Spider-Man Across the Spider-Verse : l’œuvre d’art animée

Sans SPOIL

Comment ne pas commencer cet article sans parler de la beauté visuelle du film ? Le premier avait déjà placé la barre très haut à ce niveau-là et personne n’avait réussi à lui arriver à la cheville. Le Chat Potté avait bien essayé l’an dernier avec quelques fulgurances mais sans vraiment le tutoyer non plus. Ce second opus ferait presque passer le premier pour son brouillon. J’exagère bien entendu, car le premier film n’a rien d’un brouillon vous l’aurez compris. Je l’ai vu et revu rien que pour me délecter de sa patte graphique. Mais cette fois-ci, on peut vraiment parler d’œuvre d’art. Pendant l’intro, j’ai carrément été ému rien qu’en contemplant ce qui m’était offert de voir. Oui, comme devant un tableau… de façon tout à fait inexplicable. Un truc qui vient vous toucher émotionnellement au delà de l’histoire qui vous est racontée, juste avec les images. On peut vraiment parler de prouesse, tant chaque univers, chaque décor et même chaque personnage clé a sa propre patte graphique, toutes étonnantes et stylisées.

La réalisation est géniale, rien à redire à ce niveau-là. Il y a des trouvailles par dizaines mais je n’en dis pas plus afin de ne pas gâcher la découverte. Rarement une caméra n’aura été si virtuose, une ou deux fois peut être à l’excès couplé à la débauche d’effets visuels mais c’est pour chipoter. Par contre, je pense que le rythme du film est inégal avec des passages qui auraient mérité d’être expédié plus rapidement quand d’autres filent peut être un peu vite sous nos yeux émerveillés. Le premier était pourtant un sans faute de ce côté-là, dommage.

Le scénario, quand à lui, est le point sur lequel il peut y avoir plusieurs débats. En effet, si celui du premier brille par une simplicité à l’efficacité diabolique, ce second opus joue la carte du scénario alambiqué au risque parfois de se/nous perdre un tantinet. Le sujet abordé, celui du multiverse, peut en effet poser quelques soucis de clarté si on le développe trop. Là où le premier film restait très sobre, le second joue la carte de la démesure. Alors bien entendu, cela génère de la complexité qui elle même peut provoquer la confusion. A tel point que j’avoue humblement qu’il faudra que je revois le film pour m’assurer de deux petites choses qui paraissent encore floues dans ma tête. J’ai même visionné quelques critiques à la sortie de la salle et tout le monde ne semble pas avoir compris la même chose pour le moment. Rassurez-vous ça ne gâche en rien le plaisir ressenti. En effet, le force du film réside plus dans ses personnages que dans son histoire à proprement parler. Le premier avait déjà réalisé une belle prouesse en termes de développement de personnages. Cette fois-ci, on passe la seconde et c’est un pur sans-faute. Arriver à développer et rendre attachant autant de persos en 2h20, c’est très très fort et Disney doit à tout prix en tirer des leçons. L’attachement que l’on ressent pour les héros est essentiel dans un film de collants. No Way Home et Thor Love and Thunder ont raté le coche à des degrés divers alors que c’était si simple de nous embarquer avec les sujets traités. Across the Spider Verse, lui, fait mouche ! On voudrait ne jamais avoir à quitter Miles et ses amis. D’autant qu’il faut en remettre une couche sur la beauté du film et dire qu’il ne m’avait jamais été donné de voir un truc aussi beau. Et je pèse vraiment mes mots. A bon entendeur…

Zone SPOILS

Je ne reviens pas ici sur l’esthétique du film, tout a déjà été dit. Attardons nous par contre sur la réalisation. Vous en avez pensé quoi vous des séquences avec la tête à l’envers ? Comme moi, elles vous ont retournés ? Vous vous êtes demandés pourquoi aucun film de Spidey n’y avait pensé avant ? Et nous avec ? Vraiment génial !!! Et que dire des ballets aériens… On en avait eu de beaux avant aujourd’hui, mais celui qui met en scène Miles et Gwen au moment de leurs retrouvailles est un moment de grâce.

