Série TV Netflix Marvel : Critique de Daredevil Saison 3

Le diable de Hell’s Kitchen a fait son grand retour sur Netflix. Après des saisons en dents de scie, les producteurs semblent avoir résolu quelques problèmes narratifs pour se consacrer au fond du personnage classique : son rapport à la violence et à la loi.

Daredevil Saison 3 : la rédemption

Tour à tour soldat de Dieu, justicier incontrôlable et ange déchu, Matt Murdock affronte à nouveau le seul méchant incontournable de ses comics : le Caïd. Bien sûr, Vincent d’Onofrio n’a pas gommé les défauts de son jeu. Sous ses traits, Wilson Fisk semble parfois immature et trop émotif. Pourtant, il n’a jamais été aussi crédible dans sa faculté de manipulation et sa détermination. Le choix du costume blanc est d’une rare pertinence et satisfera les fans des comics. D’Onofrio, souvent coupable aux yeux de l’auteur de ces lignes de surjouer son rôle, réussit à merveille dans son rôle d’agent corrupteur subtil et porte Bullseye sur les fonts baptismaux avec une efficacité diabolique. Saluons également la volonté de donner une véritable origin story à ce personnage secondaire. A propos d’origines, l’épisode consacré à la jeunesse troublée de Karen Page apporte enfin un peu de profondeur à un personnage que je jugeais irritant au possible. J’ajouterais que les scénaristes en plaçant une citation de Star Wars dans les dialogues de cet épisode ont probablement troublé mon jugement.

Des défauts persistants ?

Passées ces bonnes surprises, du point de vue de la mise en scène, en revanche, les réalisateurs oscillent entre le très bon et le très mauvais.

La scène où Bullseye et Daredevil s’affrontent pour la première fois fonctionne très bien, les talents du nouveau super-vilain sont correctement exploités et visuellement convaincants. D’autres scènes sont moins convaincantes. L’émeute dans la prison est à la fois une bonne trouvaille, avec quelques scènes de baston dans un couloir qui faisaient vaguement penser au sublime travelling du deuxième épisode de la saison 1. Cette scène géniale où Murdock affronte tout un gang de malfrats russe pour délivrer un enfant kidnappé. Mais l’issue de cette séquence n’est guère convaincante : les fumigènes dans la cour de la prison font bas-de-gamme et les quelques affrontements devant le portail donnent l’impression d’une mauvaise série européenne. Des problèmes de cadrage et de crédibilité scénaristique pour cette scène en extérieure mal gérée.

Mais c’est parfois dans le jeu et la direction d’acteurs que la série montre parfois ses limites. La scène de la mise à l’écart prélude au craquage de Bullseye alterne plans maladroits (c’est quoi ce plan avec les journaux tout neufs exhibés par les agents du FBI ?) et phrases toutes faites… Mais on passe vite là-dessus pour se concentrer sur l’essentiel. Le vrai kiff d’une série qui malgré une grande prévisibilité arrive toutefois à surprendre et à maintenir en haleine par son intrigue policière.

On apprécie aussi l’utilisation de la tenue de Daredevil par un méchant. On croirait presque retrouver la sensation de ces vieux comics du Silver Age dont la couverture laissait croire que votre héros préféré était méchant ou affrontait un autre super-héros.

Daredevil Saison 3

 

Bien joué, Netflix

Au final, Daredevil continue à être le moteur des séries Marvel Netflix. Premier super-héros ainsi traité, il est sans conteste le plus réussi et permet à Netflix de sauver la baraque d’un deal avec Disney qui touche à sa fin comme en témoignent les annonces de l’annulation des saisons 3 de Luke Cage et d’Iron Fist.

Dans l’attente de plus d’info sur le sort réservé au Punisher et à Jessica Jones, le départ des super-héros Marvel de Netflix se conclue par une sorte d’apothéose (relative). Une conclusion idéale pour un héros de plus en plus christique…

 

 

Blaster
A suivre

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