Stranger Things – Final saison 5 : des couacs dans le chant du cygne des Duffer Brothers

Voilà, c’est fini… Netflix a diffusé le huitième (et ultime) épisode de la dernière saison de Stranger Things et il semble difficile de dire autre chose que : tout ça pour ça ?

Avis de recherche : on a définitivement perdu les Duffer Bros

Après presque dix ans à suivre des ados dans leurs aventures initiatiques contre les monstres de l’Upside-Down et les méchants scientifiques et militaires des gouvernements américains et soviétiques, j’espérais un truc qui envoie du bois. Les trois premières saisons avaient su s’enchainer relativement rapidement (sans pandémie ni grève de scénariste, ça aide) créant une trajectoire pour cette bande de nerds attachants. Mais dès la saison 4 quelque chose a rippé. La délocalisation d’une partie des personnages en Californie ou en Sibérie [soupir] et l’abandon de l’esprit balade dans les années ’80 ont contribué à une double perte de repères géographiques et temporels pourtant essentiels dans les oeuvres imaginaires un peu charpentées. La saison 5 malgré des éléments prometteurs de la première partie, a vite tourné au vinaigre dans la deuxième. Alors c’était avec l’unique espoir d’une final propre que j’entamais le visionnage de l’épisode 8 de la cinquième et dernière saison de Stranger Things.

Strangers Things : plus bavard que haletant

La partie 2 m’avait un peu échaudée. Bavarde au mauvais moment, elle montrait en fait le vrai pouvoir des héros adolescents : celui d’arrêter le temps (peu importe qu’une menace imminente les guette) pour se lancer dans des dialogues plus ou moins profonds, et surtout mélodramatiques. Encore mieux que la télékinésie !

La caricature comme solution ?

Si j’ai bien aimé le côté bad ass de Nancy Wheeler dans les saisons précédentes, sa transformation en fille naturelle de John Rambo et d’Ellen Ripley m’a semblé un poil excessive… A croire que la vache à lait de Netflix ne s’envisage à un certain moment que dans la répétition ; jusqu’à devenir sa propre caricature ?

Autre problème le grand méchant depuis la saison 4, et dont on a appris qu’il était derrière l’ensemble des événements de la séeie, ne serait au fond qu’un outil pour le Flageleur mental. Cette vlase-hésitation m’embête vraiment car cette créature est vraiment peu adaptée. Sans back story, ni explication ou contexte pour le caillou qui transforme Henry Creel, on n’est pas plus avancé à la fin de cette série sur la réalité de la menace et le lien entre l’Abîme, le Monde à l’envers et le nôtre… Le fait que le Mind Flayer soit finalement un kaiju/camping-car n’aide pas vraiment non plus.

Happy End pour tous ?

Si je me réjouis que certains personnages survivent (coucou Steve et Dustin), le body count ridicule de ce final est le seul truc qui m’ait fait froid dans le dos en le regardant. Kali et El ? Et, c’est tout. Et encore, je ne suis pas sûr que les auteurs n’inventent pas un truc sur les aventures d’Eleven dans l’Abîme qu’elle aurait rejoint par magie après son sacrifice.

J’ai tout de même souri en voyant mes illusions s’envoler sous la forme de cette bicyclette abandonnée dans l’Upside-Down après la destruction de la matière exotique. C’est donc là qu’était passé le souvenir d’Eliott et des Goonies ?

Près de la moitié (au pif) de la durée de l’épisode 8 est consacrée à l’épilogue. C’est extrêmement long et même si c’est narré pour partie par la délicieuse Rockin’ Robin alias Maya Hawk, cela reste moyennement intéressant.

Le seul vrai clin d’oeil se situe finalement (et logiquement) dans le générique où un guide du joueur de Stranger Things à la façon DnD illustre la distribution. j’imagine que Netflix a déjà proposé le concept à un éditeur (Wizard ?) et qu’on le verra bientôt en rayon. Toutefois, comme le marketing de Netflix laisse beaucoup à désirer avec cette série (je reviendrai sur les jouets Strangers Things prochainement), il est probable que je me berce d’illusions.

7 comments

FurySanctuary says:

Bien résumé, série qui s’essouffle, perd le concept et la force des débuts, évènement prévisible ou ou contexte, sans oublier un final plat.
Ça se regarde, c’est agréable mais clairement oubliable comme souvent malgré le fait que comme toute chose en nos temps, l’excès populiste clarifie cette série de banger du siècle.
Ces mêmes personnes qui feront le même constat à la prochaine série qui fera de l’audience.
Plus qu’à attendre un préquel/spin off pondu par le marketing pour continuer à essorer jusqu’à l’excès, l’indigestion d’une licence en vogue.

Tu ne tiens pas compte du tout de ce que raconte Mike au sous sol à la fin de la partie de D&D sur le sort d’Eleven?
Si j’ai trouvé ça un peu gros et facile, ça a eu le mérite d’expliquer comment Eleven fait de la magie alors qu’elle est bombardée d’ondes sonores

Tu vas rire mais je l’ai pris comme un espoir, une hypothèse rassurante du perso.

j’ai vu en effet que pas mal de gens le prenait comme ça. Pour ma part, même si c’est bancal et ça n’explique pas grand chose, je ne l’ai tout de suite vu comme la vérité, la version « officielle » ayant encore plus de problèmes de cohérence…

jp says:

Moi je l’ai pris pour les 2, une fin ouverte, on croit une version ou une autre. Ou une façon pour mike de se donner du courage pour avancer, vu que chacun de ses amis dit « j’y crois » sans pour autant en avoir une preuve. Moi ce qui m’a fait tiquer c’est la distance pour l’illusion alors que la soeur était en train de mourir.

ayorsaint says:

Stranger Things saison 5
Moment agréable comme pour les saisons 1 et 2. La 3 était selon moi en dessous et la 4 inégale avec des très hauts (hawkins et la fabrique) et des bas (russie).
J’ai du mal à comprendre certaines critiques. En effet, je lis et j’entends beaucoup qu’il y a trop de choses invraisemblables ou incohérentes qui se produisent. Mais c’est le cas depuis toujours dans la série !!! Alors, est-ce le fait que les enfants ont (trop) grandi qui créé ces réactions ? On l’acceptait mieux quand ils étaient des Goonies en herbe ?
Sinon, je rejoins la déception majoritaire pour le combat final et le fait que Vecna ne soit pas finalement le last boss. Ou alors, il aurait fallu lui offrir une belle rédemption dans ce cas et faire du flagelleur mental un vrai opposant de qualité.
Aucune explication aux pouvoirs des Henry dans la grotte, ni au pourquoi des Abysses. Franchement, je m’y attendais tellement… Ça se sentait depuis les débuts que les frères Duffer n’avaient pas le moindre début d’une explication à tous ces phénomènes inexpliqués. Alors, quand il faut broder au fur et à mesure, c’est rarement génial… et on se retrouve avec une théorie scientifico/physico totalement foutraque.
Par contre j’ai adoré la dernière heure avec les beaux adieux entres nos héros. Que ce soit sur le toit en version FRIENDS ou autour de la table de D&D, les larmes ont eu du mal à rester accrochées à mes paupières. Pour moi, c’est toujours un gage de réussite, donc bravo et merci aux réalisateurs et aux acteurs pour ces moments inoubliables. d’autant que jusqu’alors la série n’avait jamais réussi à m’émouvoir de la sorte.

jp says:

Le moment des adieux m’a fait penser à la fin d’une enfance, à maintenant on laisse la place aux autres jeunes, on grandit et on passe à autre chose.

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