Le premier combat dans la dimension de Gwen est d’une beauté à couper le souffle également. Ce Vautour n’est-il pas l’un des plus beaux personnages jamais mis en scène dans une œuvre animée ? On regrette presque qu’il disparaisse aussi vite, remplacé par La Tâche. Le traitement de ce personnage fait un peu tâche justement. Sa montée en puissance et en menace est intéressante mais il disparaît ensuite de façon inattendue et maladroite dans le dernier quart du film. A voir dans le troisième opus ce qu’on lui réserve… D’ailleurs on touche là du doigt le plus gros défaut du film. Le troisième opus. Ou plutôt, le fait que ce second opus ne se suffit pas à lui-même. L’Empire contre attaque ou Infinity War appelaient clairement une suite. Mais ces deux films avaient un dénouement propre. La structure narrative était achevée. Certes, de façon peut être insatisfaisante selon vos goûts. Sur une victoire de l’antagoniste, ce qui peut déranger. Mais il y avait bel et bien une fin. J’ai d’ailleurs toujours adoré ces films pour leurs fin douces amères. Ici, rien de tout ça. On a droit à un A SUIVRE avec l’action coupée sur un momentum émotionnel. Une série peut se le permettre mais un film le peut-il ? Cette question n’aura sûrement plus lieu d’être quand la suite nous aura été livrée en avril prochain. On pourra alors se faire les deux films en enfilade pour plus de quatre heures du plaisir qu’on imagine. Un peu comme une Snyder cut. Mais le fait est qu’en l’état on sort de la salle frustré de fou. D’autant que j’ai plein de questions qui me trottent dans la tête en mode : incohérent ou pas ? Je vous les pose là. Pourquoi Gwen se demande où est Miles, elle et les autres devraient se douter qu’il est dans l’univers 42 non ? Comment se fait-il que l’oncle et le Miles de l’univers 42 ne semblent pas plus surpris que ça de voir débarquer un autre Miles ? Ça ne paraît pas étrange que tous les Spidey suivent Miguel O’hara sans sourciller alors qu’ils auraient l’occasion de sauver un tas d’oncles Ben et de capitaines ??? Un Spidey n’est-il pas par essence voué à faire des erreurs du type je sauve une personne au risque d’en condamner d’autres ? Je sauverai les autres ensuite… Bon, toutes ces questions ne m’ont pas fait bouder mon plaisir, je vous rassure, mais elles me trottent dans la tête en attendant la suite quand même.

Une autre question ? C’est qui votre Spidey préféré ? Le Spider Punk anarchiste au style graphique inédit et assumé ? Spider Man 2099 en jusqu’au-boutiste badass ? Ben Reilly et ses gros muscles de Play Boy ridicule ? Spider Woman enceinte ? Peter B. Parker devenu papa ? Pour ma part j’ai fait mon choix. En cette période de féminisme parfois mal assumé et de wokisme qui me fatigue, Gwen est une put… de bouffée d’oxygène. Le petit garçon qui sommeille en moi était déjà un peu tombé amoureux d’elle au premier épisode mais cette fois-ci j’ai chaviré totalement. Elle est devenue l’alter ego de Miles, partageant la vedette avec lui. J’irai même plus loin en disant qu’elle lui a volé. Sa relation à son père est bien plus touchante que celle de Miles à ses parents. Son univers est d’une beauté mélancolique à faire pleurer, variant au gré des émotions qu’elle ressent. Elle pue la classe à chaque instant et a un caractère fort et doux à la fois. Vivement la suite pour qu’elle parte sauver Miles et rattrape son erreur. Je l’accompagnerai volontiers pour un voyage de deux heures ou plus dans cet/ces univers foisonnants et merveilleux. Elle et Miles, bien entendu, mon meilleur pote, la petite araignée du quartier à qui on fait un check quand elle frôle notre tête dans une pirouette acrobatique à bout de toile.

