A Première vue : Alien, xénomorphes dans la brume

Dans le premier film Alien, le 8ème passager de 1979, quand l’équipage du Nostromo explore l’épave du vaisseau des Ingénieurs (oui, je raccroche les wagons avec Prometheus et Covenant), Kane découvre la chambre des oeufs recouverte d’une brume délimitée par une sorte de couche de lumière bleue.

 

Selon le Aliens Colonial Marines Technical Manual, il pourrait s’agir d’une sorte de détecteur de mouvement.

L’édition de 2012 du Technical Manual est encore disponible, je possède celle de 1995 et je la dévore régulièrement tant ses intuitions et sa pseudo-technicité sont des modèles du genre. Je vous invite à vous la procurer si vous aimez l’univers d’Alien (les deux premiers films en tout cas) et si vous lisez l’anglais.

Grosso modo, l’idée c’est que les ovomorphes survivent pendant des années/décennies/siècles et qu’ils doivent se réactiver très vite en présence d’un hôte compatible.

Ce qui rend cette fumée bleutée mystérieuse, au final, c’est son absence dans les autres films de la franchise. En particulier, on ne la retrouve pas dans la chambre de ponte d’Aliens, le retour.

Ma théorie c’est que le vaisseau des Ingénieurs est le seul environnement où l’on voit les oeufs sans reine xénomorphe. En l’absence d’ouvriers et de guerriers, les oeufs génèreraient une brume pour les avertir de la présence d’une proie à féconder. C’est d’ailleurs ce qu’on peut déduire d’une scène coupée du premier film où Ripley croise Dallas encore vivant capturé par le xénomorphe.

Après avoir atteint (rapidement) sa taille adulte, le chest burster devenu xénomorphe peut commencer à collecter des victimes pour la reproduction de son espèce, probablement en faisant éclore rapidement une nouvelle reine.

En fait, cette brume a été créée par hasard au cours du tournage.

En effet, le scénario original prévoyait que Kane devait traverser une membrane – on la voit nettement sur le storyboard –, mais cette option n’a pu être réalisée sur le plateau. Il a donc fallu s’en remettre à une découverte fortuite de Roger Christian, le directeur artistique du film à qui une machine émettant des lasers en cours de développement pour servir lors de la tournée des Who.

Cette image est une capture d’écran d’un concert de 1978 où ce show lumineux fut utilisé pendant le pont de Won’t get fooled again.

Bref, le directeur photo a réussi à intégrer cette invention géniale dans le film de Ridley Scott. Un cas unique dans la franchise, on l’a vu. L’idée de la membrane est elle reprise dans un autre film, Alien: Resurrection. Elle bloque l’accès depuis les cuisines à une chambre d’incubation. Quand Ripley et ses compagnons percent la membrane des face huggers s’activent hors des oeufs.

 

Cette curieuse brume refait cependant une apparition dans la franchise récemment à la faveur de la diffusion d’une bande-annonce pour le film Alien: Romulus.

Peut-être que Alien:Romulus permettra de résoudre ce mystère de la brume entourant les ovomorphes dans le tout premier Alien

2 comments

Tyler says:

Cela fait très longtemps que je n’étais pas passé, et bim premier article, une pépite ! Merci blaster !

Quel plaisir de te relire. Bon retour parmi nous.

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