me suis dit qu’on allait partir dans des commentaires trop subjectifs. Vous allez voir au travers de ce FulgurAnime Mini, à quel point je suis intimement persuadé qu’il l’est et qu’il est peut être plus encore. L’article sera bourré de spoilers donc si vous n’avez pas encore vu ce bijou, filez vite d’ici et allez rattraper cet oubli impardonnable. Commencez quand même par le premier épisode, pour bien profiter de tout ce que le second a à offrir.

On avait laissé Harold en piteux état à la fin du premier film. Il commençait tout juste à appréhender les capacités de Krokmou. Plusieurs années se sont écoulées et on peut dire sans trop s’avancer que le bougre n’est pas si handicapé que cela par sa jambe de bois et que sa maîtrise de Krokmou est maintenant quasi totale. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir apprivoisé son dragon puisque tous ses petits camarades, ainsi que les protagonistes les plus importants, chevauchent maintenant un dragon qui leur est propre. La joie règne à Beurk (ça ne s’invente pas…) mais bien entendu, elle va être de courte durée. Car un vilain pas beau va faire son apparition et quel vilain pas beau !!! Je ne le répéterai jamais assez mais ce qui fait finalement la qualité d’une production de ce type, quel que soit son support, c’est avant tout un bon antagoniste. Que serait Batman sans le Joker ? Star Wars sans Vador ? Dragon Ball sans Freezer ? Dans ce second épisode, la trilogie Dragons trouve presque l’antagoniste parfait. Je dis presque car il lui manque juste une composante : la récurrence. Et quel dommage de ne pas le retrouver dans le troisième opus, revenu d’entre les morts. Ça aurait évité qu’il soit remplacé par un Ersatz de piètre qualité. Mais Drago Point-Sanglant a bien tout le reste. Il a une forme de toute puissance, grâce à un pouvoir que personne ne maîtrise. Il est fou, à cause d’un passé tortueux. Et surtout, il fait peur à tout le monde, lui et ses acolytes… Rien qu’à l’évocation de son nom, Stoïk la brute, chef du village et père de Harold, blêmit et perd ses moyens. Ça pose le bonhomme d’entrée, de façon simple, mais toujours aussi efficace. Et rien ne viendra contredire cet état de fait ensuite. Drago est effrayant et va faire mal, très mal, jusqu’au bout.

Le second atout du film, c’est son fil conducteur, la famille. A travers deux sujets forts et indissociables de la quête de tout héros qui se respecte. Les retrouvailles et la passation de pouvoir. Ce second point fait de Dragons 2 un film typiquement Shonenien, d’où mon attrait évident pour ce dernier. Et pour faire une belle passation entre un maître et son disciple ou bien un père et son fils, rien de mieux qu’une belle mort. Pour moi, il y avait Jiraya dans Naruto. Puis il y a eu Stoïk dans Dragons 2. D’ailleurs, ces deux morts se rejoignent sur un point essentiel. Le but de ce décès sacrificiel ne réside pas tellement dans la protection de l’être aimé qui doit prendre notre place. Non, il s’agit surtout de lui permettre de prendre toute sa place en ce monde, de donner un sens à l’existence du successeur, qui jusqu’alors doutait de ses compétences. Quand aux retrouvailles avec sa mère, même si il aurait été intéressant de nous expliquer plus en détail comment elle se retrouve à vivre au milieu des dragons, il faut avouer que c’est diablement efficace et surtout diablement surprenant. La référence à Star Wars est évidente avec le «  Je suis ta mère » prononcé par un personnage masqué.

La dernière composante essentielle de ce genre de production épique, c’est la musique. Tout film légendaire a une OST qui fait mouche avec un thème principal reconnaissable aux premières notes et qui te fout une chaire de poule monumentale. John Powell rejoint ici les plus grands à leur table. Envoûtante, grisante, émotionnante, galvanisante, troublante (cherchez l’intrus), elle propulse le film sur des sommets vertigineux et accompagne magistralement les moments de bravoure et d’émotion.

Comme en plus, on retrouve les ingrédients qui avaient déjà fait du premier opus un très bon film, on frôle la perfection. Je pense bien évidemment à son humour fin et décapant. Mais aussi à Krokmou, le dragon aux attitudes de chat et de chien tellement adorable et attachant. Sa relation à ce petit garçon devenu jeune adulte est poignante de bout en bout et atteint un haut niveau de tension lorsque Krokmou s’en prend à Stoïk. Je fais aussi référence à sa galerie de personnages hauts en couleur et tous très réussis. Certains, comme Astrid, prennent même ici une épaisseur supplémentaire.

Pour terminer, si vous êtes fan d’animation ou plus globalement de cinéma de ce genre, vous avez sûrement sous la main ce qui se fait de mieux dans le domaine. Comme souvent dans les trilogies, ce deuxième épisode reprend ce qui a fait le succès du premier en le bonifiant, rajoute une part d’ombre et ne tombe pas encore dans la redite, ce qui lui permet de tutoyer les sommets et de rejoindre d’autres monuments du cinéma au firmament des films de héros.

Ayorsaint

1 comment

jp says:

Un bijou ce film et le personnage principale a énormément gagné en charisme par rapport à avant, de part son accoutrement (armure de dragonnier) et ses outils et gadget (batman comme tu l’as marqué).

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