Rhapsodie Française d’Antoine Laurain. Editions J’ai Lu

Un médecin fils de médecin reçoit un jour un courrier qui a mis 33 ans à lui parvenir. Ne riez pas : ça arrive hélas ! Et voici comment débute Rhapsodie Française, roman surprenant d’Antoine Laurain dont on vous conseille fortement la lecture.

La lettre en question, qui donne lieu à d’extraordinaires saillies hilarantes et retournements de situations assez spectaculaires date… de septembre 1983 ! Pour vous situer l’époque et vous donner encore plus envie de découvrir ce livre, sachez qu’on est à quelques semaines de la sortie du Retour du Jedi. Pourtant, même si Star Wars et même le Professeur Simon de Capitaine Flam sont cités, l’histoire porte moins sur le ciné que sur la musique de cette période, plus précisément les New et Cold Waves du début des années 1980.

La lettre pique la curiosité de son destinataire qui va se mettre en quête de… de quoi exactement ? Une cassette audio ou autre chose ? Mais quoi ? Ou qui au juste ? Peut-être au fond ce qui nous motive tous, bien plus que de réentendre un vieux tube mais chut… N’allons pas spoiler ici des écrits qu’on n’oserait dévoiler s’il s’agissait d’une série ou d’un film ! Ce livre comblera cependant de bonheur quiconque a tenté de retrouver un correspondant d’il y a plus de trente ans ou recherché l’aventure à mesure que son âge avance !

La mémoire, l’amour et l’amitié, les souvenirs et le temps qui passe… L’Art, les médias, les idées politiques aussi : de tout cela on pourra quand même dire qu’il est fortement question dans Rhapsodie ainsi qu’à une certaine idée du bonheur et on pense grandement au Grand Meaulnes, explicitement cité. Alain (!) le héros connaitra un destin plus subtil que François, le narrateur du chef d’œuvre d’Alain-Fournier mais croise moins souvent l’équivalent de Meaulnes, l’autre héros marquant de l’histoire, désigné sous les initiales de JBM, présidentiable auréolé de mystère et entouré d’une non moins mystérieuse Aurore…

C’est un bouquin format poche de 300 pages qui se lit à toute vitesse, en quelques trajets de transport en commun, idéal à commencer un 21 juin, et qui vous tient en haleine par son pitch nostal-geek à souhait et ses twists dignes des meilleures séries du moment. D’ailleurs les droits d’adaptation, semble-t-il, ont été rachetés par des producteurs de séries britanniques. Mince alors : pourquoi des britanniques ? Il faudra voir ce que cela donne mais, à titre personnel, je pense qu’il serait dommage qu’une adaptation passe « cinématographiquement parlant » à côté de la Gare de Lyon et de son célèbre Train Bleu…

Un extrait au hasard…

Roman à clef et à codes, on y sent que l’auteur s’amuse comme un fou aussi bien avec les patronymes inventés qu’avec les personnages réels que ses personnages croisent au fur et à mesure du récit. On pense à des hommes politiques (Emmanuel et Marine forcément un peu, le livre a été écrit peu de temps avant le début de l’élection présidentielle), à de nombreuses femmes aussi : la structure du roman leur accorde d’ailleurs le privilège de chapitres dédiés en italique qui ponctuent la lecture et apportent des éclairages fondamentaux sur l’histoire. Chose rare avec un roman, on se prend à la toute dernière page (qui semble faire un clin d’œil au Hussard sur le toit de Giono) à avoir envie de le relire de suite une deuxième fois… On comprend de facto l’achat des droits d’adaptation…

Si son récit vous fera forcément penser  un moment au film Mes Meilleurs Copains (Jean-Marie Poiré), Rhapsodie Française s’en éloigne pour décrire notre société française contemporaine à travers ses dérives, ses excès et nombres d’absurdités susceptibles de vous faire hurler de rire (mention spéciale pour un message thaïlandais, j’en pleurais de rire dans le métro !). Le tout numérique et les nouveaux comportements récents de nos compatriotes sont traités avec humour mais jamais avec condescendance ni méchanceté ou ponctué d’un discours moralisateur du type « c’était mieux avant ».

4ème de couverture… si vous ne vous êtes pas encore rué dessus…

Antoine Laurain parvient en effet à ne jamais faire regretter telle ou telle époque mais bien à susciter l’intérêt pour chaque instant, présent passé ou futur : on se prend tout à la fois à la lecture de Rhapsodie Française à vouloir réécouter Eurythmics ou Indochine, relire Shakespeare, s’ouvrir une bonne bouteille de Bourgogne… tout en profitant de tout ce que le XXIème siècle nous offre à portée de clic ou « en vrai », sans aucun scrupule ! Car indiscutablement, « we are made the same stuff dreams are made of » !

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