Un Western en mode Hostiles

Depuis True Grit, on attendait un vrai bon Western, les deux tentatives de Tarantino (The Hateful 8 et Django Unchained) avaient en leur temps apporté leur dose de cheval et de Colt nécessaire à l’épanouissement de tout cinéphile, mais la marque du maître nuisait un peu au réalisme de ses films.

Avec Hostiles, le réalisme est la principale préoccupation, ce western est sombre et dramatique. La violence parfois suggérée parfois explicite colle avec ce double portrait rugueux d’un pays en construction et d’un homme à l’aube d’une nouvelle vie.

Christian Bale y campe un officier de cavalerie qui a passé toute sa vie à chasser et à tuer des Amérindiens et dont l’ultime mission avant de prendre sa retraite le conduit à escorter un chef cheyenne mourant du Nouveau Mexique au Montana. Au long de ce trajet, les rencontres avec les fantômes du passé sont nombreuses.

Malheureusement le poids des silences, parfois longs; s’équilibre mal avec des monologues sentencieux et assez peu inspirés. Malgré le talent des comédiens, l’incroyable Rosamund Pike en tête, le film pêche également par la sous-exploitation de certains personnages relégués souvent au rang de caricatures. C’est d’autant plus dommage que certaines situations sont vraiment intéressantes et recèlent, chose rare dans le genre Western, de réelles surprises. Visuellement, en revanche, on prend une claque avec la découverte des États-Unis du sud vers le nord. L’importance du décor naturel explique probablement l’écueil contemplatif dans lequel tombe le réalisateur de ce film très fort et qui, sans renouveler le genre, s’impose comme un très bon western.

Pour l’anecdote, Christian Bale n’est pas le seul acteur a avoir incarné un personnage de DC Comics, le fils (et compagnon d’infortune) du chef, Black Hawk, est joué par Adam Beach qu’on a vu récemment dans Suicide Squad (entre autres films et séries)

 

Blaster
A suivre

2 comments

sith says:

Autrefois on on donnait une vision propre et bon enfant des westerns et de cette époque.
Aujourd’hui il est de bon ton de casser les mythes et de tout rendre triste et franchement « dégueulasse ». Mouaif…..Je ne suis pas convaincu.

Je reste toujours dubitatif sur le cinéma et sa vision déformée du passé. Plus on avance et plus on pastiche.
Comme toute époque de l’humanité, il y a eu du bon et du mauvais, du triste et du gai mais de là à être aussi manichéen dans un sens ou dans l’autre, ça me désole.
Les blancs n’étaient pas tous mauvais et les indiens tous bons.
On a l’impression que, sous couvert de « repentance » mal placée, tout « colon » était une ordure……Difficile à croire.
Je crois plutôt que les hommes sont portés par des idéaux personnels qui peuvent mener au meilleur comme au pire mais transformer l’Histoire, cracher sur le courage de ces hommes, nier qu’ils ont « fait l’Amérique » est la plus grosse bêtise crasse que l’on puisse dire.
Le message passe mal et les faits sont têtus.
Quand on cherche un peu, on découvre que ces soldats en bleu étaient des migrants, souvent très pauvres, crève la faim qui s’engageaient pour une solde minable et laissaient souvent leur vie dans une prairie quelconque dans une mort sans gloire de maladie bien souvent, d’une flèche parfois.
J’ai donc plus de respect pour ces anonymes et leur sacrifice que pour ces réalisateurs qui ne connaissent pas grand chose à l’Histoire de leur propre pays……Triste.

Blaster says:

Bah de fait, le film montre bien cet aspect de la société américaine, assez loin du manichéisme que pourrait laisser supposer le titre.

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