Pour la rentrée, je vais enfin finir la critique que j’avais prévue pour le livre Art of consacré à la série Star Wars: The Acolyte. Il était temps me direz vous, mais j’ai préféré parler d’abord de celui sur les deux saisons d’Andor car je tenais à me replonger dans les séries avant d’écrire.
The Acolyte a mieux vieilli que je ne m’y attendais, mais le visionnage comme la lecture de ce livre confirment l’erreur originale de Lucasfilm et des show runners à propos de cette série : le cadre historique. En effet, comme je l’indiquais à l’époque, contrairement aux productions précédentes, The Acolyte ne se déroule pas dans une période avec laquelle le grand public est familier. En effet, le choix de la période de la Haute République s’est avéré audacieux. Elle commence en 500 BBY et s’achève en 100 BBY. soit près de 80 ans avant la guerre des clones. Elle a toutefois fait l’objet d’une attention particulière de Lucasfilm qui y a consacré plusieurs séries de romans et de comics.
Ce problème chronologique se retrouve dans la direction artistique. Alors que la série se déroule en 132 BBY (une date confirmée par Lucasfilm, malgré l’erreur manifeste du texte du carton d’introduction de l’épisode 1), le livre Art of The Acolyte répète à plusieurs endroits que les artistes ont travaillé autour d’une approche médiévalisante de Star Wars. L’idée sous-jacente étant probablement de montrer clairement la différence entre les époques connues de Star Wars (entre 32 BBY et 35 ABY) et le nouveau cadre de référence de la haute république, mais l’échelle de temps ne colle pas. Il faudrait plutôt viser un style steampunk ou victorien pour coller au décalage temporel.
Je trouve l’exercice particulièrement compliqué alors que l’échelle de temps de la République s’étend sur 25 000 ans ! Comment marquer des différences technologiques, architecturales ou culturelles majeures à 100 ans près ? Je ne pense pas que notre esprit puisse digérer de telles nuances et il est préférable que la DA n’ait pas trop insisté là-dessus et ait préféré se concentrer sur des détails vestimentaires comme la couleur des tuniques Jedi. L’auteur raconte à ce propos que l’idée est venue de Kathleen Kennedy qui faisait remarquer que le côté monochrome et terne des habits Jedi avait un impact marketing négatif dans les rayons de jouets. Elle avait bien raison !
La création artistique se distingue également par l’introduction d’artistes au style un peu différent. L’ajout de ces fonds, par exemple, détonne par rapport aux esquisses habituelles.

Les concepts autour du masque de Qimir partent aussi très loin.


Si tout le monde s’est concentré sur l’Etranger, alias Qimir, et le seigneur Sith Darth Plagueis, certains concepts, comme le costume d’Osha en meknek, sont particulièrement savoureux.

L’idée d’une tenue qui servira plus tard d’inspiration aux droïdes astromécanos m’a beaucoup plu, par exemple.
Certains casques sont directement inspirés par les costumes de McQuarrie et de John Mollo.

Le livre est dispo depuis quelques mois déjà. Vous pouvez le commander ici et contribuer au financement du site. Nous vous en remercions de tout notre coeur.
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