A première vue : l’architecture moderne à l’honneur dans Star Wars Andor

Andor nous avait surpris lors de la diffusion de la première saison par la minéralité et le réalisme de ses décors. Je vous avais d’ailleurs proposé un article à propos de la qualité de ceux représentants la planète Ferrix. Si vous ne l’avez pas lu il y a deux ans et demi, vous pouvez vous rattraper en cliquant ici.

En plus d’avoir privilégié le recoursau backlot toujours plus efficace que de vulgaires fonds verts ou murs LED, Tony Gilroy a tenu a nous donner une identité rétrofuturiste à ses environnements en puisant dans des références architecturales qui parlent énormément à une partie de la population de la banlieue parisienne. L’auteur de ces lignes a grandi à un jet de pierre des chefs d’œuvres rétrofuturiste de Bofill et de ses élèves.

Si tout les médias en France ont titré sur l’inspiration puisé par le show runner dans la série Un Village français pour la saison 2 d’Andor, l’hommage le plus touchant à la culture française et à son ouverture sur le monde relève plus des références architecturales, moins caricaturales, plus subtiles et dont l’impact sur les banlieusards m’a semblé plus puissant.

Commençons par les hommages les plus directs et les plus récents. L’arsenal impérial de Palmo sur Ghorman est, on l’a vu la semaine dernière (lire l’article) un décalque presque parfait du palais de justice de Créteil.

Palmo ou Créteil ?

Le bâtiment impérial construit sur Ghorman a au fil des épisodes pris une forme qui aura semblé bien familière aux habitants de la ville de Créteil.

Le palais de justice du chef lieu du Val-de-Marne a été créé par un duo d’architectes français : Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut. La forme générale du bâtiment suggère un livre ouvert (le livre de la loi) autant que la balance de la justice. Deux éléments qu’on retrouve assez peu dans le système pénal impérial (dont Cassian est à la fois l’une des victimes et l’un des instigateurs suite à son casse sur Aldhani), mais l’Empire n’a pas construit un tribunal sur Ghorman. Il s’agit bien d’un bâtiment militaire.

Ferrix ou Noisy-le-Grand ?

Sur la vue d’ensemble de Ferrix, on remarque immanquablement ce bâtiment en forme de camembert.

L’inspiration ici semble venir de Seine-Saint-Denis avec les Arènes de Picasso de Noisy-le-Grand.

Sur Ferrix, le bâtiment est plus modeste cependant.

La double épaisseur de ce camembert qui forme presque un cylindre tronqué porterait-il la trace (hommage plus marquant encore) des deux bâtiments circulaires se faisant face à Noisy-le-Grand.

Coruscant version Bofill

Les Espaces Abraxas de Ricardo Bofill ont structuré le quartier Mont d’Est à Noisy-le-Grand, cette esthétique post-moderne a longtemps inspiré le cinéma de science-fiction.

On aperçoit leurs bâtiments dans Hunger Games ou dans Brazil de Terry Gilliam tout comme dans le film qui a préfiguré Running Man à savoir Le Prix du danger d’Yves Boisset.

Le décor est en effet idéal pour les films d’anticipation des années 1980 et il me semble que Gilroy a tenté de s’en rapprocher pour peindre son Coruscant.

Les quartiers populaires destinés aux classes moyennes de Coruscant sont à l’image des immeubles de logement du milieu des années 80. Rocardo Bofill a aussi co-créé la place de Catalogne à Paris dont la verticalité néo-classique et l’arrondi rappellent plusieurs aspects de Coruscant.

L’ancrage dans le monde réel et la narration induite par les décors de la série Andor contribuent énormément à son succès. Crédible pour les fans autant que cohérente pour les spectateurs, la galaxie lointaine devient plus familière et plus immersive. Un plaisir pour les yeux et le cerveau.

Blaster
A suivre

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