Libre Antenne : Illégal Alien par Nicolas Fleurier – Deuxième partie

 

Seconde partie du travail de Nicolas Fleurier. A travers le concept de réverbération culturelle, Nicolas va mettre en perspective la licence Alien avec des déclinaisons plurielles présentant des similitudes plus ou moins officieuses. 

Nous vous invitons à lire ou relire la première partie du travail passionnant de Nicolas afin de (re)découvrir d’autres symétries. Vendredi prochain nous vous proposerons la troisième et dernière production sur le sujet. Bonne lecture à tous.

 

Dans les figurines articulées : « unclouded by conscience, remorse, or delusions of morality »

Les figurines « xénomorphiques » des gammes Star Adventure, Stellar Force et UltraForce avec le « Cuckoo alien » au centre (crédit photographique : Phillip Wlodarczyk)

 

La réverbération culturelle peut être difficile à dissocier de l’intention commerciale dans le domaine des jouets, où elle apparaît comme une « profitation » qui mène à multiplier les copies et les faux alors qu’elle ressemble davantage à une contagion, car elle prolonge le monde sous licence par un monde officieux en associant les références aux particularités des gammes. Or les fabricants chinois puisent aussi régulièrement que les Sud-Américains dans le répertoire hollywoodien, et si l’on en croit le recensement établi par Phillip Wlodarczyk pour Hideous plastic, le lancement par Kenner de ses figurines et accessoires « Aliens » fut suivi d’une série de Xénomorphes asiatiques, à commencer par l’« Extra-terrestrial » vendu par Wing Sang sous les marques « Star Adventure » et « Star Cop » : une tête allongée, un exosquelette et une queue pointue, tout était fait pour faire croire le temps de l’achat. Mieux, la « Powerful beast » de chez Chap Mei, vendue dans la gamme « Stellar Force » et parfois qualifiée de « Cuckoo alien » pour être souvent confondue avec ses homologues officiels, fait le lien entre le « Snake alien » et le « Wild boar alien ». Encore mieux, l’entreprise américaine Galoob s’est elle aussi livrée au procédé ou presque, car elle a proposé une version robotisée du Xénomorphe dans sa gamme « UltraForce » sous le nom de « NM-E », mais en adaptant un comics édité par Malibu qui n’avait du reste aucun rapport avec Aliens: Hive, et ce n’était peut-être que justice qu’elle devienne à son tour une cible, quand ses mini-figurines « Aliens » inspirèrent son « Space zone play set » à Blue-Box. Il faut reconnaître que la contrefaçon est courante dans le domaine des jouets, et qu’elle permet peut-être de rendre plus accessible ce qui ne l’est pas du fait des prix ou des localisations, mais aussi que Kenner a pour ainsi dire ouvert la voie, en passant d’une manière très fidèle de concevoir ses jouets au temps d’Alien à une interprétation très libre après Alien3.

 

Dans le spectacle vivant : « they’re coming out the goddamn walls! »

Deux concept arts de la Supreme Leader pour « Captain EO » et l’affiche de l’attraction « Alien war » dans sa version sans licence (crédits photographiques : Julien’s Auctions et ScareTOUR)

 

La réverbération culturelle peut se concrétiser à travers un spectacle, résultant alors de la disparité d’une équipe créative ou de la volonté de plaire au grand public, quand le travail de synthèse après analyse n’aboutit pas à du neuf, ou que la suggestion évite de consacrer une trop grande part du budget à l’achat d’une licence. Ce n’est pas chez la compagnie Disney qu’un tel phénomène est attendu, et pourtant, en cherchant à concilier sa manière de concevoir le divertissement avec les caractéristiques des films populaires des années soixante-dix et quatre-vingts, elle tenta une première combinaison à travers l’attraction « Captain EO », ou du moins son Trench World et sa Supreme Leader, qui ramènent esthétiquement aux travaux de Giger alors que le reste peut rappeler Star Wars ou annoncer les Borg. Une tentative moins connue et plus significative est l’« ExtraTERRORestrial alien encounter », qui doit peut-être se comprendre comme un palimpseste, étant donné qu’elle s’appelait à l’origine « Nostromo » et qu’elle était alors un dark ride offrant officiellement l’occasion d’affronter des Xénomorphes. Mais il reste peu de choses de l’idée originelle dans le résultat final, si ce n’est celle d’une grande compagnie aux prises avec un « alien » et un teaser capitalisant sur les caractéristiques de son modèle ou un preshow animé par une présentatrice d’apparence biomécanique, sachant que le principe de l’interactivité se retrouvera tout de même dans « Buzz Lightyear’s space ranger spin », et que la licence sera exploitée dans « The great movie ride » avec une séquence en compagnie de Ripley. Hormis les attractions officielles comme « AVPX » à Dreamworld ou le land envisagé pour le 20th Century Fox World de Malaisie, l’exploitation vivante de la licence prendra aussi la forme d’une attraction autonome avec les versions récentes ou dérivées d’« Alien war », qui était un spectacle interactif où les spectateurs devaient fuir une base sous la menace d’un Xénomorphe.

Fin de la deuxième partie.

Libre Antenne

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