The Mandalorian & Grogu : Disney+ au cinéma ?

J’ai finalement vu The Mandalorian & Grogu au ciné aujourd’hui et je n’ai pas vraiment été surpris.

Je suis du genre bon public avec le Mandoverse, sans pour autant être dupe des grosses failles et des grosses ficelles du duo Filoni/Favreau. J’ai déjà développé ma perception du personnage de Grogu, de ses limites et des mystères qui entourent les 28 années qui séparent sa fuite du Temple Jedi de son sauvetage par Din Djarin.

 

Un téléfilm au cinéma

Je reconnais qu’il ne sera probablement plus jamais possible d’expérimenter l’exacte émotion de la découverte de Star Wars au cinéma. Le filoniverse n’est pas non plus le meilleur vecteur pour partager ce genre de sensation tant le style y est télévisuel. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, mais il faut en avoir conscience.

 

Un divertissement familial

Outre l’omni-présence mignonesque de Grogu et ses encas, plusieurs éléments nous font bien comprendre que les quadra/quinqua ne sont pas la cible démographique de ce film.

Peu de sous-titres dans ce chapitre le Mandoverse, tout le monde parle basique. C’est assez perturbant car de mon point de vue les Hutts ne devraient pas faire l’effort de parler basique. On se doute que la simplification vise à rendre le scénario accessible au plus grand nombre.

 

Du fan service pour les parents

Le clin d’oeil à Gladiator est pas super subtile, mais cela fera certainement plaisir aux fans de Pedro. L’arène sur Shakari fait un modeste Colisée, mais l’introduction du dejarrik dans l’équation nous a un peu émoustillé. L’enseigne Weathers Apollo en aurebesh rend hommage au regretté Carl Weathers, l’Apollo Creed de Rocky et Greef Karga dans The Mandalorian.

Les Amani (incorrectement traduit au singulier dans le film) sont certainement le détail qui me fait le plus tripper. Quand on a découvert Amanaman dans la bande-annonce, j’étais extatique, mais là, en découvrir toute une tribu. Filoni et Favreau ont eu le bon goût de reprendre le mode de déplacement vu dans les comics Dark Horse pour cette espèce. Une roulade qui rappelle les Droidekas.

On l’avait repéré sur l’affiche, mais le Mini-rig INT-4 de Kenner fait bien son apparition dans le film.

Calmer les nerds ?

Pour compenser le message super familial du film, Favreau et Filoni ont décidé de développer (modérément) certains aspects du lore.

Les seigneurs de la guerre des vestiges impériaux servent de prétexte au film, ils se rendent ou meurent dans trop apporter à l’histoire. Ils sont deux dans le film : Janu Coin & le commandant Barro (bien qu’il porte une plaque de grade de lieutenant).

En débarrassant la Nouvelle République de ces deux cibles, Din Djarin éclaircit un peu le tour de table du conseil de l’ombre. Le set de cartes de sabacc compte 76 cartes donc la Nouvelle République recherche au moins autant de ces officiers impériaux.

Le Razor Crest a d’ailleurs été confisqué à un de ces seigneurs de la guerre dont le titre était Commandant (en français dans le texte). le seul membre du conseil de l’ombre qui porte ce titre est Brendol Hux, le père du général Hux de la postlogie. Mais il est peu probable que Hux senior ait été capturé, son fils est censé l’assassiner plus tard.

Des deux barons montrés dans le film, seul Barro semble revendiquer son héritage impériale. En effet, Coin la joue plus discrète. Seule son palais semble protégé par des stormtroopers, ses hommes dans le reste de Shakari portent des tenues civiles plus discrètes.

Par ailleurs, Nal Hutta réserve un grand nombre de surprises. La forteresse des Jumeaux est gardée par le Gotra droïde et présente une consistance très très bizarre.

En effet, il semble un gigantesque tas de boue grouillant de Hutt, mais où les Jumeaux conservent une forme de décorum, à défaut d’une véritable cour comme Jabba.

Certains motifs architecturaux rappellent sans cohérence le palais de Jabba. Or ce dernier est un ancien monastère B’omarr sans lien donc avec la planète d’origine des Hutts. L’environnement de Nal Hutta est opportunément marécageux. Cela correspond à la vision de Lucas pour la planète et à la façon dont elle fut introduite dans le canon Star Wars dans la série The Clone Wars (S03E09).

D’une manière générale, je trouve cool que les Hutts soient mis en avant dans ce film. Les différents modes de déplacement qu’ils utilisent et même un bon fight, on est gâtés.

Les Hutts utilisent des chasseurs de primes et ils ont décidé de prendre l’un des meilleurs de The Clone Wars : Embo ! Il fallait bien ça pour battre Mando !

On finit avec les caméos des équipes de Lucasfilm outre Filoni qui reprend le rôle de Trapper Wolf, j’ai été particulièrement surpris et ravi de découvrir que le génial Doug Chiang faisait aussi une apparition.

 

Le mot de la fin

Au final, je suis sorti mitigé de ce film qui tient plus d’un show à la Jim Henson comme Dark Crystal ou, pour l’univers Star Wars, Le Retour du Jedi ou les films Ewoks. Grogu vole facilement à la vedette à Din Djarin. C’est clairement un produit ciblant les plus jeunes et c’est rudement bien pensé. Pour autant que Disney l’ait envisagé comme une sorte de transition intergénérationnelle. Le plus dur reste donc à faire pour un véritable retour de Star Wars au cinéma. On verra en 2027 si Lucasfilm saura s’éloigner des recettes de Disney+.

 

 

 

 

 

 

 

Blaster
A suivre

2 comments

Julortk says:

Je partage complètement cet avis ( grosse ficelle, fan service, mignonnerie etc ). Je l’ai vu avec une asso fan de Star Wars ( Star Wars Côté d’Opale, organisateur de la Chtar Wars). Les anciens ont apprécié mais soulginaient un manque de repère pour eux par rapport à « leur » Star Wars. Perso, j’ai bien aimé Rotta le Hutt qui nous change de l’image des Hutt. J’ai bien aimé le côté animatironique de pas mal de créatures. On est loin de la profondeur d’Andor, on n’apprend pas grand chose sur les personnages mais ce n’est clairement le même public qui est visé.

Sith says:

Oui, je suis d’ accord Rotta le hutt est vraiment une bonne surprise mais…..pourquoi le faire parler autre chose que sa langue ? Surtout que son petit résumé sur la relation père/ fils/ famille est vraiment trop appuyé façon Disney. Sinon un bon point pour les amanaman ! Je ne pensais pas voir cet alien franchement incongru ( rappelez vous la fig de 85) c’ est un sketch. Mais là, j’ avoue….. ça passe. Et en bon psychorigide, je finirais sur un regret de ne toujours pas voir de B- wing en action alors que la base rebelle en montre un posé au sol….. décidément, on y arrivera jamais. Pour le reste tout est dit par Blaster.

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