Buscema, Druillet, Miller s’exposent au Louvre

Le musée du Louvre présente dans sa Petite galerie une exposition consacrée à l’archéologie et à la bande-dessinée.

Exposition : l’archéologie en bulles

du 26 Septembre 2018 au 1er Juillet 2019 à Paris.

 

Le public pourra, d’un côté, s’approprier la démarche de l’archéologue et, de l’autre, comprendre comment, à leur tour, les auteurs de bande dessinée s’emparent du vaste champ d’étude qu’est l’archéologie. Se glisser dans les pas des curieux, amateurs et archéologues épris d’Antiquité ; découvrir fortuitement des « trésors » ; exhumer des objets enfouis à différentes époques, les classer puis essayer de les interpréter.

Autant d’étapes qui seront l’occasion de montrer comment le 9e art s’approprie, entre réel et fiction, les découvertes archéologiques à l’origine des collections du Louvre.

Buscema, Druillet, Miller… Une pléiade pour une expo

Les amateurs de BD et de comics ne seront pas déçus car de très belles œuvres originales jalonnent le parcours. D’Enki Bilal à John Buscema en passant par Frank Miller et Jacques Martin, l’influence des découvertes archéologiques dans la BD est flagrante.

Les ressources mobilisées par le Louvre font saliver comme cette planche incroyable de Druillet.

L’expo s’articule autour de quatre espaces permettant d’approcher des thèmes importants de l’art.

  • Artistes et archéologues. La figure de l’archéologue professionnel émerge avec les missions du XIXe siècle. Dessins, relevés, publications deviennent alors ses outils. L’archéologue, comme le dessinateur de bandes dessinées, utilise le carnet de croquis pour fixer objets, sites ou personnages d’études. La BD, toutefois, met en scène des reporters, des détectives ou des aventuriers en lieu et place de notre savant.

 

On découvre dans les carnets de croquis des archéologues un talent artistique fascinant.

 

  • Trésors archéologiques. L’histoire de l’archéologie est ponctuée de découvertes extraordinaires et inattendues. Pour l’archéologue, le mot «trésor» revêt cependant une signification particulière : des pièces d’orfèvrerie enfouies intentionnellement pour  échapper  à une catastrophe naturelle ou un conflit ou, comme dans l’Orient ancien et l’Égypte des pharaons, le dépôt volontaire d’un ensemble d’objets consacrés à une divinité notamment pour la fondation d’un sanctuaire. La BD aime mettre en scène les moments de ces découvertes fortuites ou non, en montrant ses héros en quête de trésors ou de civilisation disparues.

 

  • Classer pour comprendre. En utilisant la description et la comparaison des sciences naturelles, l’archéologue répertorie, classe et propose des typologies de matériel selon le décor, la forme ou la technique. Pour dater ces œuvres, il observe les conditions de la découverte (niveau d’enfouissement, traces de destruction…) qu’il cherche à rattacher à des événements connus par ailleurs. Le dessinateur de BD évoque ces strates du temps à travers le souvenir de ses héros ou compose sur une planche sa propre typologie d’objets.

 

  • Interpréter et rêver et Quand la bande dessinée imagine. Après le temps des fouilles vient celui de l’étude et de la publication : l’archéologue rassemble les données matérielles à sa disposition et doit les interpréter. Sans  contexte  de  découverte,  un  objet  archéologique est plus difficile à interpréter. La bande dessinée s’est intéressée aux personnages historiques comme aux héros mythiques, aux sites archéologiques réels comme à des lieux imaginaires. La fidélité historique est parfois respectée mais le plus souvent, le réel est transfiguré et devient fiction, voire science-fiction.

La fascination pour les vieilles pierres, et l’histoire en général, est un phénomène récurrent pour les artistes y compris dans le 9ème art.

Avec Alix, on est en plein dans la recherche de sources historiques fiables pour crédibiliser l’histoire.

 

 

Un enjeu que ne retient pas particulièrement Frank Miller dans son interprétation de la bataille des Thermopyles.

De Piranese à Harold R. Foster, l’artiste redonne vie à un passé fantasmé. L’Egypte antique et l’Europe médiévale inspirent plusieurs générations.

Figure incontournable et souvent bien malmenée de l’imaginaire médiévaliste, le roi Arthur et son temps concentrent des anachronismes avec une rare intensité.

C’est toutefois sans comparaison avec cet étrange cimetière de cathédrales sis en pleine forêt amazonienne.

Même la science-fiction et les comics de super-héros peuvent puiser leur inspiration dans les découvertes archéologiques.

Le Surfeur d’argent, confronté à la tentation du trésor, et Flash Gordon, passeur spatio-temporel pour momies égarées, en témoignent.

La dimension onirique de certaines œuvres se retrouve déjà dans les premiers pas du 9ème art comme dans cette planche Little Nemo in Slumber Land.

L’exposition propose aussi de prendre le temps de lire. A force d’admirer les planches magnifiques exposées, on en oublierait presque de s’intéresser à l’histoire qu’elles racontent.

 

Blaster
A suivre

1 comment

[…] La visite commence par un rappel du rôle de l’illustration pour raconter les histoires depuis la nuit des temps. Pictura est laicorum literatura, n’est-ce pas ? Mais c’est avec Little Nemo in Slumberland que prend véritablement naissance la bande-dessinée moderne. On a d’ailleurs retrouvé cette œuvre  dans l’exposition à la petite galerie du Louvre. […]

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