A première vue : Alan Smithee le plus grand réalisateur d’Hollywood

Qui est Alan Smithee ? Probablement le plus grand réalisateur d’Hollywood et personne en même temps. Il s’agit en fait d’un pseudonyme utilisé lorsqu’un réalisateur veut renier l’un de ses films.

Pour être plus précis, ce pseudo a été officiellement utilisé par la Directors Guild of America (DGA) entre 1969 et 2000. Les règles du syndicat imposaient de créditer un réalisateur pour éviter que les studios ne retirent des noms au dernier moment. Sa première utilisation date donc de 1969 avec le film Une poignée de plombs, un western dont le réalisateur a changé en cours de route, passant de Robert Totten à Don Siegel. Aucun des deux ne voulant voir son nom au générique, la DGA a inventé ce pseudonyme, qui est en fait une anagramme de The Alias Men.

Ce pseudo a été utilisé par de grands noms : David Lynch, par exemple, pour la version TV longue de Dune, remontée et rallongée sans son accord et dont il a demandé à être retiré du générique. Même chose pour Michael Mann pour la version télévisée de Heat.

Le système a fonctionné pendant 30 ans jusqu’à la sortie, en 1997, de la satire An Alan Smithee Film: Burn Hollywood Burn. Le film racontait l’histoire d’un réalisateur nommé Alan Smithee, qui voulait renier son film mais ne pouvait pas utiliser de pseudonyme sans créer de quiproquo. Ironie du sort : le véritable réalisateur du film, Arthur Hiller, s’est disputé avec le producteur Joe Eszterhas sur le montage final et a demandé à retirer son nom, se faisant ainsi créditer Alan Smithee au générique. La boucle était bouclée.

L’histoire du cinéma regorge de films reniés par leur réalisateur sans avoir recours à Alan Smithee, et j’y reviendrai probablement dans un autre à première vue.

Olivier

1 comment

Excellent timing, Olivier. Mon prochain article dans cette rubrique évoquera justement le Dune de Lynch.

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