Ayorsaint

9 comments

Rider says:

Sympa comme critique
Alors pour la question ce n’est pas si simple de répondre
J aime toujours autant le Peter de la terre 616 .. même si ça serait qd meme bien qu’ils se décident à le rendre un poil moins ridicule systématiquement ^^ mais oui Gwen est un perso très attachant ! Elle vole même la vedette de nombreuses fois à Miles qui est un peu trop lourdement propulsé comme étant le gars qui va ramener l équilibre de la Force …
Miguel O’Hara est très Dark .. Le mec qui prends les décisions difficiles .. tout ça… lui c’est clairement le Batman du groupe .. perso je ne comprends pas en effet comment les autres Spideys peuvent le laisser aux commandes ..et comme toi y a des questions auxquelles j ai pas de réponse
Et je trouve même que ses fois pour des effets scenaristiques ils se fourvoient un peu par rapport à l esprit de Spidey.
Mais ca n’est que mon avis bien entendu! ^^
Pour le 42 .. a la seconde ou l ordi l’annonce Bah en effet j ai pas compris comment ils pouvaient tous être surpris …?!
Ah d ailleurs … d ou ça sort le numéro sur l araignée qui indique un truc pareil ?!
La aussi c’est pas un peu tiré par les cheveux de Slipman ?
Bref…
Vivement la suite qd meme … et la barre étant très haute j avoue avoir hâte !
R!

ayorsaint says:

Merci pour le compliment 😉
Miguel est un peu plus qu’un Batman selon certains et pourrait se révéler le méchant du second film… moi je te rejoins et je vois en lui un Batman très torturé qui reviendra à des pensées plus équilibrées ensuite.
Certes l’esprit Spidey n’est parfois pas respecté dans ce film je l’ai signalé aussi dans la critique. Mais finalement, avec quelques jours de réflexion en plus, je me dis que c’est sympa de sortir des sentiers battus et que ce n’est pas non plus drastiquement bafoué. Ça rend juste tous les autres spideys de l’académie un peu relou et sans réflexion propre… mis à part le fabuleux Obi

jp says:

Bien vu pour l’ordi, n’ayant pas retenu les numéros d’univers je n’avais pas capté. Avec le fiston on a passé un très bon moment. Par contre, pour le ressenti des relations plus fortes entre père/fille : Gwen et famille/fils:Miles, j’ai ressenti le contraire. Et je me suis dit à ce moment là que cela était peut être lié au cas de chaque personne regardant le film. J’explique, une personne ayant une relation père/fille sera peut être plus touché par le cas de Gwen. Et je pense que cela est voulu par le film et pour marqué la similitude des cas des héros, mais aussi pour toucher sur un spectre large. Si c’est le cas, c’est excessivement malin. J’ai été très déçu par le rôle de mon hoodey spidey préféré, Scarlet spider. Je ne spoilerai pas plus, mais moi aussi, je suis sorti du cinéma avec quelques question. “La tache”, viendrait de l’autre univers car l’araignée viendrait du sien. Mais alors comment siat-il que c’est Spiderman/Miles morales qui est responsable du problème puisqu’il vient de l’autre univers?

jp says:

On a déjà une théorie sur le combat final du prochain opus. Equipe de gwen contre méchants des autres univers venant par des portails (façon my hero academia)

ayorsaint says:

A condition que ce ne soit pas le cœur du film mais juste une partie du combat final en mode Endgame… Alors pourquoi pas, ce serait même assez stylé 😉

ayorsaint says:

Salut JP
J’ai un fils et je t’assure que j’ai préféré la relation de Gwen à son père 😉
Pas trop compris ce que tu veux dire sur la tâche, pour moi il vient bien de l’univers 616…

jp says:

J’ai cru que le scientifique “la tache” venait également de l’univers de l’araignée qui a piqué Miles, mais je me suis trompé. Comme quoi, j’ai bien besoin de revoir le film, car j’étais en mode “profite un max” sans faire attention aux détails des numéros d’univers. Par exemple, impossible de dire quel est le numéro de celui de Mumbathan.

Rider says:

Euh Ayor ?
Je ne crois pas
C’est un scientifique qui travaillait pour FISK mais celui de l univers de Miles donc pas l univers 616 car le 616 c’est le notre avec le Spidey bedonnant / avec Bébé
L univers de Miles c’est l univers Ultimate et ici je crois qu’il est estampillé 1610 ou un truc comme ça..
R!

ayorsaint says:

Alors confusion de nombres pardon
Mais il vient bien de lunivers de Miles 😉

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